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 Une partie cartes sur table... [FLASHBACK SOLO]

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MessageSujet: Une partie cartes sur table... [FLASHBACK SOLO]   Sam 13 Jan - 19:24

Sujet : Compte Rendu de l'enquête sur Eric Whitehouse
De : Mercer Wilson
A : Andrew Sarkov
Date : 14/06/1998

Objet :
Nom : Whitehouse
Prénom : Eric
Age : 47 ans
Race : Hunter
Description Physique : Cheveux blancs et courts. Yeux bleus. Peau mâte. 1m85. 78 kg. Cicatrice de dix centimètres sur son arcade sourcilière gauche. Souvent en costume.
Armes : Au grand minimum, un Colt M1911 toujours sur lui.
Historique : -Né en 1951 à Lakewood, au Colorado
-Première mission en tant qu'hunter le 20 Décembre 1965
-Exploit n°1 : A tué cinq vampires de rang C en même temps, à 17 ans (1968)
-Exploit n°2 : A vaincu dans sa carrière trois vampires de rang B, à 19, 21 et 27 ans (1970, 1972, 1978)
-Exploit n°3 : A gravement blessé un vampire de rang A, à 35 ans, en combat singulier (1986)
-Champion de poker du Colorado en 1982 et 1984.
-Prend sa retraite en 1989, suite à la mort de sa sœur lors d'une mission en binôme avec lui.
-Suivi de ces 9 dernières années : La cible boit et joue dans les bars et les stations service des Etats-Unis de manière erratique, payant ses chambres de motel et ses boissons avec ses victoires au poker.
Rapport : Favorable au titre de "Pièce Blanche".

Dernière photographie en date :
 
________________________________________


J'ai soif, putain.

Nevada, dans le bar de la station service Lone Mountain... Enfin, je crois. A vrai dire, je perds un peu le fil de de ce voyage sans destination, ces derniers temps. La faute à l'alcool ? A ma propre lassitude ? J'en sais trop rien. Le simple fait que je me laisse aller ainsi à mes pensées prouve la profondeur de mon ennui. Je donnerais tout pour une bonne bière, là maintenant, histoire de ne plus avoir à penser. M'enfin, je vais devoir prendre mon mal en patience, je suis en pleine partie après tout, et l'alcool et les cartes, ça ne fait pas bon ménage. J'ai peut-être déjà bu une petite binouze avant de me lancer, mais bon, cela ne suffit clairement pas. Après, la partie ne devrait vraiment pas s'éterniser. Mes deux adversaires sont des locaux du coin, de gros amateurs de poker m'ayant reconnu et voulant miser leurs pauvres économies contre moi, y voyant une occasion de gagner en notoriété et en money en me battant. Leur argent est sale, parfois vieillot, ça doit faire un moment qu'ils gardent ça de côté. Sûrement de l'argent qu'ils économisaient pour payer une école à l'enfant qu'ils n'ont jamais eu, ou une connerie du genre. Un échec cuisant, vu leur état cradingue et leur dégaine nonchalante, comme-ci déjà trois verres étaient passés par là. M'enfin, d'où vient cet argent ainsi que l'intelligence de leurs actes, c'est leur problème. Moi, personnellement, tout ce qui m'importe, c'est que l'argent soit valide à la caisse lorsque je les aurais ruinés. Je n'ai rien contre eux, hein, mais bon, c'est eux qui ont voulu me défier, pas l'inverse. Et il faut bien que je choppe de quoi me payer les prochains motels et l'essence de ma moto Victory. Surtout qu'on est au beau milieu de nul part actuellement, et que je suis un peu à court de liquide sans aucun moyen d'en retirer aux alentours.

J'ai vraiment soif, putain.

Mon voisin de droite, le plus vieux des deux joueurs, avec son chapeau de fermier ridicule en accord avec son morceau de paille dépassant de sa bouche sèche, me sort alors une mise doublée. Il se fout de ma gueule, là ? Mec, si tu me fais une relance pareille, ne tire pas une telle tête. Au mieux, il a un cinq et un dix. Une double paire donc. Balancer ça sur une river dévoilée, alors que je suis confortablement ses mises depuis la main de départ, il faut vraiment ne pas avoir grand chose là-dedans. Ce gars est aussi doué pour bluffer que pour réussir dans la vie, apparemment. Pas que je sois bien placé pour juger, mais moi au moins, j'ai le mérite d'assumer la merde que je suis. Je joue, je bois, je mange, je dors, et ainsi de suite, sans aucun rêve, sans ambitions. Je ne me persuade pas vainement d'une possible réussite dans un domaine où je ne suis pas capable de bluffer sur une situation aussi simple. L'autre joueur ne vaut pas mieux, pour l'instant. Trop prudent. Il n'ose rien faire et va juste voir sa mise baisser petit à petit jusqu'à être contraint de jouer sur une main pas terrible, avec de fortes chances de tout perdre sur un cheval pour qui il ne voudra même pas miser. Quand je vois ça, je me dis qu'un petit tour à Las Vegas serait vraiment sympa. J'en suis pas si loin que ça, et si on sait où aller, on peut tomber sur des joueurs très compétents et honnêtes, proposant un vrai défi. Le problème étant toujours les prix exorbitants et la foule étouffante... J'ai beau me plaindre de mes adversaires, on était dans un cadre très calme et relaxant, avec comme seule compagnie, le barman, un routier en train de boire son troisième café avant de repartir, et un vieil homme lisant son journal à l'extérieur sur une chaise à bascule en bois. Une belle après-midi d'été en plus, je vois vraiment pas pourquoi je râle. Ah, si.

J'avais. Putain. De soif.

"Eh bin bordel, sacrée bagnole qui passe là !"

Le routier, son café à la main, m'a interrompu dans mes pensées, avec sa voix à l'accent très marquée, pour montrer du doigt la voiture en train de se garer sur le parking en terre une centaine de mètres en face de la station service. Une magnifique Ferrari Berlinetta F335, si je ne m'abuse. Le gars qui la conduit ne se fait pas chier. Du coup, la question est : Que fout-il ici ? Le pire, c'est que ce fut la portière côté passager qui s'ouvrit, révélant un homme très bien fringué, même comparé à moi. Ce mec a un chauffeur, sérieusement ? Et il vient dans ce bled paumé ? Plus louche, tu meurs. Mais le pire, c'est son aura. Je l'ai senti dès que l'homme prit la direction du bar. C'est un vampire. Très puissant. Sur le coup, je ne l'ai pas senti de suite, ayant perdu l'habitude de renifler ce genre d'odeurs, mais plus il s'approchait, plus je le sentais. Un putain de vampire, au moins de rang B, voir même un sang pur. Par réflexe, j'ai sorti discrètement mon colt, le glissant entre mes jambes à l'abri des regards, prêt à tirer. J'ai bien fait de garder cette arme finalement. Cet homme, à l'allure atypique et au regard malicieux, pose alors sa main sur la poignée de la porte d'entrée. Soit c'est une coïncidence, soit il me veut. On sera très vite fixés sur la question.

_________________________________________


Andrew ouvrit la porte avec vigueur et entrain, un grand sourire au visage, regardant le bar l'air captivé. Cette délicieuse odeur de viande encore sur le grill, au fumet si rustre mais naturel, emplit les orifices nasales du vampire d'une sensation enivrante. Ce climat aride, faisant suer n'importe quel homme normalement constitué, ce calme paradisiaque, donnant l'impression d'être loin de tout, ces regards méfiants, mettant en valeur le désir de protection farouche de ces lieux par ses habitants... Tout cela était absolument fabuleux, contrastant totalement avec ce dont Andrew avait l'habitude. On était si loin de la touche noble britannique, du froid glaçant de la Russie, de l'ambiance presque mythique du Népal. Le sang pur adorait du fin fond de son être. Il le sentait, cet endroit était celui où il trouverait sa dernière pièce, la seule pièce manquante, luisant de sa lumière blanchâtre. Que serait un Roi sans son cavalier blanc, après tout ? Et il était là, au fond du bar, sur une table de poker en compagnie de deux humains locaux. Ces hommes étaient si vieux, si raidis, si sales... Totalement à l'image de ces lieux rustiques ! Absolument fantastique ! Le cadre était vraiment parfait ! Sa cible le fixait longuement, n'ayant pas mis longtemps à comprendre à qui il avait à faire. Peu importait, Andrew n'avait de toute façon pas l'intention de dissimuler son existence, cela faisait partie du jeu. Et pourtant, cet homme dont le sang pur ne savait rien de plus que ce que le compte rendu de Mercer décrivait, l'intriguait au plus haut point. Andrew voulait le jauger, le découvrir, apprendre à le connaître de la manière la plus brute et la plus sincère qui soit. Du coup, même si ce ne fut qu'un temps, Andrew devait faire comme-ci de rien n'était, comme-ci cet homme qui faisait frémir tout son corps au moindre regard ne représentait rien à ses yeux. Ainsi, ses premiers mots allèrent au barman, alors qu'il se postait avec un mélange d'élégance et de nonchalance sur le comptoir.

"Bonjour, mon brave ! Magnifique bar ! Ce petit coin est vraiment génial, j'adore !"

"Ouais, ouais, merci. Vous voulez quoi ?"

"Oh, rien, je ne fais que prendre une pause pendant mon odyssée à travers la région... Par contre, il fait vachement chaud, je pense qu'une boisson me ferait le plus grand bien ! Quelque chose de fort, de requinquant !"

"Hmm ? Du genre ? Whisky ? Eau-de-vie ?"


"Du sirop de pamplemousse ! Vous en avez, n'est-ce pas ? Rien à faire, à chaque fois que j'en bois, cela détruit mon pauvre palais ! Mais bon, il faut vivre du risque !"


Pour toute réponse, le barman lui lança un regard extrêmement désabusé, prenant une bouteille au fin fond de l'armoire, le sirop ayant clairement pris la poussière avec le temps. Une fois servi rudement par le gérant du bar, Andrew le remercia d'un regard sympathique, le payant tranquillement avant de siroter sa boisson. Il eut alors un petit rictus à la première gorgée. Rien à faire, le sirop de pamplemousse, ça avait vraiment du mal à passer. Mais c'était ce qui faisait la magie de la boisson après tout ! Regardant autour de lui l'air détendu, le sang pur remarqua qu'Eric Whitehouse, du fond de sa chaise, continuait à le fixer, son regard noir étant très appuyé. Andrew afficha un grand sourire et lui fit un coucou de la main extrêmement gênant, tirant au hunter un haussement de sourcils circonspect, malgré toute sa méfiance. Les autres personnes présentes dans le bar avaient relâché leur attention, semblant au final plus intéressées par son véhicule que par sa propre personne. Ce n'était pas plus mal, les conditions devenaient parfaites pour engager la rencontre. Tout en continuant à regarder Andrew, le hunter infligeait doucement mais sûrement une raclée redoutable à ses adversaires. Malgré son air rude, il y avait tant de finesse, de subtilité, d'expérience dans sa façon de jouer... C'était au point que les autres joueurs ne se rendaient même pas compte de ce qui leur arrivait. Oh oui, Andrew adorait ça. Il voulait goûter à l'euphorie d'une partie avec cet homme, ressentir tout son talent, sa soif de victoire, en sentant son regard lourd et observateur sur lui. Le vampire ne pouvait juste plus tenir dans de telles conditions, c'était impossible. Terminant son jus de pamplemousse, ce qui le fit inévitablement toussoter comme-ci il venait de s'enfiler un alcool fort pur, l'homme se dirigea calmement et inoffensivement vers la table de poker, toujours ce grand sourire au visage.

"Eh, je vous reconnais ! Vous êtes Eric Whitehouse ! Le fameux joueur de poker ! Ça alors, si je pensais croiser quelqu'un comme vous dans un tel lieu, je parcourrais tous les bars du Nevada pour le restant de ma vie ! Je me présente, Andrew Sarkov, je suis un grand fan de poker, malgré mon niveau quelconque, et j'ai de l'argent à miser, ce serait vraiment un grand honneur si je pouvais me joindre à vous !"

"Haha, toi aussi, tu connais Eric, le bourge ? Excuse-le, il est aussi commode qu'il a l'air dans les tournois ! Vas-y, joins-toi à nous, mais pas de triche hein !"

"Oh, ne vous inquiétez pas pour ça ! Un vrai saint !"


Andrew s'installa tout gaiement à côté de l'un des deux humains, celui qui avait accepté que le "bourge" se joigne à eux. Sûrement dans l'espoir de ruiner un riche débutant. Étrangement, Eric ne montra qu'un léger signe visuel de réticence, mais ne protesta pas, se contenant de rester sur la défensive. Mercer avait raison, cet homme faisait preuve d'un sang-froid à toute épreuve. Il prenait le temps de juger l'intrus avec calme et patience, son arme pointée sur Andrew par prévention, et son regard continuant à chercher les intentions du vampire dans ses yeux jaunes perçants. Aussi incroyable qu'on lui avait annoncé. Très naturellement et sincèrement, le sang pur se contenta de lui faire un grand sourire, posant une liasse de billets équivalent au pot de la partie sur la table. Il n'allait pas rater une miette de cette partie, oh ça non.

______________________________________


Qu'est-ce qu'il me veut, à la fin ?

Cet homme arrive, fait l'imbécile, prétend être un admirateur, puis se joint à ma partie. Si c'est comme ça qu'il bluffe, il ne va pas aller loin dans la partie, le bougre. Mais bon, on va pas se mentir, ce gars n'est pas là pour jouer aux cartes. Il sait que je suis un hunter. Au moins autant que je sais que c'est un vampire de rang A. J'en suis certain maintenant qu'il est aussi près de moi. Et d'ailleurs, il sait très bien également que je sais pour lui. Alors pourquoi joue-t-il les innocents ainsi ? Pour pas éveiller les doutes des deux autres joueurs ? C'est bien la seule raison pour laquelle je ne tire pas, cet enfoiré, quelque soit ses intentions, ne les a pas encore dévoilé, et semble jouer la carte du pacifiste à défaut d'être discret. De toute façon, j'ai un flingue pointé sur ses parties intimes, même en tant que sang pur, il ne s'en relèvera pas. Je n'ai rien à gagner à engager le combat, je suis à la retraite après tout, ça fait longtemps que je ne rends plus de compte à la guilde, et attaquer à tort un vampire ne pourrait que me mettre dans de sacrées noises. Les chances sont minces, mais il reste possible que tout cela ne soit qu'une simple coïncidence, ou que ce vampire ne me veuille rien de mal. Son nom, Andrew Sarkov, ne me dit rien, cela signifie que si c'est un danger public, il sait faire en sorte que ses victimes ne parlent pas. Je vais donc laisser le temps de cette partie de poker en décider, tout en surveillant à chaque instant les agissements de cet homme. Alors que l'homme à gauche reprend la partie en distribuant les cartes, je ne peux retenir un raclement de gorge léger mais désagréable, me rappelant cette lourde réalité.

J'ai toujours aussi soif.

Je vois tout le monde très vite se concentrer sur le jeu. Pour ne pas paraître trop suspect, je me mets à faire la même chose, bien évidemment, mais malgré tout, je garde toujours au moins œil fixé sur le vampire. Son visage a toujours cet air un peu idiot et nonchalant de scotché dessus, quelque soit sa main ou ses actions dans la partie. A vrai dire, je ne l'avais pas remarqué de suite. Il a fallu au moins quatre ou cinq parties pour que je m'en rendes compte, tellement je suis concentré sur lui et non pas sur son jeu. Il est fort. Très fort. Son regard jaune, pourtant si vivant, ne laisse passer aucun micro-message, c'est absolument impossible de faire la différence entre une bonne et une mauvaise main. Même sa façon de jouer n'est pas quelconque : Il jauge très bien les situations, me tient tête au bon moment, m'empêchant de mettre autant de pression que je ne le faisais auparavant à trois, et remporte petit à petit un petit butin. Oui, il est vraiment très fort. Il ne mentait donc pas en se disant fan de poker.  Les deux autres péquenauds, eux, ne s'en sont pas rendus compte à temps, et au bout d'une dizaine de manches, ont perdus tout ce qu'ils avaient misés. Dépités et un peu irrités de s'être fait raflés ainsi, le premier a quitté la table sans dire mot, et le deuxième, celui qui a invité Andrew, l'a suivi deux manches après. Et là encore, ma méfiance m'a aveuglé et m'a empêché de voir le vrai but de cet homme depuis le début. Nous ne sommes désormais plus que deux, sans oreille indiscrète pouvant nous perturber. Aucun doute, c'était son plan depuis le début. Et pourtant, la partie continue. Cet mystérieux bonhomme reste totalement concentré dans sa partie, continuant à ignorer mon regard pesant.

Mais que veut-il, bon sang ?

Sans doute finir la partie. C'est logique en y pensant. Même si l'idée qu'il a derrière la tête n'a aucun rapport avec le poker, il est doué et clairement passionné, ce richard. Il veut sûrement finir cette partie avant de passer aux choses sérieuses, ce que je peux comprendre au final. Moi aussi, au fond, je veux savoir. Peut-il me battre ? A quel point est-il fort ? Je me surprends à vouloir l'affronter, à le défier. Je reste prudent, hein, toujours l'arme braqué sur lui, mais de toute évidence, ce vampire n'est pas décidé à cracher le morceau, et me propose une superbe partie de poker comme j'en ai pas fait depuis belle lurette. Je ne vais pas m'en priver. Le prenant vraiment au sérieux, je récupère avec minutie les cartes qu'il me distribue, toujours avec ce regard virulent. Je ne laisserais pas passer la moindre émotion, moi non plus. Je vais te montrer de quoi je suis capable. Tu relances là-dessus ? C'est du bluff, hein ? Etant donné ton jeu sur tes trois dernières sorties, soit tu es chanceux, soit tu espères profiter de cet effet d'enchaînements pour me faire peur. Après, c'est peut-être un piège, vu comment t'es né avec une sale coupe de cheveux, tu dois compenser avec un sacré bol aux cartes. Mais c'est pas grave, j'ai encore de la marge sur mon pot, je peux me permettre de suivre une telle mise. De toute façon, vu comment tu joues prudemment depuis le début, tu me jauges tout comme moi je te jauge. Donc tu attends de savoir ce qu'il faut sur moi avant de tenter des vrais coups. Je vais faire pareil et t'attaquer violemment dès que je verrais une faille... Mais d'abord, je te suis et je dévoile cet As de Coeur en river...

"Tapis."

"... Pardon ?"

C'est le premier mot que je prononce en présence de cet individu. J'ai pas vraiment envie qu'il connaisse ma voix, c'est pour ça que je ne dis rien depuis le début, mais là, ça m'a juste échappé. Tapis ? Là, maintenant ? C'est du grand n'importe quoi ? Où est le joueur prudent, réfléchi et parfois passif des mains précédentes ? Le pire, c'est son visage. Pour la première fois, son sourire a changé, devenant malicieux et très joueur. C'est le fait de m'avoir fait décroché un mot d'étonnement qui le rend heureux ? J'en sais trop rien, depuis le début, il ne montre pas la moindre émotion différente de son air débile, je ne suis pas prêt pour ça. Je manque d'informations sur lui. Sa mise est complètement risquée en plus, j'ai actuellement Full avec trois As et deux Valets. Il peut faire mieux que ça, certes, mais si il n'a pas au moins deux As, et ce n'est pas le cas, ça parait complètement exagéré. Mon premier réflexe serait de me coucher face à une action pareille, mais d'un autre côté, ça me met vraiment au fond dans la partie... Mais il le sait, n'est-ce pas ? Est-ce qu'il ne me teste pas, là, maintenant ? Il m'a montré comment il joue. Il m'a montré comment il gagne. Il sait que je sais qu'il est bon et qu'il ne me prend pas à la légère. Et c'est pour ça qu'il a fait un mouvement aussi risqué : Il veut savoir ce que je vaux, ce dont je suis capable dans une telle situation impromptue. C'est certain maintenant, ce mec n'est pas là pour rien. Dans ce cas-là, très bien, tu as gagné. Je prends le risque, je suis certain que tu bluffes, tu ne m'auras pas comme ça. Je dépose tout mon tas au centre, avec le sien, le dévisageant longuement sans un mot.

Vas-y, dévoile ton jeu.

"Sigh, vous m'avez bien eu... Brelan de valets. Et vous ? Ooohh, un full ! Mince alors, je pensais vraiment vous avoir sur ce coup... Je me relâche ! Bon bah félicitations, vous êtes aussi fort qu'on le dit, prenez donc votre argent, je ne vais pas déranger plus longtemps..."

"Oh non, tu ne bouges pas. Fini ton petit jeu. Tu sais ce que je suis, et je sais ce que tu es. J'ai une arme pointée sur tes couilles depuis le début, mais ça tu le sais déjà, hein ? Tu vas me dire ce que tu veux vraiment, et ce coup-ci, pas de bluff."


Ce gars a essayé de m'avoir une première fois avec son coup de bluff, je le reconnais, osé et déroutant. Mais tout comme je l'ai percé à jour une première fois, il ne s'en sortira pas à si bon compte. Pas sans m'avoir dit ce qu'il veut vraiment de moi.

__________________________________________


Andrew ne bougea pas d'un pouce alors qu'il était sur le point de se lever, reposant doucement et sans le moindre geste d'animosité son arrière-train sur sa chaise. Son adversaire ne le laissait pas s'en tirer à si bon compte, n'est-ce pas ? Il était vraiment parfait, parfaitement parfait même ! Calme, inflexible, même dans ses menaces assez rustres, on sentait cette intelligence et ce sang-froid qui lui avait fait prendre la bonne décision face au tapis déstabilisant du sang pur. Oh oui, il l'adorait déjà... Mais rien ne servait de se précipiter, surtout que son interlocuteur était loin de l'apprécier, et on ne parlera même pas de lui accorder sa confiance. Surtout qu'il avait décidé à jouer franc jeu. Au final, cela ne dérangeait pas le vampire. Il était temps de jouer cartes sur table, et pas au sens littéral ce coup-ci. Le moindre mot de travers, la moindre erreur, ou même un simple mouvement trop brusque, mettrait Andrew dans une position très inconfortable, après tout. Mais il adorait cela. Son sang bouillonnait, ses pieds trépignaient, son âme toute entière brûlait d'impatience face à ce regard bleu si profond, si fort, qui le dévisageait à chaque instant. D'une voix extrêmement élégante et détendue, mais beaucoup plus sérieuse qu'avant, le vampire soupira et pencha sa tête sur le côté, la posant nonchalamment sur son poing droit fermé. Puis il ferma lentement les yeux, comme-ci il était pensif. Chaque détail comptait. La pulsation de son cœur, la régularité de sa respiration, les rictus sur ses lèvres, le nombre de clignements qu'il exécutait à la seconde, la température ou surtout l'aura émanant de son corps. Oui, dans ce jeu de théâtre intense et dangereux, chaque détail comptait.

"Eh bien, eh bien... Il faut croire que tu m'as vraiment eu sur tous les points. Et je m'excuse de ce comportement presque humiliant pour toi. Après, comprend bien que je n'avais pas de mauvaises intentions en faisant semblant ainsi. Je ne voulais juste pas qu'on se fasse remarquer. Tu auras sans doute du mal à me croire, mais notre rencontre est le pur fruit d'un hasard, que j'apprécie beaucoup cependant. Et je n'ai pas menti : Je te connais et apprécie énormément tes talents de poker. Mais certes, je sais aussi le reste. Y compris pourquoi tu as pris ta retraite..."

"Tergiverse pas. Que fous-tu ici alors ?"

"Je l'ai dit, je suis en odyssée. Un voyage éternel. A vrai dire, je me fiche bien de ce que tu es, de qui tu as tué... Je ne fais que me balader à travers le monde, profitant de la vie et de ma passion pour le jeu, cherchant à chasser l'ennui. Un peu comme toi, n'est-ce pas ? Je ne ferais pas l'affront de dire que l'on se ressemble, mais au fond, nous avons le même objectif : Aucun en particulier. Aussi, j'ai beaucoup apprécié cette partie avec toi, mais si nos... origines respectives te dérangent vraiment, je partirais d'ici immédiatement, je ne veux pas de problèmes, surtout avec un joueur que j'admire..."

"... Dis-moi au moins quels sont tes pouvoirs. Pour savoir comment tu pourrais me prendre à revers. Et pas d'entourloupes, hein ?"


"Oh ça, je crée des jeux, tout simplement ! Ne me regarde pas comme ça, je vais te montrer !"


Face à l'air désabusé et extrêmement méfiant, presque dangereux, de son interlocuteur, Andrew Sarkov s'empressa d'expliciter de manière pratique son propos, rangeant le jeu de poker pour dégager de la place sur la table, faisant toujours bien intention à ne pas faire de gestes suspects qui pourrait donner un mauvais réflexe à Eric. Mais ce dernier, malgré son regard toujours aussi sérieux et examinateur, semblait quand même se relâcher un peu, ses épaules étant bien moins raides depuis les explications du vampire. Ce qui voulait dire qu'il avait considéré ses mots comme sincères. Le vampire se serait bien jeter des fleurs et auto-ovationner pendant des heures de ses performances théâtrales, mais la situation ne le permettait pas, et rien n'était encore gagné. Aussi s'appliqua-t-il avec minutie lorsqu'il fit tournoyer doucement son doigt au centre de la table, à environ cinq centimètres du tapis vert recouvrant le meuble en bois. Peu à peu apparurent alors, sous les yeux impressionnés du hunter, des pièces d'échec sur un plateau magnifique, fait d'un bois rare et bien lisse. Chaque pièce de l'échiquier représentait un symbole important des Etats-Unis, avec par exemple la Statue de la Liberté pour la reine, imprégnée d'une couleur noire profonde pour Andrew et blanche luisante pour Eric. Le vampire regarda ce dernier avec un sourire léger, hautement satisfait de la réaction du hunter. N'en restant cependant pas à cette simple victoire, le sang pur profita que son interlocuteur prenait une des pièces pour voir si elle était bien réelle et la tâtant avec intérêt pour la qualité de la sculpture, pour caresser du doigt la tête de sa propre Statue de la Liberté, et expliquer avec calme et pédagogie son étrange pouvoir. L'intérêt que représentait Andrew pour lui montait petit à petit, le sang pur le sentait.

"Je peux créer n'importe quel jeu par simple volonté. Autant sur le plan matériel, comme tu viens de voir, que théorique. Sur le premier plan, je n'ai pas vraiment de limite dans ma création, juste que la taille, si elle devient vraiment grande, me pompera plus d'énergie. Sur le plan théorique, par contre, je peux créer les règles que je veux pour le jeu, et elles seront inébranlables. Une fois mises au point et déclarées, personne ne pourra aller à l'encontre de celles-ci, pas même moi, et ce jusqu'à la fin de la partie. La seule condition est que la règle soit juste pour tous les joueurs. Par exemple, je peux décider que ce soit finalement le joueur aux pièces noires qui commence, le reste suivant les règles conventionnelles d'échecs. Faisons un essai sans mise. Essaie donc de commencer."

Comme par magie, les pièces se mirent en place pour correspondre à l'inversement d'ordre, et Eric regarda le jeu d'un air intrigué. Suivant le conseil d'Andrew, il essaya de déplacer un pion blanc, mais c'était juste impossible. L'hunter avait beau y mettre toute sa force, la pièce ne voulait juste pas bouger, et c'était la même chose pour toutes les autres. Assez agacé, il essaya alors de déplacer une pièce noire appartenant au vampire, ce dont ce dernier voulut l'empêcher, trop tard malheureusement. Une légère décharge, comme un courant électrique, frappa alors le doigt du hunter, lui tirant un rictus de douleur. Retirant vivement son doigt, Eric se le frotta avec les autres phalanges de sa main, regardant l'échiquier d'un air troublé. Oh oui, Andrew adorait cette expression, emplie de surprise et d'admiration. Il ne s'en lassait jamais. Toujours avec son sourire imperturbable, le sang pur répondit au questionnement de son interlocuteur par un simple geste lent et mesuré, poussant l'un de ses pions du bout de son index ganté avec une facilité déconcertante. Puis il fit signe à Eric qu'il pouvait y aller, l'hunter déplaçant alors son pion blanc avec autant de facilité. Mais là encore, il était impossible pour lui, comme-ci une force supérieure l'en empêchait, de déplacer sa pièce d'échec ailleurs que sur les cases que les règles du jeu permettait. Affichant un dernier air impressionné, Eric se contenta de poser le pion là où cela lui était permis. Voyant que les interrogations de l'hunter étaient à peu près satisfaits, Andrew fit disparaître l'échiquier d'un claquement de doigts, avant de terminer ses explications sur le sujet.

"Techniquement, là, en faisant cela, je viens d'abandonner. Cela équivaut à une défaite, et cela vaut pour tous les joueurs y participant. Mais vu qu'il n'y a pas de mises, cela n'a que peu d'importance ! Cependant, je peux aussi imposer aussi une mise précise, du moment qu'elles sont encore une fois justes pour tous les joueurs. Tu l'auras remarqué, rien ne peut contredire les règles, et si tu essaies de tricher, ça se retourne contre toi ! Si tu abuses trop sur la tricherie, cela peut même provoquer un abandon. Voilà, c'est tout !

"Woah... Atypiques comme pouvoirs... Et en même temps, c'est assez stylé."

"Ils sont à l'image de mon idéologie : Tout ce que je veux, c'est m'amuser et profiter de belles parties. Je voyage à travers le monde en proposant des jeux originaux et passionnants à ceux qui le veulent, voilà tout. Et je ne suis pas seul."


Eric lui lança alors un regard intrigué, alors que le sourire malicieux d'Andrew grandissait petit à petit.

"J'ai des compagnons de route, qui comme moi, ne veulent que se surpasser dans l'art du jeu. Je crois au Destin, Eric Whitehouse, notre rencontre était écrite. Joins-toi à moi, épanouis-toi dans un déluge de parties toutes différentes, et oublie tes soucis sans avoir besoin d'une goutte d'alcool... Qu'en penses-tu ?"

Le sang pur fixa longuement son interlocuteur, du regard le plus sincère et convaincant qu'il était capable, tout ce qu'il attendait désormais était la réponse du hunter, qui serait décisive pour la suite des évènements.


[... A suivre ...]

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