Bienvenue à l‘Académie Cross, incarne un vampire ou un humain et viens vite nous rejoindre. Seras-tu la prochaine légende ?
 
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 Le froid n'empêche pas une rencontre.

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MessageSujet: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Sam 31 Mar - 0:21

Malgré le froid qui régnait au dehors, elle était sortie de l'Académie. Elle avait pour habitude de rester à l'intérieur, pourtant. Elle avait peut-être simplement envie de s'aérer l'esprit, en intégrant tout ce qu'elle avait appris sur cette fameuse école ces derniers temps. J'avais bien tout compris, si ce n'est la présence d'un chasseur parmi nous. Ils étaient là pour nous tuer, si on dégénérait au level E. En soi, je n'y tomberais pas, mais imaginons qu'un autre y arrive, tout peut devenir dangereux pour tout le monde. Autant les humains que les vampires, bien entendu. En plus, j'avais pas encore croisé ce Kaname, et pourtant, il me tardait de rencontrer le maître de ces lieux. Certes, je ne m'agenouillerais pas devant lui, mais je lui devait respect et obéissance, en tant que "chef" de la Night Class. Bah, j'attendais, je finirais bien par croiser cet étrange vampire. Il ne pourrait pas se cacher éternellement, d'autant plus que les autres semblaient savoir où le trouver. Mais pas moi. Donc je patientais, gentiment, comme une enfant sage et docile. L'enfant que j'avais été, avant de me rebeller contre mon géniteur. Eh bien voilà, j'étais finalement arrivée ici, et tout recommençait. Mais quelque chose me disait qu'ici, au moins, j'aurais un tant soit peu de reconnaissance. Du respect. Et ça, je vous jure, ça change la vie. On se sent enfin important, alors qu'on ne l'avait jamais été.

J'étais donc en dérivation dans la ville, cherchant un endroit où aller me promener. C'est en entendant le doux bruit des vagues que je décidais d'aller faire un tour sur la plage. Le soleil était présent, alors une fois arrivée à destination, je décidais de me découvrir un peu. Heureusement, j'avais déjà eu plusieurs idées, et la plage en faisait partie. J'avais donc, par précaution, pris mon maillot de bain, et enfilé avant de partir. Une fois que mes pieds eurent touché le doux sable un peu réchauffé par les rayons de l'astre solaire, je trouvais un coin un peu isolé, pour me mettre presque à nue. Finalement, abandonnant mes affaires, j'allais tremper mes pieds dans l'eau. Glacée, au passage. Je n'y restais que quelques minutes, rejoignant bien vite mes vêtements, que je disposaient de sorte que je puisse m'asseoir dessus. Mes yeux observaient avec attention autour de moi, et j'écoutais tous les bruits. Soudain, une odeur m'attira. Un autre vampire, ici ? Je le cherchais des yeux, pendant quelques minutes, avant de poser mon regard rougeâtre sur un jeune homme. Il avait pourtant une odeur aussi humaine. Je commençais à me demander ce qu'il était. Je m'approchais de lui, curieuse. Mon odorat ne se trompait pas, il était un genre de mélange. Je restais à une bonne distance, dans mon simple maillot de bain. Je le fixais, détaillant le jeune homme.

J'étais comme fascinée. Je n'avais jamais vu un être pareil. Il était bien le premier hybride que je rencontrais. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne faisais même pas attention à ce qu'on me remarque ou non.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Sam 31 Mar - 2:02

Depuis qu’il était arrivé au sein de l’Académie Cross, Killian avait aperçu de loin plusieurs vampires, sentit plusieurs fois l’odeur du sang, odeur éveillant chez lui une soif qu’il ne s’expliquait pas, provoquait des crises qu’il soignait à renfort de comprimés. Il ne lui aurait guère fallu que quelques jours pour épuiser la moitié de ses réserves de ses médicaments, qui, n’étaient rien d'autre que des blood tablets ; et à ce rythme, d’ici une à deux semaines, il n’en aurait plus. Pour autant, en ce milieu de journée, il se préoccupait moins de ces cachets que de cette sensation de soif perpétuelle qui l’assaillait, en classe, à la cafétéria, dans la bibliothèque, partout où il n’était pas seul. Et puis, plus ses crises se rapprochaient, plus il faisait le même rêve, celui du jour où il avait tué une jeune femme qui se prétendait être la fille de Yuri Crow, sa demi-sœur donc. Et si au début il avait considéré que ce n’était rien d’autres qu’un rêve, désormais il en doutait ; il était bien trop réel, tangible même s’il était impossible qu’il soit un de ses monstres, un vampire.

Ayant besoin de calme pour réfléchir, Killian avait profité d’un jour où il n’avait cours, pour quitter l’enceinte de l’académie, vêtu d’une chemise en lin blanche, d’un pantalon gris, de chaussures de cuir et d’un long manteau de coton huilé noir. Il avait laissé dans sa chambre, bien à l’abri, son épée, tant parce qu’il ne pensait pas avoir besoin de son arme anti-vampire que parce qu’il n’avait guère envie d’être pris avec au cours d’une simple promenade ; seule la chevalière d’or pâle sertie d’un saphir polie gravé d’un dragon perché au sommet d’une tour, passée à son index droit, pouvait trahir le sang de l’une des familles qui coulait dans ces veines, celui des Celas.

Faute de but précis, l’hybride se laissait simplement guider par ses pas et c’est ainsi que, perdu dans ses pensées, il s’était retrouvé sur la plage où une odeur vint titiller ses narines. Il n’avait aucun doute sur l’origine de ce parfum excitant et apaisant à la fois : une vampire était là quelque part. Instinctivement, Killian observa les environs mais il ne voyait personne, du moins le pensa-t-il avant de remarquer cette jeune fille qui se tenait à distance raisonnable, portant uniquement un maillot de bain, contrastant avec sa peau blanche. Elle le fixait, le détaillait du regard avec un air fasciné et il se demandait ce qui pouvait bien ainsi capter son attention. Mais lui-même n’était pas tellement mieux : il se tenait immobile, la détaillant du regard, surpris de ne ressentir aucune haine mais de la curiosité. Qui était donc cette jeune femme ? C’était d’ailleurs étrange qu’il se pose la question, il n’avait jusqu’alors, et à sa connaissance, vu les vampires que comme des monstres à éliminer mais pour elle s’était différent. Il y avait quelque chose de différent, quelque chose qui ne tenait pas qu’à sa tenue légère et à son corps bien fait qui faisait naître des pensées plaisantes. Killian fit un premier pas, s’arrêtant l’espace d’une seconde en réalisant qu’il n’avait pas d’armes mais il ne se sentait pas menacé ; il n’éprouvait pas envers elle la même aversion que pour bon nombre des vampires qu’il avait pu rencontrer, des chasseurs qu’il avait pu croiser. Et, alors que, d’un côté, il était tiraillé par le désir de fuir, de disparaître et oublier ce qu’il avait vu, de l’autre, il était curieux, désiré des réponses, comprendre pourquoi, pour la première fois en quatre jours, la soif et les crises ne semblaient être qu’un lointain souvenir, et puis, même si elle était une vampire, il désirait savoir qui elle était ; après tout il l’avait aperçu à une fenêtre l’espace d’un instant le lendemain de son arrivée, alors qu’il parcourait l’académie de nuit, repérant les lieux.

« Bonjour. L’eau n’est-elle pas un peu fraiche ? » demanda-t-il aimablement pour débuter la conversation avant d’ajouter en lui adressant un sourire « Mon nom est Killian Norowa. Puis-je connaître le vôtre ? Que je sache sur quelle divine créature mes yeux se sont posées ? ». A peine avait-il dit cela que le sang mêlé réalisa qu’il ne se comportait pas comme d’habitude : il ne cherchait pas à garder ses distances, à être uniquement poli ; il s’était montré sincère et désirait vraiment savoir ce dont il aurait dû se moquer.
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Dim 1 Avr - 17:50

J'étais perdue dans une intense contemplation de cet étrange individu. C'est vrai que c'était pas commun de voir une personne à la fois humaine et vampire. Si ? Pour ma part, je n'en avait jamais croisée, c'était une grande première pour moi. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne remarquais pas tout de suite que j'avais été grillée. Puis je regardais alors le jeune homme, vêtu d'une façon plutôt simple : une chemise blanche, un bas gris, des chaussures en cuir et un manteau noir. Mon regard, perdu entre le rouge et le violet, ne faisais pas vraiment attention à sa façon de se mouvoir. Non, en réalité, je cherchais un peu une excuse valable pour laquelle j'étais plantée là, à le fixer comme si j'avais vu un monstre. Alors qu'au fond, n'était-ce pas moi, le monstre qui tuait des gens ? Non, je ne tuais plus, enfin moins qu'avant. Ce fut sa voix qui débloqua mes pensées :

Bonjour. L’eau n’est-elle pas un peu fraiche ? Mon nom est Killian Norowa. Puis-je connaître le vôtre ? Que je sache sur quelle divine créature mes yeux se sont posées ?

J'avoue avoir eu le culot de regarder derrière moi, mon index posé juste au dessus de ma poitrine, comme une interrogation silencieuse. Oui, je faisais la fille totalement innocente, comme si je n'avais rien à me reprocher, que j'étais arrivée là par... Une sorte de hasard qui avait fait que j'étais derrière lui. Je finis par esquisser un petit sourire, au comble de la gêne. Pourtant, mes joues ne se colorèrent pas d'un rose adorable, non. Elles restèrent aussi blanches que l'écume des vagues. On aurait presque pu croire que j'étais albinos, vu la pâleur de mon teint, de mes lèvres, et la couleur si profonde de mes yeux. Mais non, enfin, je ne savais pas vraiment. Finalement, passant mes doigts pour en attraper une mèche avec une certaine pointe de mignonnerie amusante :

En effet, j'ai quand même essayé, mais elle est trop froide ! Je m'appelle Himaya, Himaya Kyran. Enchanté de faire votre connaissance, Killian.

Je savais que mon nom n'était pas inconnu parmi les sangs purs, et j'essayais de revenir dans le passé. J'avais déjà vu son visage, mais je ne parvenais pas à remettre un lieu sur la situation. C'était probable que ce soit durant mon moment de patrouille, avant l'Académie, mais... Non, quelque chose en moi me disait que ce n'était pas ça. Alors je concentrais mes souvenirs sur mon arrivée, et tout ce qui s'était passé depuis. Je n'avais que très peu quitté l'enceinte de l'établissement, alors c'était forcément un élève. Et, vu que je côtoyais les personnes de la Night Class toutes les nuits, j'étais maintenant persuadée qu'il s'agissait d'un élève de la Day Class. Qu'est-ce-qu'un foutu vampire faisait parmi les humains ? Même en étant un genre d'hybride, il était pas un peu dangereux pour eux ? Je fronçais les sourcils, avant de laisser une question s'échapper d'entre mes lèvres pâles :

Tu es à l'Académie Cross, c'est ça ? Il me semble t'avoir vu à la Day Class.

Je me tournais vers mes affaires, avant d'aller me rhabiller assez rapidement. Ma robe retomba sur mon corps, masquant mes courbes sensuelles. Je passais mes cheveux par dessus ma robe, reprenant alors une sorte de noblesse. Tout ça avec une robe, qui faisait assez "bourge". D'une couleur similaire à celle de mes yeux, avec quelques rubans. Finalement, je regardais autour de moi, avant de proposer, un air malicieux dans le regard :

Peut-être puis-je t'inviter à boire quelque chose ? Un café, une bière, un verre d'eau ?

Un petit sourire s'afficha sur mon visage, jetant un regard vers une terrasse.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Dim 1 Avr - 19:09

Etait-ce vraiment lui qui agissait, parlait ainsi ? Il aurait dû la voir comme… Comme quoi ? Un monstre ? Mais qu’était-il lui-même ? Un humain ? Il l’affirmait, le clamait sans cesse mais il n’était même pas certains d’y croire. De toute façon les chasseurs étaient des monstres eux aussi ; ils étaient nés du sacrifice d’une sang pur, ils avaient du sang de ces démons nocturnes. Et même s’il était humain, son âme était souillée par des ténèbres insondables, condamnée à ne jamais connaître la lumière. Alors pourquoi avait-il le sentiment de voir la porte de sortie d’un monde brumeux, gris, froid, désolé ? Etait-ce cette-quasi normalité qui lui donnait cette impression ou autre chose ? Killian n’en avait aucune idée et ces questions lui donnaient un air perplexe.

L’élève de la classe de jour esquissa un sourire amusé alors que la jeune fille jetait un regard derrière elle, un doigt posé au-dessus de sa poitrine. Elle avait l’air si innocente, comme si elle voulait faire croire qu’elle n’avait rien à se reprocher, qu’elle était ici par hasard. Elle finit par esquisser un sourire, qu’il trouva ravissant et il se demanda si c’était de gêne ou parce que le compliment qui lui avait échappé lui avait fait plaisir. Certes ces joues ne se teintaient pas de roses mais, cette coquetterie qui l’avait poussé à attraper une mèche de ses cheveux qui étaient telles des rayons de lune formant un voile soyeux, confirmait son impression tout en renforçant son charme.

« En effet, j’ai quand même essayé, mais elle est trop froide ! Je m'appelle Himaya, Himaya Kyran. Enchanté de faire votre connaissance, Killian. ».

Ses premiers mots ne ressemblaient pas à ceux que le jeune homme aurait attendus d’une aristocrate. Ils détonnaient même avec son rang. Il lui paraissait même étrange qu’elle lui adresse la parole ainsi, après tout il était un de ces maudits chasseurs n’est-ce pas ? Mais au moins il savait son nom : Himaya Kyran. Il connaissait le nom de sa famille, elle était réputée pour être respectueuse des traditions, ce qui rendait son attitude encore plus surprenante.

Quelques secondes pendant lesquelles la fille de la Nuit semblait chercher dans sa mémoire s’égrenèrent avant qu’elle ne pose une simple question après avoir froncée un sourcil, trahissant certainement sa surprise de voir un être tel que lui au sein de la Day Class, parmi l’Académie.

« Tu es à l'Académie Cross, c'est ça ? Il me semble t'avoir vu à la Day Class. ».

« Je suis à l’Académie depuis peu, près d’une semaine maintenant. Peut-être m’avais tu vu la semaine passée, après le coucher du soleil. Je t’avais aperçu à une fenêtre lors d’une… Promenade nocturne. » dit-il d’un ton aimable, essayant de ne pas trop porter son attention ailleurs que sur le visage de la jeune fille, puis ajouta d’un ton léger « Je sais, c’est interdit pour les humains de se promener après le couvre-feu. ».


Il la regarda ensuite se retourner vers ses affaires, avant de détourner le regard pendant qu’elle se rhabiller rapidement, se surprenant à regretter, certes légèrement, que sa robe ne vienne cacher ses courbes, mais l’allure noble qu’elle dégageait une fois sa robe passée était agréable, différemment mais agréable tout de même et l’air malicieux qu’elle prenait pour lui proposer une envie soudaine était indescriptible.

« Peut-être puis-je t'inviter à boire quelque chose ? Un café, une bière, un verre d'eau ? »

Killian se figea l’espace d’un instant, prenant un air un peu ahuri, n’en revenant pas que quelqu’un, une aristocrate qui plus est, lui propose d’aller prendre un verre, à, lui, un nouveau, un chasseur, un vam… Un quoi ? Il avait eu une pensée étrange mais qu’était-ce déjà ? Bah, cela ne devait pas être important s’il l’avait oublié. Après trois ou quatre secondes, Killian prit une courte respiration et lui adressa un sourire, un véritable sourire pas ces petits sourires de circonstances qu’il pouvait faire, encore moins ce sourire effrayant qui déformait parfois son visage lorsqu’il combattait, avant de lui répondre d’un ton enjoué.

« Pourquoi pas ! Un café en belle compagnie ne se refuse pas. Je vous laisse me guider, je ne connais point encore assez les environs. Peut-être me laisserez-vous payer nos consommations ? » répondit-il, terminant sur cette question en considérant que c’était là la moindre des politesses pour avoir mis la jeune fille en une position délicate et parce que, après tout, c’était bien ce qu’imposait l’étiquette non ? Peut-être pas celle de ses dernières années mais celle que son mentor lui avait inculqué.

Le jeune Norowa attendit qu’elle se mette en marche et lui emboîta le pas, marchant au même rythme qu’elle en restant à une distance proche mais respectable ; si elle voulait se rapprocher plus, elle le ferait.

« Je ne m’attendais pas à trouver une Kyran au sein de l’Académie, surtout aussi atypique. C’est toutefois une surprise agréable. » dit-il en lui adressant un sourire tout en cherchant poser sa main sur le pommeau de son épée, par habitude, avant qu'il ne se souvienne qu'il l'avait laissé dans sa chambre, ce qui expliquait qu'il n'ait pas fermé son manteau, aussi laissa-t-il retomber son bras le long du corps, comme si de rien n'était.


Dernière édition par Killian Norowa le Dim 1 Avr - 22:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Dim 1 Avr - 19:52

La tête droite, les mains posées sur les hanches, j'attendais une réponse. Je n'avais pourtant pas l'air d'une supérieur, mais simplement d'une fille détendue. Du moins, j'essayais de l'être.

Je suis à l’Académie depuis peu, près d’une semaine maintenant. Peut-être m’avais tu vu la semaine passée, après le coucher du soleil. Je t’avais aperçu à une fenêtre lors d’une… Promenade nocturne. Je sais, c’est interdit pour les humains de se promener après le couvre-feu.

Il me faisait sourire, ce jeune homme. Il ne respectait pas les règles, et en plus il le savait. Mes yeux brillèrent d'une lueur amusée, trahissant qu'en effet, ce jeune homme était un sacré gars. Quelque chose en moi me disait que je n'allais pas m'ennuyer, au contraire. Finalement, j'étais plutôt contente d'avoir pris l'initiative de lui proposer d'aller boire quelque chose, au chaud dans un café. Nous serions plus au calme, et nous pourrions apprendre à nous connaître un peu. Mes cheveux furent envoyés en arrière, comme si le vent décidait de rajouter son grain de sel à mon attitude presque trop mignonne pour être crédible. Pourtant, je ne draguais pas, j'essayais simplement de me mettre à la place des "mortels". De ne pas être juste une noble, mais aussi une jeune fille presque normale. Finalement, il accepta ma proposition, en proposant à son tour de payer nos boissons. J'admets que c'était assez galant de sa part, et ça rentrait dans les "codes" de la société d'où je venais. Je n'étais pas totalement dépaysée, on va dire, même si je fuyais un peu mes origines. Puis il affirma que je serais son guide, car il ne connaissait pas les environs. J'avais bien envie de lui répondre que je ne connaissais pas beaucoup non plus, mais c'était moi qui avait proposé. Alors c'était normal qu'il veuille que je l'emmène quelque part. Seulement... Où ?

Je ne m’attendais pas à trouver une Kyran au sein de l’Académie, surtout aussi atypique. C’est toutefois une surprise agréable.

Mon visage se tourna vers lui, alors que j'avais commencé à marcher en direction du premier café que j'avais aperçu à mon arrivée sur la plage. Mes prunelles rouges-violacées laissèrent passer un éclair de surprise, ne sachant pas comment prendre sa première remarque. J'étais "atypique" ? J'avoue que je pouvais comprendre pourquoi il disait ça, bien que je ne me considérais pas comme une personne si étrange. Enfin, les points de vue pouvaient différer. D'autant plus que quand une vampire de sang pur parlait avec une personne comme si il n'y avait aucune différence, ça pouvait devenir assez déroutant. Mais quand j'avais entendu que c'était une bonne chose, cela me rassura. Je n'avais pas fait de bêtise, au contraire. Alors, d'un simple geste de la main, je l'invitais à me suivre. Avec un grand calme, je répondais à mon interlocuteur :

Alors ça me va, si cela ne te dérange pas ! Et oui, je sais, je détonne un peu de ma famille. Mais au fond, je ne suis pas qu'une Kyran, je suis avant tout Himaya. À quoi bon prendre les autres de haut, en sachant qu'il n'y a que mon sang qui me place au dessus d'eux ?

Je gardais le sourire. J'avoue que, quelque part, je n'avais jamais aimé être mise sur un trône, pendant que d'autres étaient considérés comme des "soumis". Alors qu'à l'Académie, j'étais au même rang que les autres. Je respectais tout le monde comme s'ils étaient mes égaux, je ne cherchais pas à prendre le dessus sur eux. Poussant la porte du café, je laissais Killian passer, avant de m'engouffrer dans la chaleur de la pièce. Il y avait un peu de bruit, mais pas trop. Juste ce qu'il fallait pour se sentir dans un lieu vivant, sans que cela en devienne gênant. M'installant à une table à l'écart, je finis par poser la question qui me brûlait les lèvres :

Pourquoi le directeur a autorisé un demi-vampire à être parmi les humains ?

Aucun tact, c'était bien un de mes défauts. Posant ma main droite sur la table, je reprenais la parole :

Enfin, je veux dire, ne devrais-tu pas être parmi la Night Class ?

J'avoue que je ne comprenais pas vraiment.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Dim 1 Avr - 21:50

« Je suis à l’Académie depuis peu, près d’une semaine maintenant. Peut-être m’avais tu vu la semaine passée, après le coucher du soleil. Je t’avais aperçu à une fenêtre lors d’une… Promenade nocturne. Je sais, c’est interdit pour les humains de se promener après le couvre-feu. » avait-il dit d’un ton aimable en faisant un effort pour ne pas avoir des regards irrévérencieux sur les formes de l’adolescente, esquissant un sourire lorsqu’il vit la lueur amusée dans son regard et son sourire lorsqu’il évoqua l’interdit pour ceux de la Day Class de sortir la nuit et s’approcher des membres de la Night Class, règle qu’il était censé respecter mais dont il se moquait éperdument, ne craignant pas un ou deux vampires. Après tout il était un chasseur et il avait une arme.

Elle lui avait ensuite proposée d’aller prendre un verre ou un café ensemble, ce qu’il avait accepté et, machinalement, il nota que sa proposition de payer ne la vexa pas ou du moins, si tel était le cas, elle n’en montrait rien. Au contraire, il se laissait aller à penser que sa galanterie lui faisait plaisir ; après tout c’était une marque de respect que de traiter courtoisement une ennemie. Non pas une ennemie, elle n’en était pas une, elle ne pouvait en être une sauf si c’était un crime que de rendre aveugle quelqu’un par sa beauté. Elle était une simple fille comme les autres, elle avait l’air sympathique, amicale, doté de bonté ; en aucun cas une ennemie. C’était étrange pour Killian que de s’attarder sur ce détail, d’autant qu’il n’avait jamais cherché à se lier à quiconque, qu’il avait toujours vu les vampires comme des dangers potentiels malgré son admiration pour leur force, pour leur puissance. Se reprendre pour affirmer qu’elle pouvait être autre chose prouvait que quelque chose n’allait pas avec lui ces derniers temps.

Ils s’étaient élancés en direction du premier café quand Killian avait lancé avec un sourire « Je ne m’attendais pas à trouver une Kyran au sein de l’Académie, surtout aussi atypique. C’est toutefois une surprise agréable. ».

L’éclair de surprise qui traversa les yeux de rubis et d’améthyste de la jeune fille n’échappa pas à Killian qui se demanda s’il n’avait pas commis un impair en la disant atypique, après tout cela pouvait se montrer vexant ; c’était comme dire « vous êtes bizarre », cela peut ne pas plaire. Mais sa précision comme quoi il trouvait cela agréable sembla rassurer Himaya, ce qui le rassura à son tour -encore une chose étrange qui se passait ; d’habitude il n’accordait pas d’importance à ces considérations-. Puis il lui emboîta le pas, répondant à son invitation de la main silencieuse tandis qu’elle lui répondait :

« Alors ça me va, si cela ne te dérange pas ! Et oui, je sais, je détonne un peu de ma famille. Mais au fond, je ne suis pas qu'une Kyran, je suis avant tout Himaya. À quoi bon prendre les autres de haut, en sachant qu'il n'y a que mon sang qui me place au-dessus d'eux ? ».

Elle gardait le sourire, mais l’hybride lui jeta un regard, trop long pour ne pas trahir ses réflexions. Sa réponse, cette précision « je ne suis pas qu’une Kyran, je suis avant tout Himaya » laissait entendre qu’elle n’était pas dans les meilleurs termes avec sa famille, peut-être même était-elle en froid avec elle, voire qu’elle ne s’était jamais entendu avec. Mais plus encore elle ne voulait pas être adulée pour son nom ; elle voulait être normale, regardée non comme la fille des Kyran mais comme une jeune fille normale, ordinaire et cela Killian le comprenait parfaitement. Après tout c’était un peu la raison qui l’avait conduit à l’académie Cross : la normalité dans un environnement anormal.

« Tu désires être respectée pour toi-même. » dit-il doucement. Ce n’était pas une question mais une affirmation, un simple constat.  Puis il poursuivit « Peu importe que tu sois une Kyran, le nom n’est qu’un avantage ou un défaut donné à la naissance. Ce n’est pas ce que nous sommes. Sinon il suffirait de regarder un bout de papier pour savoir qui est qui et il serait inutile d’espérer apprendre à connaître les autres. ». Une fois de plus il se surprit lui-même de sa réponse mais ils arrivaient près d’un café et il passa à autre chose.

La façade était somme toute assez banale, semblable à des dizaines d’autres dans la ville. A travers les fenêtres il pouvait apercevoir quelques clients attablés, pas beaucoup, juste assez pour faire du lieu un endroit animé comme il fallait, et, si ces sens ne le trompaient pas, il n’y avait pas d’autres vampires dans les environs aussi se détendit-il alors qu’ils franchissaient les derniers mètres les séparant de la porte. Il remercia d’un signe de tête Himaya qui s’était écartée pour le laisser passer puis la suivit jusqu’à une table situé à l’écart, dans un coin de la pièce. Killian respira longuement les odeurs de café, les appréciant particulièrement, puis il laissa son regard vagabondait sur les lieux. La pièce n’était pas spécialement grande mais il devait être possible d’avoir dans les quarante couverts au moins. Le parquet de bois était lisse, brillant, montrant qu’il avait été entretenu récemment, les banquettes de cuir dégageaient leur parfum caractéristique, les murs étaient couverts d’un papier peint tapissé orangé, donnant un aspect chaud à la pièce. Le lieu était décidément bien choisi, même si ce choix avait sans doute était dû aux hasards. Lorsque les deux jeunes gens se furent installés, Himaya posa la question qui lui brûler les lèvres.

« Pourquoi le directeur a autorisé un demi-vampire à être parmi les humains ? » puis elle posa la main droite sur la table et reprit la parole « Enfin, je veux dire, ne devrais-tu pas être parmi la Night Class ? ».

Comme cela avait été le cas avec James Baskerville lors de l’arrivée de Killian lorsque le chasseur sous couverture lui avait demandé s’il n’était pas plutôt censé rejoindre la Night Class, les yeux de Killian prirent une teinte rouge feu, inhumaine mais cette fois-ci, sans doute parce que son déni se faisait moins fort et ses pulsions vampiriques plus présentes, le phénomène qui suivit ne fut pas une simple agitation des ombres. Cette fois la pièce entière bascula dans la pénombre, surprenant les humains présents qui regardèrent dehors, ne comprenant pas ce qui se passait. Plus étrange encore, l’obscurité se faisait presque tangible, la température de l’air plus froide, presque glacée. Puis tout redevint comme avant, comme si rien ne s’était passé, laissant une assistance perplexe quelques instants avant que le brouhaha des conversations ne reprenne ses droits tandis que Killian disait, faisant une pause entre chaque mot, la fixant de ses yeux de nouveau bruns et humains, essayant plus de se convaincre inconsciemment lui-même qu’il ne cherchait à la convaincre :

« Je… Suis… Humain… » avant de prendre une respiration, essayant de se calmer mais, n’y parvenant pas, il se résolut à glisser sa main droite dans sa poche, se saisir de son pilulier, faire sauter deux comprimés dans sa main et la remonter à sa bouche pour les avaler avec une gorgée de salive. Il n’était pas possible de les apercevoir pour cette surprenante élève de la classe de nuit mais il était clair qu’il ne semblait faire aucun effet et elle pouvait alors nettement voir le motif gravé sur la chevalière passée à l’index droit de Killian.

Il fallut une longue minute pour que le vampire endormi ne retrouve ses moyens et reprenne la parole, sans même avoir conscience de ce qui venait de se passer « Tu n’es pas la première à me le demander. C’est… Etrange… ».
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Lun 2 Avr - 0:38

Tu désires être respectée pour toi-même. Peu importe que tu sois une Kyran, le nom n’est qu’un avantage ou un défaut donné à la naissance. Ce n’est pas ce que nous sommes. Sinon il suffirait de regarder un bout de papier pour savoir qui est qui et il serait inutile d’espérer apprendre à connaître les autres.

J'aimais le fait qu'il comprenne mon point de vue. En effet, je n'avais pas envie d'être catégorisée selon mon nom, mais selon qui j'étais réellement. Et, pour une fois, je me sentais acceptée comme j'étais, malgré le fait que je n'étais pas comme lui. C'était une chose un peu inconnue pour moi, parce que malgré mes tentatives auprès des autres vampires, j'inspirais toujours le respect. Et tout cela parce que j'étais une foutue noble. Sérieusement, j'avais beau essayer de leur faire comprendre que j'étais une élève parmi d'autres, et non pas une "Kyran", rien ne marchait. Ils ne cessaient de me prendre pour une de ces vampires supérieures, alors que je cherchais uniquement à être normale. Et enfin, pour la première fois de ma vie, j'étais une fille normale, rien de plus qu'une vampire sans qu'on fasse gaffe d'où je venais, de qui je descendais. C'était tellement agréable de se sentir normale, d'enfin être prise pour ce qu'on voulait. Finalement, après ma question, alors que je ne voulais pas être méchante, ou blessante, ou quelque chose comme ça, auprès de lui, faut croire que j'avais raté. Car quelque chose dans l'atmosphère, entre nous mais aussi dans tout le bar, changea subitement, me faisant perdre toute ma confiance en moi.

Les yeux de Killian devinrent aussi rouge que le feu qui brûlait dans la cheminée le soir, au Manoir de la Nuit. Je regardais autour de moi, perdant un peu mon calme, tout en ne cédant pas totalement à la panique. En réalité, j'étais surtout en train de regarder si les humains avaient remarqué que tout était devenu soudainement plus sombre. Mais il y a aussi l'air, qui était devenu d'un seul coup glacé, qui me mit la puce à l'oreille. Je reprenais alors mon calme, tentant de faire plus attention au jeune homme qu'à ce qu'il se passait autour. Et finalement, tout redevint exactement comme avant, comme si rien ne s'était passé. Si ce n'est les regards interloqués des gens autour de nous, qui regardaient partout dans l'espoir de trouver un explication logique à ce qu'ils venaient de voir et de ressentir. Leurs yeux cherchaient parmi tous les clients, essayant de deviner qui était à l'origine de ce phénomène, qu'ils qualifieraient sans doute comme un phénomène "inexpliqué et inexplicable". Cela ne dura que quelques secondes, car rapidement, leurs conversations reprirent sans faire attention à nous. Je posais mon regard sur Killian, qui avait repris des yeux marron, et qui avait aussi pris la parole, en faisant soigneusement une pause entre chacun de ses mots :

Je… Suis… Humain…

Il rangea sa main, alors que j'avais l'espoir d'essayer de l'aider à se calmer. J'étais à l'origine de sa "crise", alors n'était-il pas normal que je sois là pour remettre les choses à la normale ? Mais avant de n'avoir pu faire quoique ce soit, il sortit de sa poche une petite boite, en sortit deux comprimés et les avala. Je reconnu des Blood Tablets, et cela me fit comprendre que je ne m'étais pas trompé sur lui. Il était bien à moitié vampire mais peut-être qu'il le reniait. Sa bague m'intrigua au plus haut point, reconnaissant alors le symbole des Celas. Je fronçais les sourcils, sans pour autant le lui faire remarquer. Je pense qu'il vaut mieux y aller tranquillement, sans lui balancer toute la vérité en pleine poire. Peut-être qu'il l'avait volée à cette noble lignée de vampires, assez connue. Je ne laissais rien paraître, préférant alors répondre au jeune homme :

Calme-toi...

Mais je ne pus rien rajouter, car il reprit la parole :

Tu n’es pas la première à me le demander. C’est… Etrange…

Je pris alors la carte des boissons. Autant se comporter comme une vraie humaine, et faire mine d'être passionnée par cette fameuse carte. En réalité, elle était tout à fait semblable à toutes les autres. Du café, du chocolat chaud, avec ou sans chantilly, mais aussi des boissons alcoolisées, ou des sirops. Je parcourais les mots, écrits en rouge sur un fond noir, sans vraiment y réfléchir. Je savais déjà ce que je voulais, mais tout était fait pour que je réussisse à me fondre dans la masse des humains. Je n'avais même pas soif. En réalité, j'étais plus curieuse de connaître un peu mieux cet hybride, la soif était mise au second plan. Faut croire que j'arrivais à mieux me contrôler, même si ces petites pilules rouges étaient, à moi aussi, un élément indispensable à ma survie. Mais je ne disais rien, appelant avec un simple geste le serveur. Celui-ci s'approcha de notre table, un léger sourire aux lèvres. Il sortit son calepin, et je commandais, d'une voix calme et douce :

Je prendrais un chocolat viennois, s'il-vous-plaît.

J'attendais que Killian prenne commande, et que le serveur soit partit, pour reprendre la parole :

Écoute, je pense que tu ne comprends pas vraiment ce que tu es... Je pensais que tu savais pour... Enfin, bref, profitons de ce moment tranquille, on aura qu'à aller à l'Académie après. Je te ferais part de mes observations, d'accord ?

Je ne voulais pas briser ce moment. Certes, il avait jeté un froid - presque dans le premier sens du terme - dans la conversation, mais je voulais le détendre. Je craignais qu'on se fasse repérer comme étant des êtres hors du commun. Je voulais qu'il prenne du bon temps, à discuter sans prise de tête.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Lun 2 Avr - 1:59

Lorsqu’elle lui avait demandé pourquoi lui, un vampire, ne se trouvait pas dans la Night Class, cela ne l’avait pas vexé. Sa réaction anormale, sans commune mesure avec la simple question que c’était, n’avait pour seul origine qu’un traumatisme ancien, refoulait pendant plus d’un siècle. Il ne pouvait, ne voulait accepter cette réalité, cette tragédie qui avait marqué sa vie. Accepter le vampire signifiait accepter qu’il était la même créature que celle qui avait tué sa mère alors qu’il n’était qu’un enfant et que, durant une longue, très longue traque, son maître lui avait caché la vérité, ne lui avait pas dit que s’il n’avait mordu Vlad Archer, jamais il n’y aurait eu ce hunter vampire et sa mère serait toujours en vie. Cette vérité lui avait paru si atroce qu’il avait renié sa nature même et chaque fois que quelque chose tendait à la lui faire admettre, il paniquait, prenait peur, et, comme l’on lève un bouclier pour parer une lame, ses yeux prenaient la teinte des braises, les ombres répondaient à son pouvoir sans contrôle, parfois l’espace d’un infime instant comme maintenant, parfois, s’il se sentait en danger, menaçait et sans défense, les conséquences pouvaient être terribles car alors ce n’était pas que le manteau de la nuit qui était tiré sur le monde ; les ombres se faisaient lances et le sang coulait. Mais, toujours, Killian oublier cette manifestation de son subconscient, et, dans les cas extrêmes, comme avec sa demi-sœur, Lorna Crow, un mensonge remplaçait la vérité. Un dangereux système de défense qui faiblissait, voilà ce que c’était.

Une fois que les ombres eurent retrouvé leur place et la température fut revenu, Killian remarqua qu’Himaya avait un air d’incompréhension sur son visage, qu’elle s’interrogeait, regardait les autres personnes présentes, comme si elle s’attendait à voir l’une d’elles se tournait dans leur direction mais avec la reprise des conversations, elle reporta son attention sur cet être pour le moins particulier qu’elle avait invité et qui disait, en détachant avec soin chaque mot :

« Je suis humain »

Puis, tandis qu’il ingurgitait les Blood Tablets, il constata qu’elle fronçait les sourcils sans dire un mot et il se dit qu’elle devait se demander ce qu’il prenait. Mais elle avait eu ces mots étranges, des mots apaisants, agréables à ses oreilles ; elle avait dû remarquer sa nervosité :

« Calmes-toi… ». Elle n’en dit toutefois pas plus car il avait repris la parole, toujours encore légèrement tendu, sur la défensive mais presque aussi calme qu’avant.

« Tu n’es pas la première à me le demander. C’est… Etrange… ».

Après qu’il eut dit cela, elle prit la carte des boissons, prenant un air passionné alors qu’elle parcourait les boissons, une tentative de paraître humaine qui échappa à Killian même si celui-ci se doutait que la demoiselle n’avait guère soif ou du moins qu’elle n’avait guère envie des boissons de mortel, celles-ci ne pouvant rassasier la soif des vampires. Pourtant elle fit signe à un serveur d’approcher et, lorsque celui-ci approcha, un sourire aux lèvres, sortant un calepin, elle passa sa commande, d’une voix calme et douce :

« Je prendrais un chocolat viennois, s'il-vous-plaît. »

« Et moi un café, merci. »
ajouta Killian aussitôt, qui vérifia que le serveur s’éloignait bien du coin de l’œil avant de reporter son attention sur Himaya, espérant qu’elle lui fournirait une explication sur cette question bien surprenante qu’on lui pensait pour la deuxième fois : pourquoi n’était-il pas dans la classe de nuit ? Et il eut sa réponse.

« Écoute, je pense que tu ne comprends pas vraiment ce que tu es... Je pensais que tu savais pour... Enfin, bref, profitons de ce moment tranquille, on aura qu'à aller à l'Académie après. Je te ferais part de mes observations, d'accord ? »

C’était la plus étrange des réponses que Killian eut pu imaginer, elle lui disait clairement qu’il ignorait être un vampire, un hybride plus exactement. Pour autant il accueillit la réponse en se contentant de serrer les mâchoires, sans que le phénomène ne se répète et sans ce qui s’était passé plus tôt, hormis son aura si particulière, il aurait pu passer pour un humain ordinaire ou un simple hunter. Toutefois, l’adolescent se détendit, comprenant qu’il avait jeté un froid par sa réponse et il ne voulait pas voir se froid s’installer. Il ne savait comment s’excuser, alors il se contenta de lui répondre aimablement, tentant un sourire qui n’était qu’un pâle reflet de ceux qu’il avait pu lui offrir avant ; c’était un sourire d’excuse.

« Je ne suis pas sûr de comprendre mais soit, attendons d’être rentrée pour pouvoir discuter de ces choses plus librement. » puis il fit une courte pause avant de reprendre, plus enjoué « Alors ? Qu’elle raison t’as poussé à intégrer l’Académie Cross ? Pas le charme naturel du président de la Night Class tout de même ? ». Une fois de plus il usait d’une pique humoristique pour cacher son malaise, ne sachant guère comment s’y prendre vu qu’il semblait avoir commis une erreur.
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Lun 2 Avr - 22:18

Et moi un café, merci.

J'avais eu un petit sourire. C'était tellement prévisible qu'il prenne un café, comme la plupart des gens ici présents. Sauf peut-être deux ou trois grands-mères, qui prendraient une infusion pour pouvoir s'endormir plus facilement le soir venu. Je posais mon regard dans le vide, écoutant simplement le brouhaha et la cohue qui nous entourait. C'était loin d'être un souci, au contraire, j'aimais le fait qu'on ne soit pas dans un silence mortuaire. Imaginez si personne ne parlait, le nez collé à leurs écrans de téléphone, à ne pas prêter attention aux personnes qui les accompagnent. C'était le cas dans certains endroits, là où le technologie avait pris le pouvoir, et la tentation de parler plus aux personnes à l'autre bout du monde qu'à celles à l'autre bout de la table était parfois forte. J'attendais avec calme l'arrivée de nos commandes, notamment parce que j'avais envie de réchauffer un peu l'atmosphère, assez froide depuis le coup que nous avait fait Killian. J'avais d'ailleurs proposé au jeune homme de profiter de cette boisson pour apprendre à nous connaître, et de discuter de ce qu'il était plus tard. Dans l'enceinte d'un endroit où, j'en étais certaine, personne ne nous regarderait avec des yeux ronds si quelque chose comme ça se produisait de nouveau. Bien que je n'ai pas envie que cela arrive, comme vous devez vous en douter.

Je vis sans peine ses muscles se tendre, et notamment sa mâchoire se serrer. Je crus qu'il allait nous refaire un de ces trucs un peu étranges, mais non. Je m'attendais à me retrouver dans le noir, entourée d'un air qui figerait le sang dans les veines des humains. Mais non, le fait qu'il serre les mâchoires, sans doute par colère, fut le seul signe visible qui m'indiqua que je devais arrêter d'en parler. Bien que je ne désire pas continuer sur ce sujet, comme je l'avais - plus ou moins clairement - indiqué dans ma proposition. Je guettais le serveur des yeux, sans succès. Alors, au moment où je reposais mes yeux sur lui, je le vis sourire. Mais, alors que ses sourires étaient jusqu'alors des sourires sympathiques, amicaux, celui-ci n'en était pas un. Il y avait quelque chose dans la forme de sa bouche, dans les plis de son visage, qui m'indiquait qu'il s'excusait. Les paroles n'étaient pas nécessaires, les gestes et son attitude parlaient d'eux-mêmes. Finalement, Killian prit la parole :

Je ne suis pas sûr de comprendre mais soit, attendons d’être rentrée pour pouvoir discuter de ces choses plus librement. Alors ? Qu’elle raison t’as poussé à intégrer l’Académie Cross ? Pas le charme naturel du président de la Night Class tout de même ?

Je laissais échapper un rire. Bien au-delà d'une personne qui s'en voulait un peu d'avoir jeté un froid, il y avait aussi une personne qui arrivait à passer outre ce petit détail, et à continuer la discussion presque comme si de rien n'était. C'était assez plaisant, parce que certaines personnes avaient une certaine tendance à culpabiliser et à ruiner entièrement une journée. Mais lui, non, il changeait de sujet, faisant même de l'humour pour se rattraper. J'entendis le pas du serveur approcher, et je le laissais poser nos boissons sur la table. Mon regard dû le dérouter un peu, car il resta une seconde fixé dedans, comme si il avait vu la plus belle chose du monde. Mais je n'y prêtais qu'une moindre attention, reportant bien rapidement mon attention sur mon interlocuteur. J'avoue que sa question, bien qu'elle semblait être posée avec une pointe de plaisanterie, me déroutait un peu. J'aurais presque l'impression qu'il cherchait à connaître mes goûts en matière d'hommes. Mais bon, en soi, ce n'était pas la fin du monde, si ? Je posais mes mains sur mes genoux, avant de répondre de façon tranquille, bien qu'une légère note d'amusement passa dans mes mots :

À vrai dire, je n'avais jamais vu Kaname avant d'intégrer l'établissement. On va dire que j'ai une relation... Quasi inexistante avec mon géniteur, et que c'est le seul endroit où je n'ai pas à travailler comme une forcenée pour avoir un toit et un peu de nourriture.

Je n'avais fait référence qu'à un infime morceau de ma vie. En même temps, comment raconer à un quasi-inconnu que mon propre père avait mis ma mère à la porte, la livrant à une mort certaine, et que je n'avais jamais eu le droit de l'appeler "papa", ou même "père" ? Comment raconter que celle qui m'avait élevée ne m'aimait pas ? Non, impossible, je ne pouvais pas raconter ça et tâcher le nom des Kyran. Posant mes mains sur la tasse fumante, je bus une gorgée de ce délicieux liquide chocolaté, me mettant au passage de la chantilly sur le nez. J'essuyais le nuage blanc qui s'était installé sur mon visage, riant doucement, avant de continuer de parler :

Et toi, pourquoi as-tu intégré l'établissement ?

Je reprenais une gorgée de ma boisson. La chaleur me fit du bien, coulant dans ma gorge avec délice.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Lun 2 Avr - 23:19

« Je ne suis pas sûr de comprendre mais soit, attendons d’être rentrée pour pouvoir discuter de ces choses plus librement. Alors ? Quelle raison t’as poussé à intégrer l’Académie Cross ? Pas le charme naturel du président de la Night Class tout de même ? » avait-il dit quand le serveur se fut éloigné après avoir pris leur commande, ne pensant pas qu’il parviendrait vraiment à détendre une atmosphère devenue pesante aussi. Pourtant Himaya laissa filer un rire ; cette question humoristique avait dû lui sembler rafraichissante, prouvant que, même s’il avait commis quelques erreurs, il ne ruinerait pas cet instant en culpabilisant. Il pouvait bien prendre sur lui de supporter cette peur maladive qui lui tordait les boyaux, cette idée qui s’insinuait tel un serpent glacial ans son esprit, jusqu’à ce qu’il soit seul. Voyant le serveur revenir, Killian retira son manteau qu’il déposa sur le dossier de la chaise avant de rapprocher sa chaise de la table et laisser une nouvelle fois son regard s’attarder sur la vampire, l’écoutant répondre tranquillement, avec une pointe d’amusement dans la voix.

« À vrai dire, je n'avais jamais vu Kaname avant d'intégrer l'établissement. On va dire que j'ai une relation... Quasi inexistante avec mon géniteur, et que c'est le seul endroit où je n'ai pas à travailler comme une forcenée pour avoir un toit et un peu de nourriture. » .
Ainsi elle n’avait pas vu Kaname avant d’intégrer l’établissement. Ce n’était guère surprenant en soi si elle n’avait pas participé à ses fêtes qu’affectionnaient tant certaines familles. Plus surprenant était qu’il soit le géniteur de la jeune fille se dit d’abord Killian avant d’esquisser un sourire franc, se moquant de lui-même : non, Kaname n’était pas son père, elle était une Kyran ! Et il osait prétendre faire attention à ce qu’on lui disait ? Décidément, elle le perturbait. Mais ce qu’elle avait ajouté était pour le moins surprenant : qu’une aristocrate travaille comme une forcenée pour un toit et un peu de nourriture n’était pas chose courante. Pour autant, il nota avec un plaisir non dissimulé qu’elle n’avait pas confirmé être ici pour Kaname, au contraire elle était là pour tout autre chose.
« Tu as fuis ta famille donc. Cela n’a pas dû être… Facile. » répondit simplement Killian en prenant une gorgée à son café avant de reposer sa tasse, esquissant un sourire quand il vit la touche de chantilly venir ornementer d’un nuage le nez de la demoiselle qui riait doucement avant de reprendre la parole.

« Et toi pourquoi as-tu intégré l’établissement ? » puis elle trempa une nouvelle fois ses lèvres dans son chocolat, ce qui avait l’air de lui plaire grandement.

« C’était le seul lieu où je pouvais espérer étudier, avoir une vie à peu près normale, sans craindre de me faire mordiller la gorge à tout bout de champ et devoir mentir à tous. Et puis je suis issu d’une lignée de chasseurs mais mon maître, Vlad Archer, n’est pas en bon terme avec la Guilde et il est persuadé que si je m’y rendais je perdrais la tête. Va savoir pourquoi… » répondit Killian en haussant les épaules, espérant éluder ainsi la question même s’il répondait sans rien montrer.

« Et dis-moi, tu invites toujours aussi facilement des inconnus ou seulement les beaux garçons ? » demanda Killian avec un grand sourire et une lueur taquine dans le regard avant de virer au rouge, se rendant compte qu’il avait dit tout haut ce qu’il pensait tout bas. Alors pour dissimuler son embarras il avala une longue gorgée de café, se brûlant la gorge au passage et essaya de la regarder, rougissant à chaque fois qu’il posait les yeux sur elle, espérant qu’elle ne se vexerait pas.
Ce devait être la journée des bourdes, se disait-il.
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Lun 2 Avr - 23:48

Tu as fuis ta famille donc. Cela n’a pas dû être… Facile.

Étais-je aussi facile à décrypter ? Ou était-il simplement intelligent ? Je l'ignorais, mais cela m'étonna assez qu'il tente de me comprendre. Enfin, pas parce que je le pensais égoïste, ou parce qu'il n'avait jamais essayé de comprendre mon point de vue. Mais parce que, justement, on ne s'était jamais intéressé à moi de la sorte. Mon côté noble faisait que, souvent, on essayait de pas trop s'immiscer dans ma vie, et cela était, souvent, quelque chose qui me dérangeait. J'étais comme eux, alors pourquoi ils ne s'intéressaient pas à moi comme ils le feraient avec n'importe quel autre vampire ? Sapristi, il fallait qu'un demi-humain le fasse pour qu'enfin, je me sente un tant soit peu intéressante. Et surtout, que je commence à lier en semblant de lien amical avec quelqu'un. Il prit une gorgée de son café, avant de sourire quand la chantilly se posa sur mon nez.

C’était le seul lieu où je pouvais espérer étudier, avoir une vie à peu près normale, sans craindre de me faire mordiller la gorge à tout bout de champ et devoir mentir à tous. Et puis je suis issu d’une lignée de chasseurs mais mon maître, Vlad Archer, n’est pas en bon terme avec la Guilde et il est persuadé que si je m’y rendais je perdrais la tête. Va savoir pourquoi…

J'étais prête à boire une nouvelle gorgée de mon chocolat, mais je m'immobilisais rapidement. En réalité, la tasse n'avait même pas été soulevée de la table, et j'étais devenue une véritable statue. Cela ne dura que quelques secondes, car je repris bien vite mes esprits. Ainsi, ce jeune homme était un hunter ? Mais aussi un vampire ? J'étais assez surprise de cette nouvelle chose. Au fond, cela ne changeait rien au fait que je l'appréciais, et qu'il était, il faut l'avouer, un assez beau garçon. D'ailleurs, en parlant de ça, je fus une nouvelle fois surprise par ses questions :

Et dis-moi, tu invites toujours aussi facilement des inconnus ou seulement les beaux garçons ?

Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ça. Je ne le prenais pas vraiment mal, parce que c'était, d'une certaine façon, flatteur. Au moins, il voyait que j'étais du genre sociale, bavarde, et que j'avais pas peur de proposer à quelqu'un qu'on apprenne à se connaître. C'était un point positif, non ? Je discernais dans son regard un amusement, et son sourire ne fit que confirmer mes pensées. Il continuait de me taquiner. Cependant, il semblerait que quelque chose lui ait échappé, comme le montra la couleur rouge de ses joues l'instant d'après. J'admets que j'ai eu un petit rire, loin d'être moqueur, quand il plongea ses lèvres dans le café. Peut-être qu'il avait l'espoir d'échapper à mon regard, mais c'était déjà peine perdue. Ah, finalement, il recommença à me regarder. Je me penchais lentement au dessus de la table, me rapprochant de lui. Dans un murmure, je répondis à sa question, de façon totalement sérieuse :

Uniquement les beaux garçons qui sont sensés chasser les vampires... Autant dire que tu es le premier...

J'esquissais un sourire, que j'accompagnais d'un clin d'oeil, avant de me reculer. Mes cheveux reprirent leur place naturelle, tandis que mes prunelles brillaient d'une lueur étrange. Quelque chose qui mêlait sérieux, amusement, et envie de jouer. Il voulait certainement tenter quelque chose avec moi, ou du moins c'est ce que je pensais, et j'admets que... Je n'étais pas totalement contre cette idée. Autant en profiter, on n'a qu'une vie, non ? Alors j'étais bien décidée à simplement laisser les choses se faire. Peu importait ce qui se passerait, je ne voulais pas me fermer à quelqu'un comme lui. Qui sait, peut-être serions-nous amis, amants, ou même ensemble ? Qu'est-ce-qui nous empêchait de profiter du moment ?

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 3 Avr - 0:40

Aux yeux de l’hybride, Himaya n’était pas si simple à décrypter. Il avait seulement l’impression de la comprendre, comme s’il avait vécu quelque chose de similaire même s’il ne s’en souvenait pas : il fuyait sa propre famille à sa propre façon, que ce soit son grand-père, son père, sa mère, ou sa demi-sœur. Ainsi pouvait-on voir sa compréhension de la jeune femme comme un murmure de celui qu’il avait été.

« C’était le seul lieu où je pouvais espérer étudier, avoir une vie à peu près normale, sans craindre de me faire mordiller la gorge à tout bout de champ et devoir mentir à tous. Et puis je suis issu d’une lignée de chasseurs mais mon maître, Vlad Archer, n’est pas en bon terme avec la Guilde et il est persuadé que si je m’y rendais je perdrais la tête. Va savoir pourquoi… » avait-il répondu lorsqu’elle lui avait demandé pourquoi il était à l’académie Cross. Elle ne répondit pas mais l’espace d’un instant l’on eut pu croire qu’elle avait croisé le visage de Méduse : la jeune fille s’était figée lorsqu’il avait avoué être un hunter. Il avait pensé qu’elle l’avait deviné avant mais visiblement non ; alors que pouvait-elle penser qu’il était ? Pour la première fois, la réponse s’imposa à Killian sans qu’il ne la rejette : elle pensait qu’il était un hybride, ni chasseur, ni vampire. C’était même étrangement logique s’il réfléchissait un peu mais ce ne pouvait être vrai, il l’aurait remarqué si c’était le cas ! Mais alors qu’il se faisait cette réflexion, elle reprit vie tout à coup et sembla passer outre sa nature. C’est alors que vint la question fatidique :

« Et dis-moi, tu invites toujours aussi facilement des inconnus ou seulement les beaux garçons ? »

Cette fois Killian était vraiment gêné, il ne savait plus comment se placer, comment réagir, osait à peine la regarder, rougissant s’il le faisait et essayait tout de même de la regarder. Il se répétait silencieusement « Abruti ! Abruti ! Qu’est-ce qui te prends ? ». Pour rien arranger, elle eut un rire, loin d’être moqueur mais cela le déstabilisa un peu plus alors qu’il se brûlait la gorge avec le café, ce qui eut pour effet de le rappeler un peu à la raison  et lui permettre de reprendre ses moyens avant de les perdre à nouveau quand elle capta son regard ; c’était terminé, il n’y échapperait pas, il le savait et resta là à la regarder, se noyant dans ses yeux, alors qu’elle se penchait vers lui, lentement, au-dessus de la table, se rapprochant bien trop pour qu’il ne sente pas une bouffée de chaleur, et elle lui murmura sa réponse, si sérieuse qu’il doutait qu’elle se moquait seulement de lui :

« Uniquement les beaux garçons qui sont sensés chasser les vampires... Autant dire que tu es le premier... ». Elle esquissa alors un sourire, l’accompagnant d’un clin d’œil et elle recula. Le jeune homme réfléchissait à ce qu’il devait dire ou faire, n’ayant pas l’habitude de ces choses-là. Même avant que cette étrange folie ne l’empare, il n’avait jamais éprouvé le moindre sentiment pour quelqu’un si ce n’est de la haine, de la colère. Il avait toujours été froid, ses politesses n’étaient qu’une façade. Il avait parfois séduit pour s’approcher d’une personne, obtenir des informations mais cela n’avait été qu’une arme parmi d’autres et de toute façon il ignorait encore qu’il avait eu ce talent. Et même s’il l’avait eu, il serait inutile.

Himaya désirait-elle se jouer de lui, tenter quelque chose de sérieux ? Que devait-il faire ? Killian jeta un bref regard vers la fenêtre, regardant la rue puis le ciel qui se couvrait avant de reporter son attention sur elle. Il avait trouvé une réponse et celle-ci allait sans doute le lancer dans un jeu sans qu’il ne le réalise immédiatement.

« Ce n’est sans doute qu’un rêve… Mais je n’ai pas envie de m’en réveiller. ». Il était sincère, malgré la furieuse envie de prendre la poudre d’escampette et plonger dans une rivière glacée pour se rafraîchir. La pièce n’était pourtant pas si chaude lorsqu’ils étaient arrivés !

Après quelques secondes il ajouta «  Le premier. J’en suis flatté. Tu es la première avec qui je me retrouve dans une telle situation aussi. ». C'était en effet une drôle de coïncidence et un sourire se dessinait sur ses lèvres tandis que ses yeux s'illuminaient d'un éclat rêveur. Un chasseur et une vampire, lui et Himaya devenant amis, voire plus ; il était curieux de voir si c'était seulement possible.
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 3 Avr - 1:13

Les yeux du jeune homme parcoururent le ciel, qui commençait à se teinter nuages gris. Sans doute allait-il pleuvoir. Dommage, elle n'avait pas de capuche, elle rentrerait trempée à l'Académie. Mes yeux trahissaient une certaine envie de m'amuser, de simplement me laisser aller avec cet homme qui, bien qu'il soit une sorte d'ennemi, m'attirait. Ce n'était pas quelque chose que je contrôlais, je ne savais même pas pourquoi je ressentais tout ça. Cette envie d'en savoir toujours plus sur lui, de me rapprocher de l'hybride. Même si je devrais me méfier, c'était un chasseur, et moi une vampire de level B. Je ne sais pas, j'avais envie de le croire, de lui faire confiance. Je ne voulais pas qu'on soit un chasseur et une vampire, mais un homme et une femme. Killian et Himaya, deux êtres avec un caractère et des sentiments. Mes yeux replongèrent dans les siens, et je recommençais à me perdre dans son regard. Merde, Himaya, pourquoi est-ce-que tu réagis comme ça ? J'avais rencontré des tas de mecs, mais jamais aucun ne m'avait autant donné envie de savoir. Finalement, je devenais sans doute un peu plus humaine, malgré le fait que j'en sois loin... Sa voix me tira de mes pensées :

Ce n’est sans doute qu’un rêve… Mais je n’ai pas envie de m’en réveiller. Le premier. J’en suis flatté. Tu es la première avec qui je me retrouve dans une telle situation aussi.

J'ai baissé le regard. Pour la première fois de ma vie, la gêne s'était installée en moi. Mais ce n'était pas désagréable, bien au contraire. Se sentir bien comme ça, acceptée, et se faire draguer. Parce que oui, je n'étais pas dupe, il entrait dans mon jeu de séduction. Mais qui serait le premier à craquer ? Qui céderait à la tentation de se rapprocher encore plus, d'essayer quelque chose ? J'aurais aimé avoir la vanité de dire que je gagnerais à ce petit jeu, que je ne serais pas plus faible que lui. Mais au fond, ne serait-ce pas un mensonge ? J'avais déjà lancé le jeu, alors que je n'en avais pas été obligée. Alors j'étais peut-être celle qui le finirait. Et, j'espérais, sans doute serait-ce un dénouement plaisant pour chacun d'entre nous. Mes yeux brillaient d'une nouvelle lueur, tandis que je contemplais mon chocolat chaud, déjà bu à moitié. Posant mes paumes sur la tasse, je relevais la tête. Mon regard se reposa dans celui de Killian, et j'esquissais un sourire. J'avais lancé le jeu, alors autant continuer et faire tout pour ne pas céder à l'appel de... À l'appel de quoi, d'ailleurs ? De son corps ? Certainement. De son amitié ? Sans doute. De l'Amour ? Il était encore trop tôt pour envisager cette possibilité. Alors je reprenais le récipient, qui commençait à être presque froid, et je terminais ma consommation. Un bon moyen d'échapper à l'importante gêne installée, non ?

OK, c'était totalement inutile de penser échapper à cette sensation. Mais bon, j'avais au moins essayé. Prenant une grande inspiration, je réussis à reprendre une pleine contenance. S'il pensait qu'il réussirait à me déstabiliser, à me faire perdre tous mes moyens, il n'était pas au bout de ses surprises. Soufflant doucement après avoir avalé la dernière gorgée de ma boisson, je reposais la tasse sur la table. Ma main glissa jusqu'à la sienne, mes yeux tentant de faire passer ce geste pour quelque chose de totalement innocent. J'effleurais la peau du dos de sa main du bout de mes doigts, tout en le fixant droit dans les yeux. Mes canines vinrent doucement mordiller ma lèvre, avant que je ne demande :

Que dirais-tu de rejoindre l'Académie et de se trouver un coin un peu plus... Tranquille ? Loin de ces regards qui pourraient nous troubler ?

Oui, je proposais bien au jeune homme d'aller s'isoler un peu. Nous pourrions jouer sans se prendre la tête, sans forcément se préoccuper des autres autour, et surtout, sans se mettre de barrière, comme la table. Mes doigts s'éloignèrent lentement de sa main, revenant peu à peu vers moi. Une lueur de défi dans le regard, j'attendais une réaction de la part du hunter. Se laisserait-il prendre à ce jeu de séduction, où tous les coups étaient permis, ou bien reprendrait-il une sorte de distance avec moi ? J'avoue que j'avais espoir qu'il continue sur ce chemin, parce que les possibilités et les multiplicités de relation entre nous étaient fortes intéressantes. Nous pourrions n'être que deux personnes qui s'aimeraient le temps d'une nuit, ou bien le temps d'une vie. Et il se pourrait aussi qu'on ne s'aime pas, qu'on reste simplement amis. Mais, ne nous cachons pas les choses, cette dernière possibilité était bien une de celles que je croyais peu. M'enfin, j'attendais patiemment sa réponse, ma main toujours posées à quelques centimètres de la sienne, comme en attente de quelque chose.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 3 Avr - 15:23

« Ce n’est sans doute qu’un rêve… Mais je n’ai pas envie de m’en réveiller. Le premier. J’en suis flatté. Tu es la première avec qui je me retrouve dans une telle situation aussi. » avait avoué Killian, souriant d’un air rêveur. En réponse Himaya baissa le regard, gênée mais cette gêne n’avait pas l’air de lui être désagréable. L’on aurait même pu dire qu’elle appréciait qu’il se laisse prendre à son jeu de séduction, car après tout ce n’était rien d’autres. Lorsque Himaya releva la tête de son chocolat viennois, posant les paumes sur sa tasse, pour regarder de nouveau Killian et sourire, celui-ci s’attendait à ce qu’elle se moque de lui ; il avait eu une sortie bien cruche, l’on aurait dit qu’il était l’acteur d’une mauvaise guimauve ! Et pourtant c’était tellement agréable, tellement addictif. Mais voilà qu’elle termina sa consommation d’une traite et il crut que tout s’arrêterait là.

Pourtant, elle fit glisser sa main, l’air faussement innocent, vers celle de l’hybride dont elle frôla le dos du bout des doigts, tout en le fixant droit dans les yeux, mordillant de ses canines sa lèvre, avant de demander :

« Que dirais-tu de rejoindre l'Académie et de se trouver un coin un peu plus... Tranquille ? Loin de ces regards qui pourraient nous troubler ? »


Sa question fit sortir Killian de ses pensées et le laissa sans voix plusieurs secondes alors qu’il réfléchissait à toute allure. Elle lui proposait, alors qu’ils ne se connaissaient que depuis à peine une heure tout au plus -il n’avait aucune idée depuis combien de temps il était avec elle mais ce ne devait guère être plus, même si ce n’était pas impossible-, de trouver un endroit où ils seraient seuls, invisibles aux yeux et aux oreilles des curieux ! Comment pouvait-il accepter alors qu’il avait tué plus que son lot de vampires ? Qu’il était un chasseur et elle une aristocrate, des ennemis naturels ? Mais étaient-ils vraiment des ennemis ? Il s’était déjà demandé cela quelques instants plus tôt et il s’apprêtait à prendre ses distances, à fuir, à mentir quand elle retira sa main, l’éloignement lentement, rompant ce contact électrique qui lui procurait un agréable frisson le long du dos et avant qu’elle n’ait le temps de ramener sa main au-delà de la moitié de la table il prit délicatement de sa main droite celle de son vis-à-vis, entourant ses doigts des siens, parcourant de son pouce les doigts fins, la défiant du regard de prendre la fuite comme elle le défiait, bien décidé à ne pas être celui qui trouverait une parade le premier. Alors seulement il répondit, aimable, souriant exprès un peu bêtement pour la déstabiliser, tout en sachant qu’il ne faisait que répondre à son jeu :

« Si tel est ton désir même si ta seule présence éclipse toute autre ! ». Il marqua alors une pause de quelques secondes avant de retirer sa main, jetant un coup d’œil au ciel qui n’avait guère l’air de s’arranger et ajouta « Nous ferions mieux d’y aller maintenant, si l’on veut avoir une chance de ne pas se faire mouiller avant d’avoir rejoint l’Académie. Je vais payer. ».  Il lui adressa alors un sourire, se leva, prit son manteau qu’il enfila tout en se dirigeant vers le comptoir, zigzagant entre les tables, évitant un serveur au passage, régla leur consommation puis retourna vers Himaya afin de l’accompagner jusqu’à la sortie, trouvant cela mieux que de la laisser rejoindre seule la porte ; il se moquait de qui gagnerait mais marquer des points était amusant.

Une fois sortit, Killian prit une longue inspiration. L’air sentait la pluie et il était à craindre que les premières gouttes ne tombent avant qu’ils n’aient fait la moitié du chemin ; si cela devait arriver, il lui donnerait son manteau, qu’elle puisse se protéger un minimum. Lui, il supporterait le mauvais temps ; cela ne changerait pas que ce moment, si précieux, resterait un bon temps. De plus, il aimait la pluie ; elle était revigorante.

Tandis qu’ils suivaient la route qui les ramènerait à l’Académie,  l’hybride ne pouvait s’empêcher de regarder Himaya, du coin de l’œil ou en tournant la tête, lui adressant des sourires de temps en temps, des regards appuyés, se demandant si elle n’allait pas disparaître tout à coup, le laisser seul et il demanda d’un ton innocent :

« Tu as une idée d’endroit pour s’isoler ? Les jardins, une salle de classe, les dortoirs ? ». Comme elle, il se demandait ce que donnerait cette relation naissante, cette affection qui, s’il ne se laissait pas induire en erreur, était réciproque mais pour l’heure ce n’était qu’un œuf et ce qui en sortirait n’était pas prévisible. Il savait que cela pourrait prendre fin ici, qu’ils pourraient devenir de simples amis, et il l’aurait accepté. Mais il se serait senti déçu, c’était nouveau mais, comme un diamant, il voyait cette chance précieuse. Il avait l’impression d’agir par lui-même, pour lui-même pour la première fois. Toutefois il ne saurait dire s’il voulait simplement être avec elle l’espace d’une nuit ou si c’était plus sérieux, même s’il penchait plutôt pour la seconde hypothèse. Il ne voyait pas Himaya comme un simple trophée à remporter, elle était autre chose, pas une amie, il était encore trop tôt pour le dire mais certainement par un simple passe-temps.
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 3 Avr - 16:34

Sa peau semblait si chaude, si douce... Ma main était là, sur cette table froide, après avoir joué un peu à la séduction, redevenant un peu sage. Et pourtant, je savais que j'avais lancé une chose entre nous, quelque chose de plus qu'une discussion entre deux jeunes gens qui se "draguouillent" avec gentillesse. Quelque chose d'autre naissait, bien plus important qu'un simple flirt. On pouvait flirter sans avoir envie de plus, mais là, il se trouvait que j'avais justement envie d'un peu plus que du flirt. Sans doute est-ce ça qui m'avait poussée à lui proposer de nous isoler. Mais quand sa main était venue rejoindre la mienne, ses doigts caressant les miens, je ne pus empêcher un sourire de naître sur mon visage. Je le prenais comme une sorte de réponse à mon défi, il acceptait de jouer à ce petit jeu avec moi. Mes prunelles rougeâtre lancèrent un éclair de contentement, avant que sa main ne se retire lentement. Oh, c'est donc ainsi qu'il voulait se comporter ? J'avoue que cela me faisait plus rire qu'autre chose, nous étions un peu sur la même longueur d'ondes. Il me répondit enfin, sur un ton assez... Déstabilisant :

Si tel est ton désir même si ta seule présence éclipse toute autre ! Nous ferions mieux d’y aller maintenant, si l’on veut avoir une chance de ne pas se faire mouiller avant d’avoir rejoint l’Académie. Je vais payer.

Il s'éloigna, et je n'éprouvais aucune gêne à le regarder, de haut en bas, alors qu'il s'éloignait de notre table. En attendant, je remettais la asse correctement sur sa coupelle, avant de me lever. Il revenait vers moi, pour me raccompagner vers la porte. Quel gentleman, ce Killian ! Je le suivais donc, calmement, à l'extérieur. Le froid me frappa d'un coup, mais je le cachais sans difficulté derrière un sourire amical. Et joueur. Je n'avais pas de honte à lui jeter quelques regards, répondant parfois à ses sourires de la même façon. Je n'étais plus aussi gênée qu'avant, comme si la routine s'installait entre nous. Déjà ? Eh bien oui, j'admets que cette longue marche monotone m'ennuyait un peu. Et même si il avait tenté de briser cette monotonie avec une question :

Tu as une idée d’endroit pour s’isoler ? Les jardins, une salle de classe, les dortoirs ?

Tout restait ennuyeux. Je savais que la situation l'amusait, moi aussi, mais c'est réellement le retour vers les grilles qui était lent. Morose. Finalement, je pris le temps de répondre à sa question :

Hmmm... Les salles de classe sont désertes à cette heure ?

Mes ongles avaient lentement glissés le long de son bras, venant effleurer sa paume avec douceur. Puis je glissais complètement ma main contre la sienne, mêlant mes doigts entre ceux de Killian. C'était, sans aucun doute, une façon d'affirmer aux yeux des autres qu'il était à moi. Ouh, mais ne serait-ce pas déjà un début de sentiments ? Je l'ignorais, mais ces petits papillons qui volaient dans mon ventre quand je marchais, main dans la main, avec lui, oui. Je regardais autour de moi, comme si ce geste était totalement anodin, naturel. Alors que j'avais eu du mal à me décider. Finalement, une première goutte s'écrasa sur mon visage. Merde, heureusement qu'on était presque arrivés. Pressant un peu le pas, malgré mes chaussures à talons, je voyais lentement la grille d'entrée se rapprocher. Riant doucement, je lâchais sa main, avant de parler :

Allons du côté des vampires ! On y sera moins dérangés.

Je bifurquais aisément, sans un bruit. Je savais que les autres vampires ne diraient rien si un hybride venait parmi nous, si ? Enfin, peu importait, je décidais finalement de l'emmener dans ma chambre. J'avais pu en avoir une pour moi seule, en attendant de nouvelles arrivées. C'était pratique, aujourd'hui, non ?

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 3 Avr - 18:03

Alors qu’il prenait la main d’Himaya dans la sienne, appréciant leur contact. Au début cela ne ressemblait qu’à un jeu de drague mais les choses prenaient une tournure différente. Il devenait difficile de parler de jeu, celui s’emballer, devenait incontrôlable, échappant aux protagonistes. L’éclair de contentement qui illumina ses yeux rougeâtres capta l’intention avant qu’il ne reprenne sa main et qu’il ne lui réponde, réussissant presque à la déstabiliser.

« Si tel est ton désir même si ta seule présence éclipse toute autre ! Nous ferions mieux d’y aller maintenant, si l’on veut avoir une chance de ne pas se faire mouiller avant d’avoir rejoint l’Académie. Je vais payer. ».

Alors qu’il se dirigeait vers le comptoir, il jeta un regard dans un coin de la pièce, persuadé d’avoir senti peser sur lui un regard, un autre que celui qu’il sentait dans son dos et qu’il attribuait à Himaya, mais il n’y avait rien là où il était sûr d’avoir senti une présence. Cela avait été trop diffus, une simple décharge électrique qui avait fait se dresser les poils sur sa nuque et il n’avait aucune certitude quant à ce que ce pouvait être ; c’était simplement familier. Pensant avoir rêvé, il reprit son avancée comme si de rien n’était, paya puis retourna vers la level B pour se diriger avec elle vers l’extérieur dans le calme, essayant de sentir de nouveau sans attirer son attention ce qu’il avait cru sentir. Ce fut sans succès alors il reporta son attention sur la seule créature qui avait un intérêt dans les environs : Himaya. L’air extérieur était plus froid que ce à quoi il s’était attendu, rafraichissant son esprit et balayant les dernières sensations d’un danger tapis dans l’ombre, ne remarquant pas l’homme qui, vêtu de noir tel un puritain anglais, coiffé d’un large chapeau, les observait d’un air amusé. Un foulard écarlate caché le bas de son visage aussi était-il impossible de le reconnaître, même un vampire n’aurait su deviner qui il était sans poser les yeux sur la chevalière passée à son doigt, dissimulé  derrière un repli de son manteau. Cet observateur silencieux resta quelques secondes, regardant les jeunes gens qui faisaient route vers l’Académie Cross puis il disparut comme s’il n’avait jamais été là, satisfait de voir que les choses se passaient comme il l’avait prévu, à quelques détails près.

Tandis qu’ils marchaient sur une route monotone, vampire et hybride échangeait regards et sourires. Mais ce jeu ne suffisait à rompre l’ennui de la marche de même que la tentative de Killian pour renouer la conversation.

« Tu as une idée d’endroit pour s’isoler ? Les jardins, une salle de classe, les dortoirs ? ». Leur jeu de séduction réciproque l’avait amusé, la voir s’ennuyer lui était désagréable et il ne savait pas comment rendre la chose plus agréable.

« Hmmm... Les salles de classe sont désertes à cette heure ?

« Sans doute pas. Et elles sont sans doute fermées. »
répondit Killian alors qu’elle faisait lentement glisser le long de son bras ses ongles pour venir effleurer sa paume avec douceur et glisser complétement sa main dans la sienne, mêlant leurs doigts. Cela arracha un sourire à Killian qui referma inconsciemment la main sur celle d’Himaya, comme pour l’empêcher de la retirer, se riant de ce que pourrait penser les gens en les voyant ainsi, de ceux que pourraient trouver à redire un chasseur ou un vampire qui les verraient pour ce qu’ils étaient, cette relation n’ayant rien de normal pour aucun des camps. Rares étaient ceux à accepter une telle chose. C’est alors que les premières gouttes tombèrent, une d’elle s’écrasant sur le visage d’Himaya alors Killian libéra sa main  de la sienne, retira son manteau et le passa sur les épaules de la jeune fille, lui adressant un simple regard pour lui faire comprendre que c’était bon, qu’il se moquait de la pluie et du froid.  Puis il reprit sa main, entrecroisant de nouveau leurs doigts, souriant alors que la pluie tracer des sillions semblables à des larmes sur son visage et coller sa chemise à sa peau, la rendait translucide par endroit. Mais ils arrivèrent devant les grilles et Himaya lâcha sa main en riant doucement avant de parler :

« Allons du côté des vampires ! On y sera moins dérangés. ».

Killian en doutait fort, un hunter se remarquait et les vampires n’étaient pas, en général, leurs plus grands admirateurs. Mais il y avait des hunters du côté de la Day Class, ne serait-ce que Zero, et il n’avait aucune envie de devoir humilier dans les règles l’hybride qui descendait à toute allure la pente savonneuse vers le level End. C’était peut-être de l’orgueil de sa part mais cela ne changeait pas le fait qu’il n’avait aucune envie de se battre. Pourtant venir du côté des vampires ne le rassurait pas, il aurait aimé avoir son arme, par prudence mais, d’une part, il ne pouvait quitter Himaya pour prendre son arme dans sa chambre, ce serait malpoli et, d’autre part, une arme anti-vampire le ferait encore plus remarquer et les enfants de la Nuit se sentiraient encore plus insultés et provoqués. Alors il se contenta de la suivre, chassant ses craintes en se disant qu’ils n’oseraient pas l’attaquer dans l’Académie. Il pensait qu’ils s’arrêteraient dans un salon ou une pièce isolée mais, bien au contraire, Himaya le guida à travers le bâtiment qu’il foulait pour la première fois, et il fut surpris qu’elle le guide jusqu’à une chambre. Etait-ce la sienne ? Ce serait logique, d’autant que les quelques affaires qui trainaient de ci de là laissées supposer qu’elle n’était occupée que par une personne.

« De quoi veux-tu parler ô majestueuse sélénite ! »
demanda Killian en refermant la porte derrière lui sans se retourner, mettant à tâtons le verrou, non tant pour s’enfermer avec elle que pour ralentir quiconque voudrait entrer, même si un vampire ferait simplement exploser la porte comme l’on brise une brindille. Il se rapprocha alors d’elle, assez pour n’avoir qu’à lever l’avant-bras pour poser la main sur elle, hésitant à le faire.


Dernière édition par Killian Norowa le Mar 3 Avr - 20:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 3 Avr - 19:03

Sans doute pas. Et elles sont sans doute fermer.

Oui, la remarque du jeune homme était vraie. À l'heure qu'il était, les salles de cours étaient fermées. Trop tard pour aller dans celles de la Day Class, et trop tôt pour la Night Class. Diantre, cette période de transition, avant le coucher du soleil, mais après son zénith, c'était assez compliqué. J'avais alors écarté mentalement cette possibilité, qui était alors la seule qui me semblait intéressante. Car oui, les jardins auraient été parfaits si il n'avait pas plu, et les dortoirs... J'avais un peu peur que cela fasse trop... Suggestif. Mais bon, j'optais pour la dernière option, un peu en désespoir de cause. Sa main qui serrait la mienne me ramena à la réalité, au début d'averse, et à la monotonie de cette marche. Je secouais doucement la tête, faisant mine de chasser un mauvais pressentiment. Mais je voulais surtout chasser cette impression que quelqu'un nous regardait. Au fond, je me disais que des tas de gens nous regardaient, puisque... OK, y avait pas de raison précise, mais on était regardés. Je ne laissais rien paraître, bien que cette sensation de voyeurisme était très désagréable. Comme si le regard qui posait sur nous était une mauvaise chose, un futur malheur qui pourrait s'abattre. Mais, pour le moment, l'heure n'était pas à penser à la pire chose qui pourrait arriver à notre début de... Relation ? Non, je préférais profiter de l'instant présent.

Il retira sa main de la mienne, venant de nouveau me rappeler à l'ordre. Mais ce fut, contrairement à ce que je pensais, une bonne chose. La goutte qui venait de s'écraser sur ma joue semblait avoir donné une idée à Killian. Il ôta son manteau, me le déposant sur les épaules, de façon totalement adorable. Diantre, il me faisait de plus en plus craquer, et j'étais presque persuadée qu'il le savait. Il m'adressa un regard, que j'interprétais comme étant une façon de me dire qu'il se foutait du froid et de la pluie. Je resserrais les pans de son manteau autour de moi, tandis que sa main reprenait la mienne, comme si elles ne s'étaient jamais quittées. Sa chemise collait à sa peau, et je ne me gênais pas pour l'observer. Il avait un physique des plus appétissant, je l'avoue, et c'était presque une torture de ne pas pouvoir en profiter. Mais plus les choses se font désirer, plus elles sont agréables, non ? La grille fit finalement son apparition, au moment où je murmurais :

Merci, Killian. Allons du côté des vampires ! On y sera moins dérangés.

Un peu plus loin, je reconnus la silhouette de Zero. Le Level E, chargé de discipline et hybride, était en train de patrouiller. Je fis mine de rien, attendant que le jeune homme me suive. Mes cheveux, de plus en plus mouillés, commençaient à me coller au visage. La joie, hein ? J'avais un peu honte d'avoir laissé certaines affaires à la vue de tous, notamment la robe que je portais au moment de ma fuite de chez mon géniteur. Couverte d'une fine pellicule de poussière, elle avait l'air d'un autre temps. Et elle l'était, d'une certaine manière. Elle correspondait à l'époque où je n'étais rien, et voilà qu'aujourd'hui, j'avais fait mes preuves parmi mes semblables. J'entendis nettement le verrou se fermer, alors que la voix de Killian résonnait à travers la pièce :

De quoi veux-tu parler ô majestueuse sélénite !

J'enlevais le manteau, le déposant sur un dossier, de façon à ce qu'il sèche. Le jeune homme était presque comique, avec sa façon de parler. Il semblait venir d'un autre temps, lui aussi. La poussière en moins, si je puis me permettre. Il était désormais proche de moi, à peine vingt centimètres nous séparaient. Je mordillais doucement ma lèvre, ne sachant pas exactement comment réagir. Finalement, mes doigts glissèrent sur son torse, tout doucement, détachant un par un les boutons de sa chemise. Elle était trempée, elle devait le gêner, non ? Et puis, vu que maintenant, elle était quasiment translucide, qu'il la porte ou non ne ferait pas de grande différence. Alors j'avais osé commencer à déboutonner son haut, mes prunelles plantées dans les siennes. Je le mettais un peu au défi, tout en gardant une excuse qui semblait totalement innocente. Celle de pouvoir faire sécher sa chemise, et donc de lui éviter de tomber malade. Bien sûr, il y avait aussi une arrière pensée, celle de pouvoir contempler un peu plus le jeune homme. Finalement, je me permis de lui supprimer ce morceau de tissu trempé, le déposant lui aussi sur une chaise. Puis, m'éclipsant moins d'une minute, je troquais ma robe longue contre une plus courte, qui laissait voir mes jambes, avec un décolleté d'enfer. Beaucoup auraient accepté d'être maudit pour ça.

Mais je doutais que ce soit son cas. J'attachais mes longs cheveux en un chignon parfaitement fait, avant de retourner me positionner près de lui. Mes prunelles brillaient toujours de la même étincelle, celle du défi. Allait-il oser gagner un peu plus de points, ou finirait-il par céder à la tentation que je lui offrais avec plaisir ? J'esquissais un doux sourire, mains posées sur les hanches, avant de prendre la parole :

J'admets que discuter de ce que tu es ne me semble pas tout à fait approprié actuellement... À moins que tu ne tienne absolument à ce qu'on parle.

Oui, bien sûr que j'avais fait exprès de sous-entendre qu'il n'était pas nécessaire qu'on discute. Mes lèvres se fermèrent, pendant que je me dirigeais lentement vers mon lit, pour m'y asseoir. Je l'invitais à me rejoindre. Ne serions-nous pas mieux ici, assis sur un moelleux matelas ? Et puis, on sait jamais, ça peut être un très bon endroit pour... Discuter entre adultes.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 3 Avr - 21:49

Killian et Himaya se dirigeaient vers le pavillon de la Lune quand, au loin, le chargé de discipline, Zero passa dans leur champ de vision mais Killian l’ignora ; certes il était de la Day Class, certes il était avec une élève de la Night Class mais il n’était pas comme les autres. Il savait et surtout il était capable de se défendre, sans doute même mieux que cette créature misérable, rongée par le passé, par la haine car c’était ce que Zero était, n’est-ce pas ? Et puis qu’est-ce qu’il pourrait faire ? Le tirer jusque chez le directeur ? Le défier ? Dans tous les cas ce ne serait qu’une perte de temps ; aux yeux du dernier des Crow personne ne pourrait l’empêcher de savourer la compagnie de la jeune vampire. Toutefois personne ne se mit en travers de leur route, il était encore trop tôt pour que les vampires sortent et que les élèves de la Day Class ne s’amassent devant le portail pour admirer les buveurs de sang se rendre à leur salle de cours. Killian avait déjà remarqué que, très souvent, ses camarades de classe se précipitaient et piaillaient bêtement chaque fois qu’ils apercevaient l’ombre d’un des membres de la Night Class mais il était toujours resté dans son coin ; il ne voyait aucun intérêt à faire de même et puis son nom n’était pas celui de l'un des moutons de Panurge après tout.

Une fois qu’ils furent dans la chambre de la vampire, l’ayant miraculeusement atteint sans alerter une bande de vampires furieux de voir un intrus sur leur territoire, surtout un être comme Killian. Mais peut-être, et ce n’était pas une option que l’hybride négligeait, ils avaient simplement décidé de passer outre ; pour quelle raison ? Cela il ne le savait pas. Mais au moins ils étaient arrivés à destination et, malgré la protection illusoire que c’était, il mit un tour au verrou.

« De quoi veux-tu parler ô majestueuse sélénite ? » la regardant déposer son manteau sur une chaise, le mettant à sécher puis il s’approcha d’elle, jusqu’à ce que seule une vingtaine de centimètres ne les séparent. Elle se mordillait la lèvre, cherchant clairement comment réagir puis elle fit glisser ses doigts sur le torse de Killian, détachant les boutons de sa chemise un à un. Sa surprise était-elle qu’il ne réagit pas, la regardant simplement faire, une chaleur le prenant au visage et, prisonnier de ses deux galaxies jumelles qu’étaient ses yeux, il cherchait un moyen de l’arrêter sans la vexer mais trop tard car elle lui avait déjà ôté la chemise trempée et mise sur une chaise et elle disparut le temps de troquer sa robe longue contre une plus courte et bien plus audacieuse. Killian lâcha un léger soupir, il se sentait bien idiot de s’être laissé ainsi mené mais cela ne le dérangeait pas plus ; il aurait juste préféré changer de chemise que se retrouver torse nu, arborant sa musculature féline, sans excès. Plus impressionnantes étaient les cicatrices qui balafraient son dos, traces laissées par des lames de chasseurs, d’autres ressemblaient à celles qu’auraient laissés des balles. Il se souvenait avoir reçu certaines blessures mais la plupart ne lui disaient rien ; c’était la preuve qu’il avait vécu et combattu plus qu’il ne l’affirmait. Lorsque Himaya revint, il avait porté son attention sur la robe couverte d’une pellicule de poussière ; elle pendait là comme un témoignage, un rappel silencieux du passé, pour ne pas oublier par quoi elle était passée ; sinon pourquoi n’avoir jamais pris la peine de l’épousseter ? L’aristocrate ne semblait pas être si négligeante. Lorsqu’il porta le regard sur elle, Killian eut un sourire un peu gêné. La jeune fille avait mis une tenue volontairement provocante et il devait admettre qu’il n’était pas insensible. Elle était magnifique, comme une rose blanche prise dans le cristal, si fragile que l’on pourrait la briser rien qu’en la touchant. Ce n’était qu’une illusion ; elle n’était pas faite de verre mais de plus pur des aciers.

Killian respira profondément, la détaillant du regard, prenant amplement le temps d’apprécier cette nouvelle tenue, passant outre ce sentiment malaisant ; ce ne devait pas être quelque chose qu’elle offrait au premier venu (quoi qu’il n’était pas très loin d’en remplir la définition) et le décolleté, fenêtre sur les enfers, attira une fois son regard mais il l’arracha aussitôt. Il espérait parvenir à garder un minimum de manière, ne pas se montrer sous le visage d’un loup affamé. Et puis, à son air de défi, à sa pose -les mains sur les hanches-, il était clair qu’elle poursuivait encore ce drôle de jeu auquel ils se livraient. Mais à présent jeu de drague n’était plus le nom que Killian avait envie de lui donner ; c’était devenu « quitte ou double ? » ; soit il céder à la tentation soit il continuait dans cette lancée romanesque. Le sourire des plus doux qu’afficha Himaya avant de parler le confirma dans son choix : il resterait, au moins encore un temps, romanesque, tel un courtisan de jadis. Mais elle que voulait-elle ? Ses paroles étaient pour le moins ambigüe.

« J'admets que discuter de ce que tu es ne me semble pas tout à fait approprié actuellement... À moins que tu ne tiennes absolument à ce qu'on parle. » .
Le sous-entendu était clair : pas besoin de discuter. Mais n’était-ce pas une nouvelle tentative de l’attirer vers quelques plaisants pêchés ? Il la regarda se diriger vers le lit, s’y asseoir et s’apprêtait à prendre une chaise quand elle l’invita à le rejoindre. Alors, haussant les épaules, un sourire en coin, il vint s’asseoir à côté d’elle ; ce serait toujours plus confortable.

« Il est vrai que ce que tu crois à ce sujet m’intrigue mais nous pouvons garder cela pour plus tard. » répondit Killian doucement, voulant pourtant savoir ce qu’elle avait pensé, tout en ne voulant pas entendre la réponse. Il ne voulait pas admettre que la faim qui le tiraillait, la sensation de manquer de quelque chose était dû à son sang vampirique et pourtant ces canines paraissaient plus pointues que d’ordinaire, sa gorge était sèche, ses sens exacerbaient.

« Que dire alors ? Il n’existe aucun mot dans aucune langue assez élogieux pour toi ! Magnifique, Sublime, divine… Non, aucun mot n’est digne ! » déclama-t-il avec force et conviction, avant de la regarder, regarder l’écart entre eux et constater qu’il n’en avait guère laissé, à peine quinze centimètres ; il ne bougea pas pour autant.
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mer 4 Avr - 11:33

Je me savais désirable, sexy, sensuelle. J'avais l'habitude des regards sur moi, ans doute est-ce-pour ça que je n'avais pas de honte à me montrer dans une telle tenue. Mon père, à l'époque, m'aurait ordonné d'aller me changer, en me supprimant au passage la fameuse tenue. Selon lui, une aristocrate comme moi n'avait pas à montrer ses jambes, et encore moins le haut de son torse, à n'importe qui. Aujourd'hui, il n'était plus là, je l'avais effacé de ma vie. Pourtant, je savais qu'un jour, je devrais faire face aux mêmes responsabilités, à la même façon de me comporter. Cela ne m'enchantait pas, je ne voulais pas devenir une de ces petites princesses snobinardes qui ne font que rire comme des godiches et se pavaner comme des cruches. J'avais pitié d'elles, pauvres petites filles à leur pères, qui avaient juste à sourire et à faire semblant d'être très cultivées pour qu'on les épouse. Mais au fond, elles finissaient toutes comme leur modèle : simples femmes de nobles, et bien vite on oubliait leur nom. Je ne voulais pas finir comme elles, voilà aussi pourquoi je m'étais cassée de cet endroit maléfique. Ma nourrice avait voulu essayer de me plier aux règles de la noblesse, mais je n'avais jamais réussi à être une petite fillette parfaite. Non, moi j'avais du caractère, je me rebellais, et parfois même elle avait osé lever la main sur moi.

Je vous assure que je n'avais pas laissé ça passer. Les premières fois, j'avais été prise par surprise. Mais au bout d'un certain temps, on arrive à deviner, au regard, qu'on va lever la main sur moi. Alors j'attrapais son poignet, ou bien j'esquivais. Cela l'énervait encore plus, mais je ne me laissais plus faire. Je finissais par me laisser avoir quand elle était bien énervée, et quand elle me frappait, elle laissait une telle marque que j'allais me plaindre à mon géniteur. Bien souvent, je faisais ça avant une réception, pour qu'elle se fasse remettre à sa place. Puis j'ai grandis, j'ai compris que je ne pouvais plus jouer sur ça, alors j'ai simplement essayé de me plier correctement aux règles et à ses ordres crachés comme si je n'étais qu'une bête. Je n'y avais jamais réussi, elle trouvait toujours quelque chose à me reprocher, mais au moins, je faisais des efforts. Et puis il y avait eu cette nuit, qui avait été pour moi la plus merveilleuse de toutes. J'étais enfin parvenue à quitter ce manoir, au prix de nombreux efforts. Dans ma plus belle robe, une rouge, avec de merveilleux volants en soie et en velours. Elle avait coûté cher, et c'est en partant avec celle-ci que je montrais à mon père que je n'en avais rien à faire de ses affaires. J'avais tout abandonné, mon passé, mon père, et je devenais une fuyarde, une nouvelle femme prête à prendre sa vie en main.

J'avais erré tellement longtemps sur les routes, en vivant de petits boulots, que j'avais rapidement appris à porter des choses moins nobles. Elle me suivait toujours, dans un petit baluchon qu'un marchant m'avait gentiment offert. Je payais mon gîte et mon couvert en racontant des histoires aux enfants, en aidant au service, comme je pouvais. Puis j'avais entendu parler de l'Académie, et enfin j'étais parmi les miens. Et surtout, j'étais respectée. Bon, OK, je l'étais par mon nom, et pas forcément par mes actions. Mais là au moins, personne ne me traitait comme un animal, une souillon, une bonne-à-rien. Je reposais mon regard sur Killian. J'avais vu qu'il était intéressé par ma tenue. Rien que son coup d'oeil dans mon décolleté me fit comprendre que j'avais réussi ce que je voulais. J'avais gagné un petit point, il avait regardé. Mes prunelles trahissaient un amusement, alors que je lui avais proposé de ne pas discuter. Sans doute avait-il compris, mais il ne comptait pas céder aussi facilement à la tentation que je lui mettais sous le nez. Oh, alors ce Killian était un coriace, hein ? Sa voix résonna dans ma chambre, alors que nous étions installés sur le lit :

Il est vrai que ce que tu crois à ce sujet m’intrigue mais nous pouvons garder cela pour plus tard. Que dire alors ? Il n’existe aucun mot dans aucune langue assez élogieux pour toi ! Magnifique, Sublime, divine… Non, aucun mot n’est digne !

La quinzaine de centimètres qui nous séparait était bien suffisante pour que je sente son odeur. Oui, il sentait le vampire, il n'y avait aucun doute là-dessus. Un bruit de pas, à l'extérieur, me fit dresser l'oreille. Oh, les autres vampires venaient de comprendre qu'un hunter était dans le Pavillon de la Lune. Plusieurs coups, doucement frappés à ma porte, me confirmèrent ceci. Ils voulaient vérifier que leur sens ne les trompait pas, mais je ne comptais pas ouvrir aussi facilement ma chambre aux autres vampires. Je me changeais rapidement, mettant mes habits du dimanche - c'est à dire un t-shirt, un jogging et mes chaussons - avant de revenir vers la porte. Je pris un air épuisé, tout en déverrouillant lentement le verrou. Je n'ouvrais la porte que d'une dizaine de centimètres, afin de découvrir trois autres vampires. Je fis mine de bailler, avant de demander :

Vous me vouliez quelque chose ? J'étais en pleine sieste, ça ne peut pas attendre ?
Arrête, Himaya, il y a un hunter ici.
Quoi ? Comme si une noble comme moi allait ramener un hunter et mettre tout le monde en danger.
Alors explique-nous l'odeur !


Je sortais de ma chambre, fermant la porte. Puis je lâchais :

Je suis allée à la plage, et je me suis faite aborder par un hunter, gentleman. Vu qu'il a plu, il a essayé de me donner mon manteau, mais j'ai refusé et je suis rentrée ici. Peut-être que son odeur s'est accrochée à mes vêtements, tout simplement ! Maintenant, s'il-vous-plaît, laissez-moi retourner me coucher.

Ils bougonnèrent, mais je pointais du doigt la sortie du couloir, autoritaire. Eux, je savais que j'avais réussi à les berner. Mais si quelqu'un comme Kaname venait, alors là ce serait une autre paire de manches. Je retournais dans ma chambre posant un regard amusé sur le jeune homme. Pouffant de rire, je retournais m'abandonner sur mon lit :

Oh, qu'ils sont crédules ! Espérons qu'ils n'aillent pas confier leurs soupçons à Kaname...

Puis je me rapprochais un peu du hunter, venant murmurer :

Il ne t'arrivera rien, je te protégerais.

J'avais bien remarqué qu'il n'avait pas son arme sur lui. Alors il ne pourrait pas se défendre. C'est pour ça que je le défendrais, au besoin. Finalement, je repris la parole :

Alors, que veux-tu faire ?

Je penchais doucement la tête.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mer 4 Avr - 13:38

Désirable, sensuelle, attirante Himaya l’était. Une perle rare. Les convenances, les codes de la société vampirique, des aristocrates tout cela ne l’arrêtait pas. Elle n’avait pas honte à les briser, les mettre de côté, comme si elle n’était pas plus importante que le commun. C’était sans doute ce que Killian appréciait le plus chez elle : il n’avait pas l’impression de parler à une greluche riant bêtement et se dandinant dans les réceptions en quête d’un bon parti, pour plaire à leurs parents, satisfaire leurs rêves creux de princesses fades et orgueilleuses. Himaya était différente, elle disait ce qu’elle pensait, faisait ce qu’elle voulait ; elle était un oiseau libre, un rapace qui ne se préoccupait pas de ce que pensait le lapin. Enfant rebelle qui ne voulait pas disparaître dans l’anonymat mais qui ne désirait pas oublier d’où elle venait comme le montrer sa robe rouge aux volants de soie et velours, si coûteuse et pourtant abandonné aux affres de la poussière. Elle attendait là, tel un témoignage d’un passé attendant son heure pour revenir sur le devant de la scène, tout comme l’anneau des Celas au doigt de Killian.

Qu’avait-elle vécu pour en arriver là ? Killian ne parvenait à se l’imaginer mais rien de bien agréable c’était certain. Lorsqu’il arracha son regard du décolleté, refusant de céder si aisément à l’appel de ses collines jumelles, il remarqua l’amusement de ses prunelles et il lui concéda silencieusement le point ; elle s’était attendue à ce qu’il regarde et il l’avait fait.

« Il est vrai que ce que tu crois à ce sujet m’intrigue mais nous pouvons garder cela pour plus tard. Que dire alors ? Il n’existe aucun mot dans aucune langue assez élogieux pour toi ! Magnifique, Sublime, divine… Non, aucun mot n’est digne ! » dit-il avec conviction, sincérité, force et douceur. Se plaisant à la séduire par des mots et non des gestes irrévérencieux ; victoire facile n’était point toujours victoire plaisante. Leur proximité était déjà en soi assez émouvante pour qu’il accepte de s’en satisfaire, au moins pour l’instant, ayant encore des difficultés à accepter qu’il veuille plus, en savoir plus sur elle, la connaître du bout des doigts. Mais alors que l’idylle naissante semblait en bonne voie pour se développer, un pressentiment s’empare de Killian alors que des bruits de pas approchaient ; ses instincts de hunter lui hurlaient que des vampires approchaient, le cherchaient. Un regard vers la jeune fille lui montra qu’elle aussi les avait entendus venir, elle tendait l’oreille et c’est donc sans surprise que des coups réguliers furent frappés avec douceur à la porte. Himaya se leva, se changea rapidement, passant un t-shirt, un jogging et des chaussons ; abandonnant une tenue capable de mettre feu à l’esprit de tout être qui posait le regard dessus pour quelque chose de bien plus ordinaire. Ainsi elle éveillerait moins les soupçons, même s’il serait sans doute impossible de tromper l’odorat des vampires. Gardant le silence, l’hybride la regarda prendre la direction de la porte, attendant qu’elle ne pose la main sur la poignée pour ne se lever à son tour et s’aplatir contre un mur, invisible depuis le couloir, se tenant prêt à intervenir au moindre problème mais préférant laissez Himaya se débrouiller, espérant qu’elle saurait les duper ou au moins les chasser. Ils auraient mieux fait de trouver une salle de classe ou tenter le dortoir de la Day Class ; ils n’auraient pas été découverts si vite. Killian entendit la porte s’ouvrir, et, tendant l’oreille, il essaya de visualiser la scène. A l’odeur il y avait trois vampires, un combat serait donc problématique sans arme mais il pouvait compter sur la belle Kyran, n’est-ce pas ? Sa seule satisfaction était qu’il n’y avait pas de sang pur dans le groupe ; même armé il aurait eu du fil à retordre. Percevant un bâillement, qui, décidément, ne pouvait être que celui d’Himaya qui cherchait à feintait ces pairs, Killian esquissa un sourire ; elle les prenait vraiment pour des idiots.

« Vous me vouliez quelque chose ? J'étais en pleine sieste, ça ne peut pas attendre ? » demanda-t-elle aux trois fâcheux venus les déranger.

« Arrête, Himaya, il y a un hunter ici. » protesta un des vampires, confirmant que c’était bien après Killian qu’ils étaient. C’était mauvais, il en était conscient et il s’apprêtait à sortir de l’ombre et se charger des vampires, même sans arme, idée totalement stupide s’il en était, quand Himaya répondit, le ramenant brusquement à la raison et il resta immobile, serrant les poings, tâchant de rester le plus calme et silencieux possible.

« Quoi ? Comme si une noble comme moi allait ramener un hunter et mettre tout le monde en danger.

« Alors explique-nous l'odeur ! »
. Etait-ce le même vampire que tout à l’heure ou un autre ? Killian n’en était pas sûr mais le mensonge devrait être bon et la savoir quitter la chambre pour le couloir, refermant la porte derrière elle ne le rassurait guère. De plus cela donnait l’impression qu’elle voulait cacher quelque chose, lui bien entendu mais après tout c’était la chambre d’une jeune fille de l’aristocratie, elle ne pouvait décemment pas laisser n’importe qui y entrer. Toujours à sa place, Killian écouta la conversation, se félicitant d’avoir une si bonne ouïe.

« Je suis allée à la plage, et je me suis faite aborder par un hunter, gentleman. Vu qu'il a plu, il a essayé de me donner son manteau, mais j'ai refusé et je suis rentrée ici. Peut-être que son odeur s'est accrochée à mes vêtements, tout simplement ! Maintenant, s'il-vous-plaît, laissez-moi retourner me coucher. ».

Le mensonge était presque parfait, comprenant assez de vérités pour être crédible mais elle aurait mieux fait de dire qu’elle avait gardé le manteau, acceptant de ne le rendre qu’à la prochaine occasion. Ainsi la raison de l’odeur serait plus logique que l’odeur résiduelle qui se serait accroché aux vêtements d’Himaya comme l’odeur de fumée d’une cigarette. Les casse-noisettes venues les distraire bougonnèrent, visiblement pas satisfait mais les pas s’éloignèrent dans le couloir. Ce ne devait pas être des aristocrates ou ils auraient été moins dupes, à moins qu’ils n’aient subi une ablation du cerveau pensa Killian, une lueur amusé dans le regard, attendant que Himaya soit de retour dans la chambre pour se détendre et retourner s’asseoir sur le lit, répondant à son rire par un sourire amusé.

« Oh, qu'ils sont crédules ! Espérons qu'ils n'aillent pas confier leurs soupçons à Kaname... » dit-elle alors, ce qui fit hausser les épaules de l’hybride ; il ne se laisserait pas impressionner par un type qui, à une lettre près, n’était qu’un meuble sur lequel on s’assoit. Mais la question du sang pur fut bien vite chassée de sa tête, après tout cœur qui bat ne connait de raison, n’est-ce pas ? Et cette créature qui par trois fois avait changé d’apparence, passant de noble en vadrouille à succube pour terminer en jeune fille détendue, s’approchait de lui pour lui murmurer :

« Il ne t'arrivera rien, je te protégerais. ».

Ce n’était pas vexant, du moins Killian ne le prenait pas ainsi mais c’était lui le guerrier, le tueur monstrueux, pas elle. C’était à lui de la protéger et non l’inverse. Avoir ou non son arme ne changerait pas cela. Certains auraient dit qu’il était machiste, d’autres qu’il vivait dans le passé, que l’on ne protégeait plus une fille parce qu’elle était une fille. Mais l’avis des autres était la moindre de ses préoccupations ; il protégeait ce qu’il voulait, ce qu’il aimait.

« Alors que veux-tu faire ? » lui demanda-t-elle en penchant doucement la tête, permettant à Killian de découvrir un nouvel aspect adorable de la vampire. Ce qu’il voulait faire ? C’était un souhait bien enfantin : rester avec elle jusqu’au levée du jour, la quitter pour une trop longue journée et revenir la voir au crépuscule, à l’heure où Day class et Night class se croisent mais pas dans la foule piaillante ; à l’écart de tous, loin des regards, là où ils pouvaient s’apprivoiser librement. Mais l’heure n’était pas encore venue de penser au lendemain ; l’aube était encore loin. Alors Killian vint poser sa main droite sur la joue de la jeune fille, la laissant glisser délicatement vers ses cheveux, la regardant longuement de ses yeux bruns et répondit avec une douceur et une gentillesse troublante :

« Ce n’est pas à toi de me protéger. Si quelqu’un doit faire couler le sang, c’est moi. Ne déchire pas ton âme pour moi, je ne le mérite pas. ». En prononçant ses mots, son regard était triste, chargée d’une douleur sur laquelle il ne pouvait mettre de mots, comme chaque fois que des fragments de son passé revenaient le tourmenter. Mais l’ombre qui avait traversait son regard s’évapora, redevenant plus joyeuse, plus paisible et il dit « Mais merci. C’est touchant. » avant de poser un baiser sur le front d’Himaya alors que la main qui était sur sa joue avait glissé le long de sa nuque, s’arrêtant à la jonction avec l’épaule gauche.

« Quant à ce que je veux faire, c’est simple : te rendre ces quelques instants agréables, en faire une douce drogue que tu ne pourras te retenir de chercher, jour après jour, nuit après nuit, semaine après semaine, mois après mois, année après année, siècle après siècle… » dit-il sans faillir, sans buter sur le moindre mot, pensant chacun, ne trouvant même pas étrange l’idée qu’il puisse vivre des siècles. Il ne voyait même pas cela comme une figure de style pour traduire son sentiment que chaque seconde passée auprès de la demoiselle semblait durer une éternité.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mer 4 Avr - 22:09

J'avais réussi, sans aucune difficulté, à renvoyer balader les trois autres vampires. Un mensonge bien ficelé, comportant assez de logique pour ne pas trop éveiller les soupçons, mais pas trop non plus. Il fallait savoir doser ses paroles, leur donner un certain ton pour qu'on devienne crédible. Mais faut croire que l'évocation de mon statut social, que je cherchais à fuir, avait cette fois-ci été bien utile. Ils me respectaient, mais si le chef des vampires venait essayer de me tirer les vers du nez, alors ce serait un fiasco. Une vampire qui amène un hunter dans sa chambre, au sein même du Pavillon de la Lune. Soit c'était pour l'éliminer, soit c'était pour mettre tout le monde en danger. Personne ne penserait que c'était simplement parce que ce jeune homme m'attirait... Et pourtant, c'était la pure et simple vérité. Oui, j'étais attirée par Killian, et encore plus depuis qu'il avait ôté... Enfin, que je lui avais ôté sa chemise. Je m'étonnais de ne pas encore avoir cédé à la tentation de son corps. Mais non, je devais être plus maligne, plus implicite. Enfin, Himaya, maintenant que tu lui avais quasiment foutu ta poitrine sous le pif, si il n'avait pas compris qu'il t'intéressait, c'est qu'il était aveugle. Mais j'avais troqué ma tenue un peu provocatrice contre une tenue plus décontracté, qui me mettait moins en valeur. Mais, contrairement aux idées reçues, c'était parfait.

En effet, si on y regarde bien, une tenue du dimanche, ça permet d'aider un hunter sexy à se faire cacher, et surtout, ça rend un mensonge énorme à devenir hyper crédible. Et puis, c'est super mignon, une jeune fille dans une tenue trop ample pour son petit corps. Ça donne l'air fragile, comme si un simple coup de vent pouvait me briser. Et au moins, t'as pas l'air d'une tchoin. Avouez-le, c'est l'idéal, cette tenue toute mignonne, non ? Finalement, j'étais retournée me laisser tomber sur mon plumard, à côté de Killian. Peut-être que ça faisait trop tentatrice, mais au moins, on était installés de façon totalement confortable et si il finissait par craquer, je serais déjà à bon port. Mais quand sa main se glissa sur ma joue, je posais mes yeux rougeâtres sur lui. J'étais surprise de ce geste, bien qu'il ne me gênait pas. Au contraire, j'avoue que j'adorais sentir sa peau contre la mienne, sa chaleur, sa douceur. Je sentis alors sa main descendre en direction de mes cheveux. Je les avais détachés, mes mèches se remettant automatiquement à la bonne place. Les années passées, ils avaient eu le temps de prendre leur forme qui était devenue naturelle. Mes prunelles brillèrent alors d'une sorte de colère douce, mélangée à une petite gêne et un genre de je-ne-sais-quoi qui symbolisait simplement que cette galanterie qu'il avait à mon égard était vachement plaisante. Il parla :

Ce n’est pas à toi de me protéger. Si quelqu’un doit faire couler le sang, c’est moi. Ne déchire pas ton âme pour moi, je ne le mérite pas.

Je voulais protester, mais la douleur que je vis transparaître dans son regard m'en empêcha. Quelque chose de bien plus fort qu'une simple douleur, de bien plus profond. Un truc dans son être entier, dans son passé. Son regard était empli d'une douleur que je ne comprenais pas, et même si elle s'évapora quelques secondes après, elle me resta en tête. Avais-je fait ou dit quelque chose de mal ? Je craignais que cela soit le cas. Killian était une bonne personne, il ne m'avait pas attaquée, il s'était montré agréable et gentil envers moi. Il aurait pu essayer de m'entraîner dans un piège, de me faire du mal, ou tout simplement de me renvoyer balader quand j'avais proposé d'aller boire un verre. Il avait, contrairement à ce qu'il aurait pu ou dû faire face à une vampire, accepté d'apprendre à me connaître, à simplement me considérer comme une fille, au delà de ma peau blême, mes yeux entre le rouge et le violet, et mes canines. C'était quelqu'un de bien, voilà pourquoi je tenais à le protéger. Certains, comme moi, diront qu'on a pas besoin de protéger les filles, mais j'ajouterais qu'on a encore moins besoin de protéger une vampire. J'étais forte, je n'avais pas besoin d'être couvée comme un poussin à peine sorti de son oeuf. Pourtant, à cet instant précis, j'aurais accepté que Killian me couve. Autant qu'il le voudrait, j'étais totalement disposée à ce qu'on s'occupe de moi comme une princesse.

Mais merci. C’est touchant.

Ses lèvres se posèrent avec délicatesse sur mon front, et je retenais mon souffle quelques secondes. Je ne m'attendais pas à ça, je l'admets. Il n'était pas vraiment le genre de mec que j'imaginais me faire ça. Pas parce qu'il ne me plaisait pas - au contraire - mais parce qu'il avait l'air d'être plutôt du genre... Ouais, en fait si, je pense que ce geste tendre correspondait pas trop mal à son caractère. Un gros nounours, gentil tout plein. Sa main continua de descendre, s'arrêtant sur mon épaule gauche. Elle avait laissé une sensation de picotements dans tout mon cou, une sensation loin d'être désagréable. Comme si des milliers de petites aiguilles me picotaient avec tendresse là où sa main était passée. Je frissonnais, un peu malgré moi. Mes paupières se fermèrent, profitant de ce silence où j'entendais seulement nos souffles se mêler. C'était agréable, presque idyllique. Mes yeux se rouvrirent quand j'entendis que sa respiration changeait. C'était très léger, comme modification, mais j'avais appris à déceler chaque changement dans l'attitude de quelqu'un. Il allait me dire quelque chose, je le devinais à l'inspiration qu'il venait de prendre. C'était plus long, comme pour énoncer une grande phrase. Je relevais doucement la tête vers lui, clignant des yeux comme une biche face à un chasseur. Doucement, avec de grands yeux qui brillaient d'une lueur attentive :

Quant à ce que je veux faire, c’est simple : te rendre ces quelques instants agréables, en faire une douce drogue que tu ne pourras te retenir de chercher, jour après jour, nuit après nuit, semaine après semaine, mois après mois, année après année, siècle après siècle…

Je me figeais. Certes, c'était beau, cela me touchait énormément. Mais cela me paraissait tellement irréel, tellement improbable, je me demandais si je pouvais, si je devais y croire. D'abord le café qu'il avait galamment payé, le manteau qu'il m'avait si gentiment prêté pour pas que je sois mouillée, sa main dans mon cou, et maintenant une... Déclaration d'amour ? Je fronçais doucement les sourcils, plus de surprise que de colère. Puis, finalement, je poussais un doux soupir. Mes lèvres s'étirèrent lentement, plissant les coins de mes joues. Puis, me penchant vers lui, je murmurais :

Je défend qui je veux, d'accord ? Je me fiche d'être une fille et toi un mec. Si tu es en danger, je serais là. Et... Serais-tu en train de me proposer de passer un bon bout de temps à tes côtés ?

Ma main glissa sur son bras, mes yeux plongés dans les siens. Le moment était doux, tendre, calme, et j'adorais ressentir tout ça. Mon ventre qui se tordait avec un délice que je ne pouvais ignorer, et ces papillons qui prenaient leur envolée, depuis mes tripes jusqu'à mon coeur. J'avais l'impression que mon rythme cardiaque s'accélérait, et que j'allais tomber dans les bras du beau jeune homme. Mes dents attrapèrent ma lèvre, j'avais tellement envie d'abandonner ce petit jeu stupide et de me laisser aller. Mais au fond, je savais que plus quelque chose est difficile à obtenir, plus elle est agréable quand on l'a. Alors je me faisais désirer, comme une fauve avec ses proies. Je lui tournais autour, l'emprisonnant dans les filets de l'envie, jusqu'à ce qu'il abandonne le combat. Alors je lui sauterais dessus et je profiterais pleinement de ma victoire. Mais pour le moment, j'étais la lionne en chasse, qui surveillait sa proie, sans la laisser s'échapper. Mon corps de rapprocha lentement de lui, dans une parfaite maîtrise de ma lenteur. Je laissais mon être entier être plus proche de lui, sans jamais le toucher. Mes lèvres s'approchèrent de son oreille, afin de lâcher quelques mots :

Serais-tu en train de déclarer forfait ?

J'inspirais profondément, m'enivrant de son odeur d'hybride. Il y avait quelque chose en lui qui, irrémédiablement, m'attirait. Sa façon d'être, sa façon de penser, son physique... Tout me donnait envie de plus qu'un contact, plus qu'une parole. Si ce jeu n'était pas lancé par moi, sans doute aurais-je déjà abandonné et sauté sur l'objet de mon envie. Mais non, j'étais le félin, celle qui traquait sa proie. Et ma proie, c'était lui. Fût un temps où ma proie était ma liberté, et j'avais passé des années à guetter le moment idéal, le petit moment de faiblesse de la part de mon père, et mon moment de force pour déguerpir. Et je l'avais trouvé, ce soir où il avait levé la première fois la main sur moi. Parce qu'il devenait faible, en osant admettre qu'il avait cédé à la violence sur moi, et qu'il s'imaginait que je ne lui obéirait plus. Et j'avais été assez en colère pour être plus forte que lui, je le détestais alors assez pour me sauver, le fuir. Et, quand on me voyait aujourd'hui, on peut se dire que j'avais réussi, non ? J'étais loin de chez moi, dans un endroit où personne ne s'énervait contre moi, personne ne me frappait, et où j'étais enfin une personne à part entière. Ma fuite avait été nécessaire, et elle aussi, je l'avais traquée. Peut-être que ce jeune homme que j'avais invité dans ma chambre sans le connaître était, comme ma liberté, nécessaire à ma survie, à ma poursuite de vie ? Je l'ignorais encore...

Je finis tout de même par m'approcher encore plus de lui. Mon regard était fixé dans le sien, et dans un souffle, je laissais quelques mots échapper :

À qui va la victoire, cher Killian ?

Je n'avais pas peur de perdre face à lui. Dans tous les cas, n'y serais-je pas gagnante ?

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Jeu 5 Avr - 1:14

Killian avait déposé la main sur la joue d’Himaya, l’avait laissé glisser délicatement vers ses cheveux détachés, tombant naturellement, encadrant ses yeux qui attiraient les siens, répondant avec douceur et gentillesse, le regard triste, douloureux, tourmentés par un passé fait de tragédies.

« Ce n’est pas à toi de me protéger. Si quelqu’un doit faire couler le sang, c’est moi. Ne déchire pas ton âme pour moi, je ne le mérite pas. »
. Il pouvait voir qu’elle n’était pas d’accord, qu’elle avait à redire mais elle s’en gardait. Elle n’avait rien fait ou dit de mal mais Killian ne pouvait simplement pas laissée quelqu’un se battre pour lui, le protéger. Même difforme, le souvenir de la mort de sa mère sous ses yeux impuissants était encore virulent et il avait, en tout temps, refusait de ressentir de nouveau cette impuissance, cette terreur qui l’avait paralysé. Il avait appris à se battre, il avait frôlé la mort plus d’une fois dans les entraînements sans pitié du démon écarlate, et il refusait que ses efforts soient vains. Même s’il ne l’avait fait que pour assouvir sa vengeance, ce don, ce talent sanglant qui était le sien lui interdisait de rester passif. Même mourant, il se dresserait entre Himaya et tout ennemi, humain, vampire ou hunter. Ce n’était pas par devoir, il était incapable de penser, d’agir autrement.

La peine présente dans le regard de l’hybride s’évapora et il ajouta, voyant qu’elle se considérait assez forte pour se protéger elle-même, ce qui n’était pas totalement faux, et étant réellement touché par l’intention, égard tout à fait nouveau pour lui, d’un ton plus joyeux et paisible « Mais merci. C’est touchant » et il déposa un baiser sur son front, faisant passer sa main le long de la nuque de la jeune fille, la déposant à la jonction avec l’épaule. Il esquissa un léger sourire lorsqu’elle retint son souffle quelques secondes avant qu’elle ne relâche sa respiration, chatouillant ainsi son torse dénudé par les bons soins d’une vampire bien décidée à prendre soin de la santé du jeune homme et admirer au passage son corps. Même un idiot l’aurait compris et Killian n’en était pas un. Il savait que son attitude le faisait paraître plus gentil qu’il n’était réellement, qu’il ressemblait à un ours attentionné mais il n’était pas un nounours ; il était un monstre qui courait après une lumière qui le brûlait, refusant d’abandonner. Il n’avait guère d’estime pour lui-même, pour sa vie mais pour Himaya il était prêt à devenir une torche humaine. Il ne la connaissait que depuis une poignée d’heures, rendant ce souhait encore plus guimauve mais il s’en moquait. Le temps n’avait pas d’importance, seule la vie en avait. Et puis c’était une bonne manière pour prendre la température, savoir ce que la petite noble fuyant sa famille désirait, attendait de lui.

Himaya avait été surprise par son initiative ; à présent elle frissonnait, malgré elle et leurs souffles venaient se mêler dans le silence. Le moment était presque magique et pourtant Killian le rompit, prenant une inspiration pour une longue tirade, tâchant de ne pas s’étouffer alors qu’elle le regardait, clignant des yeux comme une biche face à un chasseur, douce, attentive :

« Quant à ce que je veux faire, c’est simple : te rendre ces quelques instants agréables, en faire une douce drogue que tu ne pourras te retenir de chercher, jour après jour, nuit après nuit, semaine après semaine, mois après mois, année après année, siècle après siècle… ». Il n’avait pas failli à un seul instant, ne trouvait pas étrange ses propos, les trouvant même bien trouvé et pourtant terriblement gênant. Il avait jusqu’alors cru qu’il n’aurait rien d’autre qu’un amour courtois comme dans les romans moyenâgeux et c’était dans cette idée qu’il avait prononcé ses paroles, conscient de son sang de hunter, de la nature de vampire d’Himaya, de l’impossibilité d’obtenir plus dans le monde actuel.

La voyant se figer, Killian prit peur d’avoir commis une erreur en prononçant ses quelques mots à peine réfléchis, et il attendit, la regardant dans les yeux. Que pensait-elle ? Fuirait-elle ? Elle fronçait les sourcils. Surprise ou colère ? Mais sa crainte semblait injustifiée, comme le disait son doux soupir et ses lèvres qui s’étiraient, plissant le coin de ses joues. Alors elle murmura, se penchant vers lui, se faisant si proche qu’il avait envie de l’enlacer :

« Je défends qui je veux, d’accord ? Je me fiche d'être une fille et toi un mec. Si tu es en danger, je serais là. Et... Serais-tu en train de me proposer de passer un bon bout de temps à tes côtés ?

« Possible… » répondit mystérieusement Killian, se sortant d’une pirouette à une question bien délicate, refusant de répondre simplement « oui », même si c’était, quelque part, la vérité.

La main d’Himaya glissa le long de son bras, ses yeux plongèrent dans les siens. Elle adorait ce qu’elle ressentait, et lui aussi. Il avait l’impression d’avoir de la fièvre, des pelotes d’aiguilles sous la peau, que son cœur allait être arraché de sa poitrine s’il ne cessait de battre la chamade. Elle était trop proche ou pas assez, il n’était même plus capable de le dire. Elle se mordait la lèvre, c’était exquis. Elle se faisait désirer, il voulait céder mais aussi ne pas obtenir si facilement ce qu’il n’avait jamais connu dès le premier jour. Mais si cela devait arriver, cela arriverait. Il la regarda s’approchait lentement jusqu’à ce que son corps soit proche de lui sans le toucher et, tandis que la jeune séductrice venait murmurer à son oreille, il ferma les yeux, savourant son parfum, souriant à sa question.

« Serais-tu en train de déclarer forfait ? ».

Himaya inspira profondément, s’imprégnant de l’odeur de l’hybride comme ce dernier s’imprégnait de celle de la vampire. Celle-ci semblait attendre qu’il cède le premier mais ne serait-ce pas plus amusant que ce soit elle ?

Himaya se rapprocha encore plus de lui, et, tandis qu’ils se regardaient les yeux dans les yeux, elle laissa échapper quelques mots :

« A qui la victoire, cher Killian ? ». Elle n’avait pas peur de perdre, dans tous les cas le résultat serait le même. Alors Killian ria doucement et répondit avec douceur, se tournant vers elle, posant les mains sur les hanches d’Himaya et répondit sans aller plus loin.

« Défaite ou victoire, belle Himaya, nous voilà tout deux prisonniers d’un doux rêve. ».

C’était sa dernière idée pour l’emporter à leur jeu et si la pousser dans ses derniers retranchements ne suffisaient pas, il s’avouerait vaincu.
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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Jeu 5 Avr - 12:43

Depuis un moment, je jouais avec lui. Comme le requin qui tourne, silencieux et discret, autour du faible poisson qui lui servira de déjeuner. Comme la lionne qui guette le moment idéal pour sauter sur la gazelle et la réduire en lambeaux. Comme un level End qui attaquerait une famille d'humains. Je m'amusais à le rendre accro à moi, et peu à peu, je me demandais si ce n'était pas moi qui étais devenue accro à lui. J'étais là, depuis le début, j'avais proposé à un total inconnu d'aller boire un verre. Quelle noble ferait ça ? Et, qui plus est, il était un hunter. UN HUNTER ! Et pourtant, j'avais mis de côté sa nature, sa race, son côté hybride, son étrangeté, pour apprendre à le connaître. Faut le dire, son coup de tout rendre noir avec la colère, j'avais été bluffée. Mais je n'avais jamais eu peur de lui. C'était anormal, dans la logique des choses, les vampires et les hunters sont en conflit, ils ne se supportent pas. Mais malgré l'ordre des choses, je m'étais entichée d'un hybride qui pourrait me tuer dès qu'il le voudrait. Car qui dit hunter dit armes contre les vampires, non ? J'étais perdue dans mes pensées, je revoyais en accéléré notre rencontre, le début de notre petit amusement, l'évolution de nos sentiments. Je ressentais de nouveau ce bien-être, sa peau contre la mienne, son baiser sur mon front. Délicat, tendre, comme s'il avait peur de me briser.

Possible…

Mes yeux étaient perdus dans les siens, ma main toujours posée sur son bras. Tel un papillon sur une fleur, avec douceur et délicatesse. Je sentais bien que, même si il ne me le disait pas directement, c'était une réponse positive. Un "oui" masqué par un "possible" mystérieux. Un murmure dans son oreille, assez sensuel au passage, pour lui demander s'il abandonnait le combat. Cela m'aurait étonné, venant d'un hunter, d'abandonner face à une vampire. Je sentais son souffle dans mon cou, délicat, et j'entendis qu'il était lui aussi en train de me humer. Je le laissais faire, sans protester nullement. Finalement, sa voix me parvint, après que je lui ait demandé à qui allait la victoire :

Défaite ou victoire, belle Himaya, nous voilà tout deux prisonniers d’un doux rêve.

C'est ainsi qu'il définissait notre jeu ? Un rêve ? Ses mains glissèrent sur mes hanches, et je ne bougeais alors plus. Mes yeux se fermèrent moins d'une seconde, profitant pleinement de ce contact qui engageait quelque chose de plus intime, plus personnel. J'espérais que personne ne viendrait nous déranger. Mes doigts glissèrent alors dans sa nuque, tandis que, peu à peu, je venais m'asseoir sur ses genoux. Lentement, comme un serpent, je me glissais auprès de lui, je venais m'installer. Je ne cherchais pas à le séduire - c'était déjà fait - mais à lui montrer que je n'avais aucune honte à être avec un hunter. Je voulais qu'il voit que je me foutais clairement de ce qu'il était, de ce que je risquais en étant avec lui. Je m'installais sur lui, mes mains revenant se poser sur son torse. Je prenais un visage d'ange, totalement innocent et pure de toute idée perverse. Mes cheveux blancs eurent un mouvement en arrière, avant que je ne pose mes deux paumes au niveau de ses pectoraux. Ma peau sur la sienne, je sentais son coeur battre sous mes mains. Avec une douceur à toute épreuve, je fermais les yeux pour profiter de cette pulsation qui, loin de me donner envie de le mordre, m'apaisait. Finalement, je rouvris les paupières, observant son visage. Dieu qu'il était beau, mais devais-je suivre mon instinct et abandonner la bataille ?

Mais merde, Himaya, arrête donc de réfléchir, un peu ! Je finis par pousser un petit soupir, avant de prendre les choses en main. Je posais mes mains doucement dans son cou, venant déposer mes lèvres sur les siennes. J'avais abandonné notre petit jeu, même si c'était amusant. Une nouvelle fois, les papillons en moi firent une magnifique envolée, alors que j'étais en train d'offrir mon premier baiser au hunter. À mon hunter. Car oui, maintenant que j'étais sur ses genoux, avec mes lèvres sur les siennes, on peut sans doute dire qu'il était à moi, non ? Enfin, j'étais aussi à lui, donc on va dire que c'était un échange de bon procédé. Mes longs doigts fins glissaient dans sa nuque, mes paupières se fermaient. J'étais bien avec lui, je me sentais en sécurité, comme protégée de tout le reste. Dans un autre monde, loin des conflits d'intérêts entre hunter et vampires. Puis je me reculais, soucieuse d'avoir bien - ou mal - fait les choses. Peut-être que c'était précipité, qu'il n'avait pas aimé, ou que je m'étais fait des idées ? J'avais mes craintes, ce qui était normal, et je ne voulais surtout pas que l'hybride me rejette. Cela m'aurait fortement étonnée, mais on ne peut jamais prévoir ce qui peut se passer. Finalement, dans un murmure totalement dénué de peur, je terminais :

Alors si c'est ce que tu me propose, je suis partante...

Je le regardais dans les yeux, mes mains dans son cou et mes fesses sur ses genoux.

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Jeu 5 Avr - 22:17

Killian avait posé ses mains sur les hanches d’Himaya, riant doucement lorsqu’elle lui avait demandé qui emportait la partie « Défaite ou victoire, belle Himaya, nous voilà tout deux prisonniers d’un doux rêve. ».

Sa tentative avait pour seul but de briser les dernières résistances de la jeune Kyran, la déstabiliser encore plus et, comme il l’espérait sans y croire vraiment, elle céda ou du moins il était possible de le voir ainsi. Elle profitait, apprécier le contact intime des mains de l’hybride sur ses hanches, les yeux clos, sans bouger. C’était une victoire mais l’abandon n’était pas dans sa nature pas plus qu’elle n’était dans celle du hunter. Elle glissa ses doigts sur sa nuque, vint s’asseoir sur ses genoux, lentement, tel un chat se faufilant dans les hautes herbes vers sa proie. Himaya n’avait aucune honte d’être avec l’ennemi naturel de sa race, se moquait de ce qu’il adviendrait et Killian, même s’il envisageait comment tout cela pourrait se finir, n’y accordait aucune importance. Pour le moment il n’y avait qu’eux, deux êtres à la fois semblables et différents, éprouvant une attirance réciproque, pris dans un jeu millénaire où l’esprit n’avait de prise : celui du cœur.

Une fois bien installée, Himaya revint poser ses mains sur le torse de l’hybride aux oreilles duquel battait, lourds, rapides, féroces, des tambours de guerre. Les contours de la pièce disparaissaient, seul le visage angélique, innocent, pur de toute perversion, restait net, si proche, encadré de ses cheveux blancs qui partaient en arrière. Il pouvait sentir sur ses pectoraux la chaleur des paumes de son ange, de sa douce poupée de verre, trop belle, trop gentille pour qu’il ne s’en sente digne, refusant tout de même de l’abandonner à quelqu’un d’autre. Elle rouvrit les yeux, semblant hésitante, soupira, se résignant à prendre la direction des opérations, déposa ses mains sur le cou de Killian et déposa un baiser sur ses lèvres. D’abord celui-ci resta sans réagir, pris de cours puis il le lui rendit, scellant un pacte, une promesse silencieuse : il était son hunter, elle était sa vampire. Non, pas sa vampire, la race ne comptait pas dans cette histoire ; elle était seulement Himaya, celle avec qui il voulait être et elle était là. Elle ne lui appartenait pas, elle n’était à personne ; il l’aimait et c’était la seule chose qu’il pouvait, qu’il voulait revendiquer. Si elle le lui demandait, il dirait qu’elle était sienne mais elle n’était pas un objet que l’on possède, que l’on expose, que l’on jette. Alors il ne la verrait jamais comme sa possession.

Quelques secondes à peine s’était écoulée quand Himaya rompit le baiser, s’éloignant, soucieuse d’avoir bien ou mal fait les choses. Cela n’avait pas seulement était satisfaisant ou bien, sinon il aurait su répondre au moins un « Waouh », réponde qui paraissait totalement idiote à Killian. Il ne pouvait pas se contenter d’une réponse aussi simple, mais n’avait-il pas déjà trop tiré sur la corde de la poésie ? Il ferait mieux de la garder pour d’autres occasions, si elle aimait la beauté du verbe lorsqu’il prenait la forme des vers. Ainsi, plutôt qu’un verbiage non maîtrisé, il répondit sans parler, entourant sa taille de ses bras, remontant une main le long de la colonne jusqu’aux scapulas, l’écoutant dire dans un murmure vide de toute peur, les mains sur son cou, assise sur ses genoux :

« Alors si c'est ce que tu me propose, je suis partante... ».

Elle acceptait d’être avec lui ? Elle ne plaisantait pas ? Ne jouait pas ? Elle était sérieuse ? Cela paraissait impossible ! Une pareille situation n’arrive jamais dans la vraie vie ! Et pourtant elle ne mentait pas, ou n’en donnait pas l’air. Elle acceptait vraiment de trainer, sortir avec lui. C’était trop rapide, mais était-ce important ? L’amour vous tombe parfois dessus dans un trait de foudre. Voulant y croire, certain de pouvoir lui faire confiance, il l’attira vers lui, joignant de nouveau leurs lèvres y mettant plus de passion, plus d’ardeur, ne cherchant à rompre que lorsqu’il manqua d’air. Alors seulement il s’écarta et répondit, plongeant ses yeux marron dans les profondeurs rouges violacées de ses iris :

« Tu… Tu veux dire que tu acceptes que l’on soit… Ensemble ? » ce n’était pas ce qu’il voulait dire, il avait dit haut ce qu’il pensait, exprimé sa surprise de la voir accepter que ce soit plus que le temps d’une soirée, d’une scène dans la vaste pièce de la comédie de la vie. Mais après tout, peut-être ne voulait-elle que le garder jusqu’à l’aube et rien d’autre ; ce serait tellement normal. Qui voudrait de quelqu’un comme lui ?

« Cela ne te dérange pas que je sois un… Hy… » commença-t-il avant de buter sur le mot qui cherchait à jaillir de ses lèvres mais dont il ne parvenait à se rappeler la fin ; sa langue était comme brider. Tiens, la fin du mot n’était-elle pas composée des mêmes syllabes ? Ce n’était rien d’important et il devait terminer sa phrase. Deux secondes d’arrêt s’étaient déjà trop. Il prit donc une inspiration et continua sa phrase « Un hunter. Tu seras mal vue… Moi je le suis déjà, je ne peux même pas mettre les pieds dans les locaux de la Guilde. Mais toi, tu peux encore faire ce que tu veux ! ».

Ces mots, Killian se maudissait de les avoir dit. Il s’en voulait. Ils étaient les mots de cette peur viscérale, cette crainte constante de voir tout ce qu’il désirait lui échapper et il la désirait plus que tout, pas pour les plaisirs de la chair, qu’il ne refuserait bien sûr pas, mais parce qu’il l’aimait. Hélas, il venait de l’insulter en donnant l’impression qu’il ne la croyait pas, qu’il ne la pensait pas capable de prendre une décision d’elle-même, qu’elle n’avait pas conscience de ce qu’elle faisait, de ce qu’elle voulait, des implications et des conséquences. Alors il baissa les yeux, les portant sur le giron de la jeune fille, se mordant la lèvre inférieure jusqu’à la faire saigner, furieux contre lui-même et il murmura :

« Désolé. Je… Je sais bien que tu ne dirais pas cela pour te moquer, ni sans savoir ce que cela impliquerait… ».

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Jeu 5 Avr - 23:06

Je n'étais qu'emplie de doutes, avais-je bien fait ? N'était-ce pas précipité, rapide ? Si, sans doute, et j'avais peur. Peur d'avoir brusqué le hunter, et d'avoir tout gâché avec lui. Peur d'être passée pour une simple aguicheuse, et peur qu'il me rejette après ça. C'est vrai quoi, je lui avais mis mon décolleté sous le nez, puis voilà que je m'asseyais à cheval sur ses genoux pour l'embrasser. Certes, c'était un baiser des plus purs, loin d'une soudaine envie de m'envoyer en l'air avec lui, mais... Et si, justement, il s'attendait à ça ? À ce que je lui saute dessus, sans crier gare, et que je ne sois qu'un jouet entre ses mains, le temps d'une nuit ? Si il m'avait embrouillée avec ses belle paroles, ses tirades dignes d'un poème, pour mieux me traîner dans ses draps et m'abandonner par la suite ? Je n'avais pas envie d'y croire, non, tout mais pas ça. Il n'en était pas capable, de jouer avec les âmes et le coeur d'une jeune fille qui ne désirait rien de plus qu'être à ses côtés. Si ? Je dois admettre que je n'en savais rien, que j'avais beau essayer de déchiffrer une quelconque réponse dans son regard, je ne savais plus. J'étais perdue, ma peur prenait le dessus sur le reste, et je ne faisais même plus attention à mes propres sentiments. Finalement, ses mains bougèrent sur mon corps, venant alors glisser le long de mon dos, jusqu'au dessous de ma nuque. Par dessus le tissu, bien entendu.

Alors j'avais pris ma décision. Un simple geste, une caresse tendre dénuée de toute connotation sexuelle, avait eu raison de moi. J'avais murmuré à l'homme que je venais d'embrasser que oui, j'acceptais de passer un long moment avec lui. Après tout, y avait-il quelque chose de mal à ça ? J'étais bien avec lui, à l'aise, calme et prête à discuter de tout, même de mon passé, sans gêne. C'était la première fois que je ressentais ça pour quelqu'un, alors je voulais tout simplement en profiter. Me sentir à ma place, comme si nos deux coeurs étaient faits pour s'assembler. Et maintenant qu'ils s'étaient trouvés, tout allait pour le mieux. Ses mains me poussèrent de nouveau vers lui, et je sentis mon corps se coller au sien. Nos coeurs battaient à l'unisson, comme un seul être, mais ça... En réalité, dès l'instant où il avait de nouveau posé ses lèvres sur les miennes, j'étais partie ailleurs. C'était fort, passionné, puissant. J'aimais ce contact, et quand il le rompit, ce fut uniquement par pur manque d'air. Je soutenais son regard, sachant que le mien étincelait d'un bonheur qui était bien réel. Lui, il semblai y croire, ou bien peut-être que j'étais en train de me berner d'illusions. Seulement, cette lueur dans ses yeux, je doutais que ce soit une invention de mon esprit. Il prit la parole, presque incrédule, comme si il ne me croyait pas :

Tu… Tu veux dire que tu acceptes que l’on soit… Ensemble ? Cela ne te dérange pas que je sois un… Hy…

Il s'arrêta net dans son mot. Il n'arrivait pas à admettre qu'il n'était pas totalement humain. Sans doute s'était-il toujours acharné à dire qu'il l'était, espérant faire disparaître l'autre moitié de lui. Celle qui avait envie de sang, de tuer. Finalement, il reprit la parole, après deux secondes qui me parurent une éternité :

Un hunter. Tu seras mal vue… Moi je le suis déjà, je ne peux même pas mettre les pieds dans les locaux de la Guilde. Mais toi, tu peux encore faire ce que tu veux !

Mes poings se serraient alors lentement dans son dos. Mon regard s'assombrissait. Mais pas de colère, plus de... Déception. Je pensais qu'il avait compris, qu'il me croirait. Cependant, en remettant mes mots en doute, n'était-ce pas une façon d'évoquer le fait que je n'étais sans doute pas capable de décider toute seule. Je baissais le regard, triste qu'il me voit ainsi. Comme une de ces filles qui prenaient des décisions, faisaient des choix, sans aucune idée de ce que cela impliquait. Sans aucune volonté d'en accepter le prix, et d'en assumer le reste. Je ne comprenais pas pourquoi il agissait ainsi, alors que j'étais quand même une de ces filles qui, contrairement aux nobles basiques, savaient ce qu'impliquait d'être en couple, d'aimer une personne qui n'était pas de notre race. Finalement, je relevais la tête, mais je vis qu'il avait aussi baissé les yeux. Sa culpabilité me frappa en plein coeur, il s'en voulait. Ses dents s'étaient saisies de sa lèvre inférieure, la mordant jusqu'à ce que je vois une goutte de sang y perler. Mes doigts glissèrent dans ses cheveux, essayant de l'apaiser. Je ne voulais pas qu'il se fasse du mal. Or, qu'était-il en train de faire ? De se punir d'avoir dit ça ? Je secouais la tête, un soupir s'échappant malgré moi de mes lèvres. Il reprit encore la parole, et je sentais dans sa voix qu'il regrettait ses mots :

Désolé. Je… Je sais bien que tu ne dirais pas cela pour te moquer, ni sans savoir ce que cela impliquerait…

Mes doigts étaient toujours enfoncés dans sa chevelure, mais ma main droite vint se poser sur sa joue. Mon regard était redevenu calme, tendre. Je passais mon pouce sur sa lèvre, chassant le sang qui commençait à s'installer dessus. Je n'avais pas envie de le boire, mais simplement qu'il arrête de se faire du mal. Mes doigts vinrent finalement tous se poser sur ses joues, et je fis de mon mieux pour redresser sa tête. Mes bras glissèrent peu à peu autour de son cou, rapprochant mon corps du sien. Je vins déposer ma tête sur son épaule, collant mon nez à sa jugulaire. Je pouvais sentir son sang couler dans sa veine, et j'attendis quelques secondes. Puis, toujours aussi doucement, je me redressais. Mes yeux plantés dans les siens, mes mains posées sur ses joues, je finis par murmurer avec un amour perceptible :

Killian... Oui je suis sûre de ce que je veux. Oui je veux être avec toi. Et peu m'importent les regards, peu m'importent que tu sois un hunter, peu m'importent les règles que cette société de merde nous imposent.

Je déposais un baiser sur ses lèvres, bref mais sincère, avant de reprendre :

Les seules règles que je suis, ce sont les miennes. Personne n'a le droit de me dire quoi faire, qui fréquenter, qui aimer. C'est moi qui choisit. Et c'est toi que j'ai choisit.

Je plantais mon regard dans le sien. Mes pouces caressaient lentement ses joues, et j'essayais de l'apaiser. Mais finalement, je cédais à la tentation de l'embrasser une nouvelle fois. Mes lèvres se reposèrent sur les siennes, dans un baiser que je voulais plus sensuel, mais aussi empli d'un véritable amour. La suite ? Peut-être qu'on resterait sages, à simplement parler, s'embrasser, ou peut-être qu'on s'abandonnerait aux plaisirs de la chaire. Mais peu importait, à l'instant même, de penser à la suite. Tout ce que je voulais, c'était lui. Lui en entier, lui sous toutes ses formes. Et même si ça devait se passer, si on devait s'aimer cette nuit, cela ne serait pas un crime.

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