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 Le froid n'empêche pas une rencontre.

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Killian Norowa

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Sam 7 Avr - 1:40

« Tu… Tu veux dire que tu acceptes que l’on soit… Ensemble ? Cela ne te dérange pas que je sois un… Hy… Un hunter. Tu seras mal vue… Moi je le suis déjà, je ne peux même pas mettre les pieds dans les locaux de la Guilde. Mais toi, tu peux encore faire ce que tu veux ! » avait dit Killian, butant lorsqu’il allait dire hybride, s’en voulant aussitôt d’avoir dit cela. Elle était là, assise sur ses genoux, l’avait embrassé la première, il avait caressé son dos, remontait jusqu’à sa nuque, appréciant ce contact qui faisait vibrer son âme. Elle n’aurait été rien qu’une fille comme les autres, il aurait sans doute céder à la tentation de la coucher sur le lit, aurait cédé à cette attirance physique, se serait montré plus irrévérencieux mais elle n’était pas anodine. Il ne la prendrait pas à la légère, ne voulait pas donner l’impression de jouer avec son cœur, avec ses sentiments. Peut-être était-ce ce qu’elle faisait ? Peut-être attendait-elle justement qu’il abandonne toutes convenances et ne fassent voler à travers la pièce ses vêtements ? Ce n’était pas impossible mais ne venait-il pas de briser la moindre chance d’avoir une relation, ne serait-ce qu’amicale, avec la vampire ? Déjà ses poings se serraient dans son dos, son regard s’assombrissait, déçue. Déçue de ne pas être crue, qu’il ne comprenne pas. Comme lui, elle baissa. Elle avait le regard triste de voir qu’il ne semblait la regarder que comme une fille qui agissait sans savoir, sans volonté. Mais elle se trompait, sa tristesse n’était rien comparé au dégoût que Killian ressentait pour lui-même, pour sa bêtise, pour sa faiblesse, pour l’avoir insulté alors qu’il la comprenait tant. Il était un idiot parfait. Il était tellement furieux qu’il mordit sa lèvre au sang et murmura, sans espoir de se rattraper, sans espoir d’être cru :

« Désolé. Je… Je sais bien que tu ne dirais pas cela pour te moquer, ni sans savoir ce que cela impliquerait… ».

Etait-ce un miracle ? Lui laissait-elle une chance ? Le regard d’Himaya s’était de nouveau fait calme et tendre. Sa main droite était venue se poser sur sa joue, son pouce passa sur la lèvre, chassant le sang sans même chercher à le boire, lui faisant comprendre qu’il n’avait pas à se faire mal. Puis elle posa ses deux mains sur ses joues, lui relevant la tête, git glisser ses bras autour de son cou, rapprochant leur corps, déposant la tête sur son épaule, le nez contre sa jugulaire et, après quelques longues secondes, poussières d’éternité, elle se redressa plantant ses yeux dans ceux de l’hybride, remettant de nouveau ses mains sur ses joues murmurant avec amour :

« Killian... Oui je suis sûre de ce que je veux. Oui je veux être avec toi. Et peu m'importent les regards, peu m'importent que tu sois un hunter, peu m'importent les règles que cette société de merde nous imposent. »
. Himaya déposa un baiser sur ses lèvres, bref, sincère, réconfortant avant de reprendre « Les seules règles que je suis, ce sont les miennes. Personne n'a le droit de me dire quoi faire, qui fréquenter, qui aimer. C'est moi qui choisis. Et c'est toi que j'ai choisi. ». Killian la regarda tout le temps qu’elle parlait, appréciant chaque mot, heureux de la voir lui pardonner son erreur, de lui laisser une chance de rester avec elle. Il aimait cette caresse sur ses joues, le contact de ses mains. Il se prenait à vouloir se blottir contre elle, appréciant chaque baiser, répondant au dernier tellement différent des précédents. Ce n’était plus un simple baiser, c’était un mot silencieux, celui d’un amour pur, d’un désir profond. Sa réponse se fit aventureuse, de ses bras il l’entoura, caressant son dos, descendant vers le bas pour les glisser sous son haut, gouter au contact directement au contact de sa peau si chaude et douce, prenant soin à ne remonter que l’arrière du vêtement. L’envie de s’abandonner était grande, il se retenait d’aller plus loin, presque sûr qu’elle ne refuserait, trouvant trop rapide d’aller plus loin dès le premier soir, même si ce ne serait pas moins merveilleux, même si cela ne saurait changer leurs cœurs bâtant pour la même raison. Sa réponse lui avait plu mais son regard se teinta de la glace de la haine, sa voix se fit sombre, sonnant comme un glas :

« Ce n’est pas cette société qui est pourrie. C’est ce monde. S’il ne peut nous laisser en paix, je le détruirai. » c’était froid, glacial. Il n’y avait aucun doute dans sa voix, il paraissait sérieux et l’était. Sans le savoir, il agissait comme son grand-père paternel qui, dans sa prime jeunesse, alors qu’il honnissait la civilisation et guerroyait presque sans cesse, détruisait ses ennemis, forgeait la puissance de son clan dans le sang tandis que sa sœur la construisait dans la paix, dans la compréhension, la tolérance.

Redevenant paisible, chaleureux, cette obscurité dans son regard s’envolant, il vint poser son front contre celui de son âme sœur, celle qu’il voyait ainsi, pourrait bien l’être s’il ne se trompait, et murmura, la serrant un peu plus contre lui sans pour autant lui faire de mal, les yeux mi-clos, laissant passer ses sentiments pour elle dans ses mots :

« Qu’ils aillent tous au diable, vampires, humains, chasseurs… Ils ne nous prendrons pas l’un à l’autre. Ceux qui essaieront, je les y enverrai. ».

Ainsi, il renouvelait sa promesse de la protéger, lui promettait de ne pas l’abandonner, même si quelque chose germait dans les profondeurs de son esprit, lui donnant l’impression que, peut-être, il ne pourrait tenir sa promesse lorsque viendrait le jour de tourner la page du passé.
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Himaya Kyran

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Dim 8 Avr - 0:48

Le feu. Bien que tout le monde le craigne, c'était par cela qu'on symbolisait le désir amoureux, et plus précisément, le désir sexuel. N'était-ce pas là une bien étrange chose ? Que l'on compare ce qui nous fait du bien, ce que l'on souhaite, avec un élément qui nous brûle et nous fait du mal. Était-ce une façon, pour ces humains stupides et mortels, de signifier que le désir sexuel était une mauvaise chose, qui nous ferait du mal si on essayait de s'en approcher ? Comme si, exactement comme le ferait le feu, il nous laisserait sur la peau une marque brûlante, vive, qui ne saurait être soigné que par un pansement fait de douceur et de tendresse ? Je n'en savais rien, mais j'avais comme l'impression qu'entre le hunter et moi, ce même feu naissait, n'attendant que la présence et l'approbation de l'autre pour flamboyer d'une lueur et d'une chaleur perverse. Mes doigts dans son cou, et ses mains qui remontaient le long de mon dos, à même la peau... Une invitation sensuelle, mais qui n'engageait cependant à rien. Je sentais la douceur de son épiderme, sur le bout de ses doigts, qui remontait peu à peu vers mes omoplates. Je frissonnais, j'adorais ça, et je n'avais aucune honte à le montrer. J'avais envie de plus, mais était-ce bien raisonnable de s'abandonner ainsi au désir ? Eh bien... Plus ça allait, plus je me disais que jouer avec le feu n'était pas un crime.

Ce n’est pas cette société qui est pourrie. C’est ce monde. S’il ne peut nous laisser en paix, je le détruirai.

La froideur de son ton éteignit aussitôt le feu en moi. Je ne comprenais pas comment il était passé d'une chaleur ardente à un tel hiver interne. Même ses yeux, qui pourtant étaient d'une couleur "chaude", semblaient s'être changés en cristaux de glace, froids et durs. Mes doigts glissèrent sur son torse, au niveau de son coeur. Je cherchais à comprendre, tout en me reculant légèrement pour pouvoir mieux l'observer. Cependant, il vint coller son front au mien, redevenant alors l'homme chaud, affectueux, que j'avais face à moi quelques secondes seulement avant. Ses yeux se fermèrent à demi, et je ressentis tout son amour quand il prit la parole :

Qu’ils aillent tous au diable, vampires, humains, chasseurs… Ils ne nous prendrons pas l’un à l’autre. Ceux qui essaieront, je les y enverrai.

Mes doigts vinrent à plonger dans sa crinière, tandis que je finis par l'enlacer. Je collais mon corps au sien, dans un élan de tendresse amoureuse. Je ne savais pas quoi dire, mais les mots n'étaient alors pas utiles. Je laissais simplement battre mon coeur, au rythme du sien, et je m'abandonnais aux pleurs. Pas de chagrin, mais d'émoi. Mes larmes coulaient, laissaient une traînée qui séchait rapidement sur mes joues. J'étais émue, car oui, c'était la première fois qu'on me faisait une si belle déclaration. Moi qui n'avais connu qu'un homme, mon père, je ne savais pas que c'était possible. Cet homme, à qui j'offrais mon coeur, était plus doux, plus attentionné, et plus important que n'importe qui dans ma vie. J'avais envie de lui offrir le monde, la lune elle-même n'avait pas une lumière aussi puissante que la sienne. Et malgré nos races opposées, j'avais décidé que je rendrais cet homme heureux. Un jour, un mois, une année, peut-être toute la vie. Seul le destin le savait, et peu m'importait d'y penser. Même si on se quittait demain, je désirais le rendre aussi heureux que je l'étais à ses côtés. Je finis par épuiser mon stock de larmes, mais je restais cependant bien éveillée. Je me remis face à lui, souriante, douce et apaisée. Je reposais mes lèvres sur les siennes, essayant de lui transmettre tout ce que je ressentais. Un baiser n'était pas suffisant, je le savais.

Mais je ne voulais pas qu'on se précipite. Je ne voulais pas qu'entre nous, ce soit aussi rapide. Je voulais prendre le temps, le connaître davantage, et surtout, essayer de lui faire comprendre qu'il ne pourrait pas échapper à sa situation pour toujours. Mes yeux plongèrent dans les siens, je souriais toujours, avant de murmurer :

Tu ne peux imaginer à quel point ces mots me touchent, mon hybride...

Je déposais mon doigt sur ses lèvres, comme pour l'empêcher de piquer une nouvelle crise de colère :

Ne te bat pas contre ça, accepte le. Cela ne changera pas la façon dont les gens te verront, pour eux, tu es un hunter hybride. C'est ainsi. Et c'est aussi ainsi que j'ai succombé à ton charme.

Je déposais un nouveau baiser sur sa bouche, désireuse de simplement lui faire comprendre que, peu importe ce qu'il était, je l'aimais de la même façon.

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Killian Norowa

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Dim 8 Avr - 23:37

Douche glacée sur un feu ardent, voilà ce qu’était ces mots dénués de compassion, dénués de la moindre joie, de la moindre sympathie. En deux phrases, il avait condamné le monde entier sans état d’âme, apportait les flocons de l’hiver en plein cœur d’un printemps chaleureux. Les doigts de la jeune femme glissèrent sur son torse, s’arrêtant au niveau de son cœur, cherchant à comprendre, se reculant pour mieux l’observer mais il vint apposer leur front l’un contre l’autre, redevenant la créature affectueuse qu’elle avait vu, qu’il aimait être avec elle, laissant de nouveau l’amour prendre le pas sur la haine :

« Qu’ils aillent tous au diable, vampires, humains, chasseurs… Ils ne nous prendrons pas l’un à l’autre. Ceux qui essaieront, je les y enverrai. ».

Sa voix n’était pas tellement plus chaude, seulement moins froide, s’il n’y avait eu ce soupçon d’affection envers Himaya, il n’y aurait eu aucune différence. En réponse, elle plongea ses doigts dans sa chevelure, fine et soyeuse, vint se coller à lui, tendrement. Les mots étaient inutiles ici, son cœur palpitant à un rythme rapide, faisant écho à celui de l’hybride. Killian se sentait désemparé, impuissant, ne savait pas ce qu’il devait faire alors qu’il sentait les larmes de la fille de la Lune coulait le long de ses joues. Il pensait l’avoir blessé par ses mots qui, il le réalisait désormais, n’était pas ceux d’un homme aimant mais d’un monstre, d’un démon prêt aux pires atrocités. Et pourtant, d’une manière parfaitement surprenante, elle ne semblait pas triste mais émue, heureuse qu’il l’ait dit. Alors, gardant le silence, il posa sa tête contre son épaule, la laissant pleurer tandis que ses mains parcouraient son dos en une caresse qu’il voulait réconfortante, embrassant sa nuque, attendant seulement qu’elle se reprenne. Cet épisode lui avait appris une chose : il n’aimait, ne voulait pas la voir pleurer.

Une fois les larmes passées, Himaya s’écarta, souriante, douce, apaisée ; elle reposa ses lèvres sur les siennes, baiser chargé de sentiments, insuffisants pour tout dire mais même une fraction, même une infime poussière était pour Killian une chose précieuse. Il tentait de lui répondre par la même voie, appréciant cette proximité, la laissant reprendre ses distances, admirant l’éclat, la force de ses yeux, flammes paisibles qui faisaient fondre l’épaisse couche de glace le protégeant d’un passé trop longtemps refoulé, d’une douleur figée dans un éternel moment, repoussée et jamais acceptée, d’une peine, d’une damnation éternelle. Il n’était pas conscient que ses murailles faiblissaient, il se sentait juste à l’aise avec elle, bercé qu’il était par un agréable sentiment qui avait pour nom Amour.

« Tu ne peux imaginer à quel point ces mots me touchent, mon hybride... ». Ce n’avait été qu’un murmure, ce fut un fouet cinglant, lacérant un voile noir qui pendait sur sa mémoire, le ramenant en ce 21 décembre 1867, près de cent cinquante ans en arrière, alors qu’il faisait face à Vlad Archer, au côté d’Alexander, et que l’ancien hunter, victime de la malédiction des sangs purs, lui lançaient ses mots « Dis-moi gamin, t’a-t-il déjà dit qui avait donné naissance au vampire qui a tué ta mère ? Qui a fait de moi un monstre ? Un indice ? Il est à côté de toi. ». A ce souvenir il se figea, la peur de ce souvenir le reprit, mais le doigt poser sur ses lèvres vint le rappeler à la raison, le temps au moins qu’Himaya ne puisse dire une phrase de plus.

« Ne te bat pas contre ça, accepte le. Cela ne changera pas la façon dont les gens te verront, pour eux, tu es un hunter hybride. C'est ainsi. Et c'est aussi ainsi que j'ai succombé à ton charme. », concluant sa phrase d’un nouveau baiser, lui signifiant qu’elle se moquait de ce qu’il était, que cela ne changeait rien. Mais pour Killian acceptait cela était chose presque impossible. Il ne parvenait pas à dire qu’elle mentait, c’était impossible et pourtant il aurait tellement aimé affirmer qu’elle se trompait, qu’il était humain. Mais tout faisait penser la balance contre lui. Il n’était pas humain, il n’était pas un hunter, il n’était pas un vampire. Il était seulement un bâtard, le fruit de deux espèces vouées à s’entredéchirer dans une guerre éternelle.

Accepter un tel fait semblait impossible et pourtant n’était-ce pas la vérité qu’il cherchait ? N’était-ce pas la première clef de ce coffre aux milles serrures renfermant un unique mystère, celui de son passé ? Il ne pouvait pas lui répondre, réfuter ses paroles. Il ne voulait même pas la regarder, ses yeux le trahiraient. Il sentait la peur, la fureur montait en lui. Il tentait de se maîtriser mais les ombres s’agitaient, imperceptibles, se tenant à l’écart. Il avait peur, peur de ce que cela signifiait et il enfouit son regard dans les cheveux d’Himaya, plaquant sa joue contre la sienne, lui cachant ses yeux rouges. Piètre tentative pour dissimuler la vérité, vaine résistance qui ne demandait qu’à céder, telle une digue d’un fleuve en crue. Ses crocs venaient piquer ses gencives, entaillés ses lèvres. Il ressentait l’appel du sang, l’envie d’y céder, l’effroi de la connaître. Il pouvait entendre une mer démontée, furieuse, proche mais invisible qui l’apaisait ; c’était le son de leurs cœurs.

Une minute, puis une deuxième, et une troisième s’écoulèrent sans qu’il ne bouge, se contentant de la serrer dans ses bras avant qu’il ne desserre son étreinte, ne lui permette de s’écarter. Ses yeux étaient toujours rouges mais, malgré toute la douceur qu’il essayait de faire passer au travers, malgré toute la douceur qu’il mettait en descendant les mains vers les hanches d’Himaya, imperceptible à qui ne faisait pas attention, il y avait du dégoût dans son regard ; du dégoût non envers la jeune aristocrate pour ces mots, mais pour lui-même, pour ce qu’il n’avait d’autres choix que d’accepter : il était un vampire, hybride qui plus est. Il n’avait pas de famille, pas de clan. Il n’était rien qu’un monstre, une arme sans maître, un soldat sans ordre. Il pouvait sentir ses crocs, il ressentait sa soif de sang et, à la lisière de son esprit, mécanisme de défense de son subconscient tourmenté, son pouvoir qui n’attendait qu’un moment de faiblesse pour se déchaîner, pour tuer et le protéger du souvenir. Mais, même s’il préférait l’ignorance à ce que ses cauchemars lui montraient, il cherchait à rester seul maître à bord du vaisseau qu’était son corps maudit. Il souffrait intérieurement à l’idée qu’il pourrait la blesser mais c’était bien parce qu’elle était là, parce qu’elle l’acceptait, malgré et pour ce qu’il  était, qu’il pouvait au moins admettre sa place et enfin comprendre les craintes de cet enseignant, ce Sorel qui l’avait accueilli son arrivée. En effet, craindre un hunter était étrange pour un autre hunter mais un hybride ? Cela s’expliquait plus. Finalement, le rougeoiement s’apaisa dans son regard, retournant à une terre brune paisible et il lui répondit, d’une voix basse :

« Comment ai-je pu l’ignorer ? Je suis… Dangereux… Pour toi, pour les autres… Je ferai mieux de partir, loin, très loin d’ici… Mais j’en suis incapable… C’est idiot… L’amour… Qu’ai-je pu oublier d’autres ? Qu’ai-je pu bien faire de si atroce pour oublier !? ». Il y avait un véritable désespoir dans sa voix. Il se souvenait de ce rêve récurent où il tuait une jeune fille se disant être sa sœur, fille de Yuri Crow, disciple de Vlad Archer. Si cela aussi était vraie, alors il l’avait tué et cette simple pensée lui donnait envie de vomir. Il ne trouvait aucun mot pour lui dire de ne pas s'en faire pour sa révélation, ceux qui lui venaient n'auraient fait que la vexer ou n'auraient traduit que trop mal son idée. Il ne lui en voulait pas, il appréciait sa franchise, aussi détestable en soit les conséquences car il venait de faire un pas vers son passé perdu, un pas qui pourrait le mener à un avenir aussi sombre que radieux.
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Himaya Kyran

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Lun 9 Avr - 11:41

Douceur et tendresse, voilà les deux mots qui, premièrement, symbolisaient notre relation jusqu'à maintenant. Puis il y avait eu sa froideur, comme si il avait pris du recul, autant vis à vis de la situation que vis à vis de moi. Je ne parvenais pas, malgré mes nombreuses tentatives, à comprendre ce qui avait fait que mon hunter était devenu aussi distant et fermé. Mes doigts contre son torse, juste pour sentir battre son coeur, et voir quand il s'apaisait. Je ne voulais pas qu'il soit aussi froid, je n'avais pas voulu entendre ces mots, dit d'une façon aussi dure. Pourtant, trop tard, il les avait prononcés. Le coeur déchiré entre l'incompréhension totale et l'envie de l'aider, je ne savais plus quoi faire. Et si j'étais devenue un souci ? Après tout, si il n'acceptait pas de ne pas être ce qu'il voulait, et uniquement ça, mais aussi une partie de ce qu'il fuyait comme la peste... Et si me voir, me fréquenter, m'aimer, le conduisait à souffrir ? Si ma vision lui rappelait qu'il n'était pas totalement humain, pas entièrement hunter, et pas totalement vampire ? Et si cette "bâtardise" des races le blessait, quand il posait ses yeux sur moi ? Une foule de questions se pressaient dans ma tête, j'aurais tellement voulu toutes lui poser. Mais non, je n'avais pas envie de tenter le diable, et si je le blessait sans le vouloir ? Non, au lieu de ça, j'avais pris la parole :

Ne te bat pas contre ça, accepte le. Cela ne changera pas la façon dont les gens te verront, pour eux, tu es un hunter hybride. C'est ainsi. Et c'est aussi ainsi que j'ai succombé à ton charme.

La pure vérité, rien de plus naturelle que la vérité toute simple. Et ce baiser, empli d'un amour sincère, que je ressentais au plus profond de moi. À la fois dans mon coeur, qui battait la chamade à chaque baiser que nous échangions, mais aussi dans mon corps. J'avais envie d'être tout le temps collée à lui, installée ainsi, dans ses bras. Sentir qu'il m'aimait aussi, que nous n'étions pas deux opposés, mais simplement deux gens qui s'aiment. Je cherchais du réconfort auprès de lui, tout en essayant de lui en donner en retour. Car n'était-ce pas ça, l'amour ? Offrir à l'autre tout ce qu'on avait, se donner corps et âme à la personne, sans lui demander plus qu'au moins sa présence. Être là, ne pas l'abandonner comme un vulgaire animal, et se battre pour le garder, contre les autres mais aussi contre soi-même. C'est ce que je voulais pour lui. J'avais envie de me battre, ongles et crocs, pour qu'on nous laisse vivre notre idylle, notre amour, notre relation, en paix. Que personne ne tente de nous séparer. Et même s'ils essayaient, je me battrais jusqu'à mon dernier souffle, jusqu'à ce que la dernière goutte de mon sang tombe, je ne lâcherais jamais. Mes lèvres sur les siennes, toujours, et mon amour qui transparaissait entièrement dans ce simple contact. Puis je me reculais, cherchant dans son regard un indice sur ses émotions.

Mais c'était inutile. Je le savais, et quand il évita mon regard, je compris alors. Il me cachait quelque chose, comme si il avait honte. Ou peur. Je fermais les yeux, pas bien longtemps, jusqu'à sentir son corps venir se presser au mien, et son visage se perdre dans mes cheveux. Je posais une main dans son dos, le caressant avec douceur et tendresse. Mon autre main était posées sur son crâne, à l'arrière de sa tête, et je le maintenais avec amour contre moi. Je ne voulais pas le forcer à me regarder, je savais qu'une telle vérité n'était pas simple à accepter. Il avait dû crier haut et fort qu'il était humain tellement de fois qu'il s'était sans doute aveuglé lui-même. Il devait avoir tenté de se cacher derrière ce mensonge pour ne pas voir la vérité en face. Ne pas comprendre que ces petites pilules rouges qu'il avalait étaient en réalité pour lutter contre sa soif de sang. Je connaissais ce sentiment de se sentir comme prisonnier de son passé, de son corps, sans rien pouvoir y changer. Je voyais bien qu'il ne semblait pas s'aimer, s'accepter comme hybride. Rien que sa réaction dans le bar m'avait rapidement fait comprendre. Il n'avait pas envie d'être un vampire, il désirait rester un simple humain, un hunter. Or, c'était impossible, n'est-ce-pas ? Je laissais simplement l'élu de mon coeur se coller à moi, comme pour chasser ses vieux démons.

Mais il recula, quelques minutes, trois exactement, après m'avoir serré contre lui. Ou s'être serré contre moi, on ne savait pas vraiment. Je sentis nos corps se séparer, lentement, et enfin je pus voir ses yeux. Rouges. Comme les miens, presque. J'arrivais, sans vraiment le faire exprès, à voir cette douceur dans son regard, même s'il n'était plus chocolaté. Ses mains glissèrent jusqu'à mes hanches, doucement, et je crus percevoir quelque chose de plus dans ses yeux. Il y avait, je le compris après quelques secondes, du dégoût dans ses prunelles couleur sang. Mais, loin de m'en inquiéter, je le laissais m'observer. Mes doigts continuaient de caresser son dos et ses cheveux, lui transmettant tout l'apaisement dont j'étais capable. Finalement, peut-être que sa peur et son dégoût s'étaient peu à peu apaisés, je n'en savais trop rien. Mais je sentais qu'il réfléchissait, qu'il tentait de se faire une raison. Puis il y eut ces quelques mots, murmurés avec une voix basse, désespérée :

Comment ai-je pu l’ignorer ? Je suis… Dangereux… Pour toi, pour les autres… Je ferai mieux de partir, loin, très loin d’ici… Mais j’en suis incapable… C’est idiot… L’amour… Qu’ai-je pu oublier d’autres ? Qu’ai-je pu bien faire de si atroce pour oublier !?

Mes pupilles trahirent une réelle tristesse. Il pensait donc être un danger pour moi, mais aussi pour les autres. Et il pensait que ce serait mieux pour tout le monde qu'il s'en aille, loin, là où il ne pourrait faire de mal à personne. Mon coeur poussa un cri silencieux, il ne voulait pas que ce jeune homme parte. Je fermais doucement mon poing dans ses cheveux, exprimant ainsi mon mécontentement à ses paroles. Mes yeux trahirent eux aussi que j'avais été blessée par ses mots. Mais, quand il évoqua son impossibilité de quitter les lieux, alors l'espoir naquit de nouveau en moi. L'amour, comme il disait, le retenait ici. Je finis par pousser un lent soupir, relâchant ses cheveux, pour simplement déposer mes deux mains sur sa nuque. Je voulais le retenir contre moi, avec moi. Je l'aimais, c'était certain, et je ne voulais pas le voir fuir. Oui, il était en partie vampire, et sans doute ne voulait-il pas l'être. Mais il n'avait pas le choix, il était un vampire, il devait l'accepter. Je ne connaissais pas sa vie, son passé, mais je serais là pour le soutenir. Je comptais bien faire partie de son futur, quoi qu'il advienne. Les relations amoureuses entre hunter et vampires n'étaient pas bien vues, mais il était en partie comme moi, non ? Et puis, je ne suivais pas les règles qu'on m'imposait, je préférais créer les miennes. C'était bien plus amusant de ne pas écouter les autres et leur jugement.

Je plongeais mon regard dans le sien, avant de laisser de simples mots s'échapper, comme un secret que je ne gardais que pour lui :

Killian... Tu n'es pas dangereux pour moi. Je n'ai pas peur de toi, ne de ton côté hunter. Tu aurais pu me découper en rondelles sur la plage, ou dans ce bar, même sans ton arme. Mais tu n'en as rien fait. Tu as accepté de boire un verre avec moi, tu as appris à me connaître, et regarde où on en est. Peu m'importe que tu sois un hunter. Je sais que si tu pars, je ne serais plus la même. Tu es le premier, et tu seras le dernier. Même si tu t'en vas à des milliers de kilomètres, je t'attendrais.

Je fermais les yeux quelques secondes, avant de les rouvrir de nouveau. Mes doigts glissèrent dans son cou, et je finis par murmurer :

Tu comprends ? Je te donnerais tout, mon coeur, mais aussi mon corps. C'est toi que je veux, c'est avec toi que je veux continuer ma vie. C'est pour toi que je veux vibrer, tu vois ?

Je déposais un baiser sur ses lèvres, qui était empli d'un désir furieux. Oui, je désirais être auprès de lui, ressentir toues ces émotions qui m'étaient inconnues. Sentir ses mains sur moi, être lovée contre lui, et écouter nos coeurs battre. Mais aussi pouvoir me promener avec lui, vivre ma vie loin de ces règles sociales. Je voulais casser les codes, montrer au monde entier que je n'en avais rien à faire qu'ils n'acceptent pas, voire rejettent, ma relation avec un hunter. Eux le voyaient ainsi, comme un hunter qui se devait de tuer les vampires. Mais non, pour moi, il n'était pas que ça. Certes, je l'avais d'abord vu comme un hunter, mais rapidement, mon regard sur lui avait changé. J'avais découvert un hunter capable de douceur, de drague, de sentiments, de chaleur, d'amour. J'avais aussi découvert que moi aussi, je pouvais aimer une personne qui était différente de moi. Car oui, j'avais beau m'intéresser à tout le monde, n'aurait-il pas été logique que je fuis loin de lui, pour ma sécurité ? N'aurais-je pas dû écouter les enseignements de ma "nourrice" et ne surtout pas fréquenter ce qu'elle appelait "ce genre de personnes" ? Si, et pourtant, je n'en avait fait qu'à ma tête. J'étais ainsi depuis toujours, à me moquer entièrement des règles, de la marche à suivre. Je voulais quelque chose ? Je le prenais. J'avais envie d'aider un pauvre ? Je le faisais. Je voulais draguer un hunter ? Pareil.

Rien ni personne n'avait le droit de m'empêcher de vivre comme je l'entendais. Et la preuve en était qu'aujourd'hui, j'étais prête à tout pour rester avec lui. Prête à ne plus être une bourgeoise, à effacer mon passé et commencer une nouvelle vie avec lui. Prête à quitter ce lieu où j'étais en sécurité, et repartir sur les routes. Tant que j'étais avec lui, et qu'il m'aimait réellement, alors rien d'autre ne comptait. Je voulais que notre histoire dure, que nous soyons ensemble assez longtemps pour vivre toutes les expériences du monde. C'était ainsi, et s'il ne voulait pas le comprendre, alors... Alors il serait condamné à se traîner une vampirette en robe de riche, et en talons aiguilles, parce que j'étais loin d'avoir envie de le laisser partir seul. Ah ça non, s'il voulait s'en aller de l'Académie, je le suivrais. Quand bien même cela éveillerait les soupçons des autres, et quand bien même je m'attirerais les foudres du monde entier. Mon monde à moi, c'était lui. Mes doigts passèrent sur son torse, le caressant avec une douceur infinie. Je reprenais mon souffle quelques secondes, avant de l'embrasser de nouveau. J'avais simplement envie qu'il comprenne, qu'il veuille bien enfin s'abandonner au plaisir d'être ensemble. Et si ça allait plus loin ? Tant pis. C'était lui que je voulais, avec lui que j'avais envie de passer le reste de ma nuit, et bien plus encore. Alors tant pis si on finissait dans mes draps.

Et puis, faut pas se mentir aussi. À quoi j'avais pensé en l'attirant ainsi dans ma chambre, puis en enfilant une tenue provocante, et en m'asseyant avec lui sur mon lit ? N'avais-je pas joué avec le feu, ne voulais-je pas finir entre ses bras ? Si. C'est ce que j'avais espéré, bien que tout prenne une autre tournure. Au diable les idées reçues, au diable les regards désobligeants. Aujourd'hui, ce soir, j'étais avec lui. Même si cela s'arrêtait à une simple étreinte, et que ça n'allait pas plus loin, je m'en foutais. Je l'aimais... Ma voix résonna de nouveau doucement dans ma chambre :

Je t'aime, Killian... N'en doute jamais, je t'aime...

Et un nouveau baiser, plein de promesses, d'amour, d'envie et de désir.

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Killian Norowa

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 10 Avr - 0:19

L’hybride avait serré contre lui Himaya jusqu’à s’écarter, la regarder, les yeux changés en deux étoiles rougeoyantes, assombries par le désespoir. Il avait cessé de lutter contre sa nature, admettant qu’il était un vampire, qu’il était la même créature que celle qui avait pris la vie de sa mère. Il ignorait toujours son passé, les souvenirs étaient profondément enfouis et, malgré son désir d’être avec elle, il avait peur de ce qu’il pourrait faire, de ce qu’il pourrait lui faire. Il avait, il le réalisait à présent, déjà failli tuer deux personnes à cause de cela : Jeremy Sorel puis Himaya. Combien d’autres fois avaient-ils mis en danger les autres ? Combien n’avaient survécu après l’avoir croisé ? Il pouvait y en avoir tellement.

« Comment ai-je pu l’ignorer ? Je suis… Dangereux… Pour toi, pour les autres… Je ferai mieux de partir, loin, très loin d’ici… Mais j’en suis incapable… C’est idiot… L’amour… Qu’ai-je pu oublier d’autres ? Qu’ai-je pu bien faire de si atroce pour oublier !? »

Son désespoir était palpable, il voyait bien qu’en disant qu’il serait mieux qu’il s’en aille, qu’il disparaisse, il la blessait. Le regard de sa vampire était si triste ; elle ne voulait pas qu’il parte comme le lui laissait entendre ce poing mécontent enserrant ses cheveux. Et pourtant une lueur d’espoir se ralluma dans le regard d’Himaya quand il eut dit être incapable de l’abandonner. Alors elle avait soupiré, lentement, relâchant l’étreinte dans laquelle elle emprisonnait ses cheveux, déposant ses deux mains sur sa nuque pour le retenir contre elle. Killian aurait aimé que tout s’arrête, que ce sentiment de paix, si agréable, dure éternellement mais c’était impossible. Il savait que, cette nuit, demain, après-demain, la semaine prochaine, peut-être le mois suivant, s’il restait, il provoquerait quelques catastrophes et, même sans cela, ce qu’il ignorait pourrait bien leur retomber dessus, la blesser, la mettre en danger. Il lui fallait s’éloigner, mettre de la distance entre eux, dresser un mur, même s’il en était incapable, même s’il la guetterait toujours, espérerait après elle. Même si elle devait le haïr, il devait fuir. Il en était là de ses ruminations quand elle plongea son regard dans le sien, laissant ces quelques mots franchir ses lèvres, annihilant ses tentatives de prendre une décision d’apparence si logique et dont les conséquences seraient mille fois plus terribles.

« Killian... Tu n'es pas dangereux pour moi. Je n'ai pas peur de toi, ne de ton côté hunter. Tu aurais pu me découper en rondelles sur la plage, ou dans ce bar, même sans ton arme. Mais tu n'en as rien fait. Tu as accepté de boire un verre avec moi, tu as appris à me connaître, et regarde où on en est. Peu m'importe que tu sois un hunter. Je sais que si tu pars, je ne serais plus la même. Tu es le premier, et tu seras le dernier. Même si tu t'en vas à des milliers de kilomètres, je t'attendrais. »

Que pouvait-il répondre à un tel aveu ? Partir se serait la perdre. Celle qu’il retrouverait serait différente, même si elle l’avait attendu, il l’aurait fait souffrir. Il le savait pourtant mais l’entendre dire était mille fois plus atroce. Et puis, il le réalisait maintenant : qu’il soit loin ou proche, à cause de ses sentiments pour elle, il la mettait en danger contre ce passé inconnu. S’il partait, s’il prenait ses jambes à son cou, tel un couard, il ne pourrait la protéger, elle qu’il désirait tant, avec qui il voulait être. Elle avait l’air si innocente, les yeux clos, si sincère alors qu’elle rouvrait les eux et murmurait :

« Tu comprends ? Je te donnerais tout, mon cœur, mais aussi mon corps. C'est toi que je veux, c'est avec toi que je veux continuer ma vie. C'est pour toi que je veux vibrer, tu vois ? »
, concluant sur un baiser ardent. Son désir, ce futur espéré qu’elle s’imaginait, il le désirait aussi. Il n’avait cure du regard des autres, des codes, des convenances. Elles ne l’avaient jamais arrêté, cela ne changerait pas parce qu’il voyait naître un autre sentiment que la haine, que la vengeance n’était plus sa seule raison d’exister. Il se moquait depuis le début qu’elle soit une vampire, qu’il soit un hunter ou même un hybride ; cela ne faisait que déterminer ses adversaires, ses ennemis, pas sa volonté ou son cœur. Il ne la connaissait encore que trop peu, mais ce n’était pas important pour lui rendre chaque baiser, pour lui rendre son affection ; le temps comblerait les manques, leur précipitation. Il n’imaginait pas en cet instant d’autres possibilités. Jamais il ne la laisserait s’éloigner de lui, sauf pour la protéger. Il pouvait bien mourir, cela ne l’effrayait pas mais la perdre ? C’était tout bonnement impossible.

Elle voulait être avec lui, il ne l’en empêcherait pas. Elle pourrait souhaiter plonger ses crocs dans sa gorge, se repaître de son sang qu’il la laisserait faire ; quelque part, il le souhaitait même tout comme il souhaiter goûter à son sang, sentir ce liquide chaux couler le long de sa gorge. Ce désir, il ne parvenait même plus à le trouver malsain ; il avait fait plus qu’accepter sa malédiction, il l’avait embrassé. Boire serait scellé son destin, accepter définitivement le vampire. Mais ici, en ces lieux, en plein cœur du territoire de la Night Class, céder à cette pulsion serait les condamner. Les convenances, il les piétinait ; les codes de la société, Himaya n’en avait rien à faire. Pourtant cela ne voulait pas dire qu’ils devaient prendre des risques inconsidérés. Ils appartenaient à deux mondes. Des mondes différents, l’un sombre mais chaud, celui d’Himaya, l’autre ténébreux et froid, celui de Killian. Il pouvait bien l’aimer, il ne pouvait pas la laisser rejoindre son monde, s’attirer les foudres des vampires comme des hunters, pas pour lui. Mais comment lui demander de taire ses sentiments en public ? La jeune vampire, qui, possiblement, était bien plus jeune que lui, ne l’accepterait jamais. Elle était trop fière, trop indépendante. Elle n’en faisait qu’à sa tête. Ils étaient tellement semblables sur ce point.

« Je t'aime, Killian... N'en doute jamais, je t'aime... » ajouta-t-elle.

« Comme si seulement je pouvais en douter… Ma merveilleuse étoile. »
répondit Killian, lui adressant un sourire avant qu’ils n’échangent un nouveau baiser de promesse, d’amour, d’envies et de désirs. Puis il ajouta « Veux-tu que je reste avec toi cette nuit ? ». Il ne lui demandait pas par là si elle voulait se donner à lui, même si les mains de l’hybride caressaient doucement ses hanches, s’approchant dangereusement de ses fesses, qu’il la voulait corps et âme. Il lui demandait seulement s’il pouvait, si elle voulait  le voir rester. Il devinait déjà la réponse, ses mots, ses gestes, ses yeux, ses lèvres tout lui disait qu’elle le souhaitait ; il avait seulement envie de l’entendre dire. D’ailleurs, il n’attendit même pas sa réponse pour l’embrasser longuement en se laissant tomber en arrière sur le lit, l’attirant avec lui dans sa chute. Il voulait seulement la sentir contre lui, lui faire comprendre qu’il ne doutait pas d’elle mais il ne pouvait s’empêcher de penser, de se dire que, avant de se laisser aller, avant de se permettre de l’aimer il devait faire ce qu’il avait, semble-t-il, trop longtemps repoussé. Il devait faire face aux conséquences de sa nature d’hybride, faire face à son passé. Il lui fallait remonter sa propre piste, trouver des réponses sans pouvoir demander d’aide à qui que ce soit. Il ne pouvait faire confiance à personne.

Killian ferma les yeux, ralentissant sa respiration, se focalisant uniquement sur Himaya, sur la chaleur qu’il sentait contre lui. Avec le calme, il pouvait sentir une force qui ne demandait qu’à détruire, une ombre qui ne demandait qu’à recouvrir le monde. Il ne savait s’il était fou ou s’il était seulement incapable de contrôler son pouvoir qui lui était pourtant si familier. Il n’y avait qu’un pas à faire pour le dominer, pour repousser les lames d’obscurités avides de sang qui se tenaient à la frontière avec la lumière. Il le comprenait presque, était sur le point de l’étouffer quand, devant ses yeux, défila trois scènes en une fraction de seconde : la mort de sa mère, cellle de Vlad Archer alors qu’il se tenait au côté d’un sang pur, le fondateur des Celas se souvenait-il, et la dernière, plus effrayante encore, celle où son pouvoir avait refait surface et tuait Lorna Crow. Cette dernière vision lui donna la nausée, si forte qu’il ne put s’empêcher de la repousser, plus brutalement qu’il n’aurait voulu, la faisant retomber à côté de lui, sur le lit, et il se leva se précipitant vers la fenêtre qu’il ouvrit, laissant l’air de la nuit fouetter son visage. Il ne se sentait pas bien, les ombres s’agitaient dangereusement, se faisait menaçante. Il ne pouvait dire combien de temps il se contrôlerait encore alors il attrapa son manteau sur la chaise et, après avoir jeté un regard d’excuse vers Himaya, il sauta, enfilant son manteau dans les airs, atterrissant dans la cour, s’éloignant d’elle, craignant qu’elle ne décide de la suivre. Sans s’arrêter, il regagna le dortoir de la Day Class, regagnant sa chambre par l’extérieur plutôt que l’intérieur afin de ne pas tomber sur un des hunters, prit son épée et repartit dans la nuit, s’éloignant de l’académie, gagnant les bois où il s’enfonça. Il lui avait pourtant dit être incapable de partir mais c’était pourtant ce qu’il faisait. Il avait peur de lui-même, peur de son pouvoir. Il avait eu la preuve qu’il était trop dangereux, pour elle, pour ce monde. Il n’y avait aucune certitude qu’il puisse le maîtriser alors il n’y avait qu’une solution pour qu’il ne puisse jamais la blesser ou, pire, la tuer. C’était lâche, il ne voyait pas d’autre solution. Killian n’avait jamais été doué pour gérer ses sentiments depuis qu’il avait perdu sa mère. Il avait toujours réagi excessivement et cette fois il avait décidé de tuer un dernier vampire : lui-même.

Se croyant seul dans les bois, ignorant si Himaya l’avait suivi, si quelqu’un se trouvait à proximité, il leva les yeux au ciel et, sortant l’épée du fourreau, il murmura « C’est pour le mieux. » et il retourna la lame contre lui, s’apprêta à la plonger dans son cœur mais alors qu’il s’apprêtait à l’y enfoncer, il entendit les os de ses bras produire un craquement sinistre, vit l’épée s’envoler dans les airs et retomber pour se ficher à quelques mètres, le narguant dans un nid de branches d’aubépine. Ce qui venait de se passer lui échappa d’abord puis dans son dos, une voix, si glaciale qu’il crut avoir plongé dans les eaux de l’Arctique, s’éleva, pleine de fureur.

« Crois-tu réellement pouvoir céder à la facilité, Killian Celas ? Ta mère aurait honte. Tu es comme ton père, un lâche qui craint les ténèbres. J’ai attendu près de deux siècles. Tu rempliras ton rôle, tu deviendras le plus grand démon des Celas. ».

Killian ne pouvait voir le propriétaire de la voix mais il la connaissait ; c’était celle de Vlad Archer. Vlad ? Non, Vlad était mort. Alors qui ? L’hybride aurait préféré ne jamais comprendre que derrière lui se tenait Alexander Vladimir Celas, que celui-ci l’avait recueilli, élevé, formé. Il aurait voulu hurler ; il ne pouvait même pas pleurer. Il était figé sur place, par une force implacable, dominait par un sang pur qui ne craignait pas d’attirer l’attention, des hunters, des vampires, des autres sangs purs. Il ne ressentait que la douleur ; il pouvait sentir des branches s’enfonçaient sous sa peau, remontait à travers ses membres, le déchirait lentement de l’intérieur sans pour autant toucher le moindre organe vitale. C’était insuffisant pour le tuer, assez pour le faire souffrir. Puis tout disparu après cinq minutes et il s’effondra au sol, les membres agitaient de tremblement, n’osant pas se retourner, regarder le sang pur qui vint s’agenouiller à côté de lui, un sourire de fauve sur le visage, lui présentant son poignet dont il avait tiré la manche jusqu’au coude. Un murmure inaudible de la part d’Alexander et il sentit ses crocs jaillir ; il voulait lutter, il en était incapable. Il ne pouvait lutter contre l’ordre et il mordit, buvant le sang dont le goût lui était aussi agréable que détestable. Combien de litres il avait bu, Killian n’en avait aucune idée ; beaucoup c’était certain, assez pour refermer ses plaies, faire disparaître nombre de ses cicatrices. Il avait cédé si facilement, son arme était si proche et il tombait progressivement dans l’inconscience, endormit par son aïeul dont il entendit le rire s’éloigner lentement.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, l’aube était proche. Il avait encore le goût ferrugineux du sang dans la bouche mais, pour la première fois, son corps ne le torturait plus. La souffrance sourde de la soif avait disparu, jusqu’à la prochaine fois. Pourtant son cœur n’était pas apaisé ; quel que soit la puissance du sang d’Alexander, un seul pourrait apaiser ses tourments, celui de sa vampire bien-aimée. Mais il ne pouvait lui raconter ce qu’il s’était passé, il ne pouvait lui dire cela sinon elle prendrait peur, craindrait pour lui. Très vite, il sut ce qu’il devait faire : il continuerait de se cacher dans la Day Class, trouverait les pièces manquantes de sa vie, maîtriserait son pouvoir, s’exercerait encore et encore puis il retrouverait ce maudit sang pur et le passerait par le fil de l’épée. Ainsi seulement il serait libre, ainsi seulement il ne serait pas un jouet dans les mains d’un maître qu’il n’avait pas choisi. Il ne voulait pas qu’une autre qu’Himaya puisse se jouer de lui, se moquer de lui. Il l’avait choisi, elle. Il l’aimait, il ne la haïssait pas.

Lentement, Killian se releva, ne prêtant pas attention à ce qui l’entourait, se dirigeant vers son épée, l’arrachant du sol d’un geste machinal, dénué d’émotion, leva l’épée, pointe vers le ciel et murmura « Détruisons ce foutu sang pur, ma vieille amie. » puis il la glissa dans son fourreau et regarda les étoiles dans le ciel qui commençait à pâlir, laissant le vent agitait son manteau et ses cheveux. Il lui serait difficile de jouer la comédie au sein de l’académie, il s’en moquait. Il ne quitterait pas Himaya, il apprécierait sa présence jusqu’au jour où il partirait pour une dernière bataille, seul. Le fondateur des Celas serait bien surprit de le voir se dresser contre lui, pensa Killian, ignorant que c’était pourtant là son but même.
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Himaya Kyran

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 10 Avr - 2:12

Comme si seulement je pouvais en douter… Ma merveilleuse étoile. Veux-tu que je reste avec toi cette nuit ?

Était-il réellement sérieux ? Alors que depuis notre rencontre, sur cette plage, j'avais réussi à l'attirer exactement où je le voulais, comme un fauve avec une gazelle, il osait encore me demander ça ? Je plongeais mon regard dans le sien, ils étaient devenus tellement semblables. Et, alors que j'aurais dû avoir peur de lui, me méfier de ce regard rouge sang, eh bien il en était tout autre. J'avais confiance, la couleur de ses yeux ne comptait pas pour moi. Il pouvait les avoir de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, ce n'était pas pour autant que je le voyais différemment. Il était Killian, hybride et hunter, mais aussi le jeune homme perdu que j'avais rencontré quelques heures auparavant. Mes doigts offrirent de nouvelles caresses à ses pommettes, tandis que je lui murmurais que oui, je voulais qu'il reste avec moi. J'étais tellement bien avec lui, pourquoi je voudrais qu'il s'en aille ? N'était-ce pas ridicule ? Si. D'ailleurs, j'essayais de me concentrer pour ne pas craquer, mais ses mains qui descendaient le long de mes hanches, lentement, en direction de mon fessier... Je sentais en moi quelque chose monter, et je n'arrivais même pas à le contrôler. Merde, je devais faire quelque chose, non ? Non. En fait, j'appréciais le contact avec ses mains, et au fond, je devais même dire que j'adorais ses gestes envers moi. Je lui offrais alors un sourire.

Nous étions tombés. Sans doute un point que je n'ai pas évoqué. Que voulez-vous, son baiser avait été tellement agréable, j'ai dû oublier ce léger détail. Nous étions tombés en arrière, sur le lit, moi par dessus lui. Assez rapidement, sa respiration se mit à ralentir. Sans doute s'était-il endormit. Je n'en savais rien, mais un rapide coup d'oeil à son visage me permit de voir ses yeux clos. Ah, peut-être bien que oui, il s'était endormi. Je tentais de faire de même, posant ma tête au niveau de son coeur. C'était comme une berceuse pour moi, et bien que je savais que le sang coulait dans ses veines, et que je pourrais le boire sans éveiller les moindres soupçons, je n'en avais même pas envie. J'étais tellement attachée à ce battement, régulier, calme... Calme ? Non, peu à peu, je l'entendis accélérer. Comme si, d'un seul coup, il s'était mis à courir dans son rêve, ou que quelque chose l'effrayait. J'étais de nouveau plongée dans l'incompréhension la plus totale, et je ne comprenais pas pourquoi son rythme cardiaque avait augmenté aussi rapidement. Je gardais ma tête sur lui, dans l'espoir que cela se calme, que son cauchemar s'arrête. Mais, plus les secondes passaient, et plus c'était le contraire. Comme une personne regardant un film d'horreur, il semblait avoir en lui une peur que je ne parvenais pas à comprendre, à saisir.

Et soudain, je fus arrachée à son étreinte. Ou plutôt, il me repoussa avec force, me balançant à côté de lui comme une pestiférée. Et il se leva, comme en proie à une grande peur. Ses mains saisirent les poignées de la fenêtre, l'ouvrant en grand. Quoi ? Ma colère monta en flèche, et je me levais avec vivacité. Il me disait qu'il ne pouvait pas partir, et voilà que maintenant, il le faisait ? Qu'avais-je fait pour mériter ça ? Mes poings se serrèrent, furieusement, prête à lui bondir dessus. Comme un puma sur une biche, pour le retenir, et passer ma colère sur celui qui venait de la créer. Mais trop tard, il s'était emparé de son manteau, aussi rapidement qu'un vampire, et il venait de me regarder. Mais j'étais tellement en colère que je ne pris même pas la peine de lire dans ses prunelles. Je voyais bien ces ombres, qui s'agitaient. Mais je m'en foutais. Tout ce que je voyais, ce que mon cerveau, retenait, c'était sa trahison. Il m'avait dit qu'il ne partirait pas, il m'avait demandé si je voulais qu'il reste. Il m'avait embrassée, serrée contre lui, il m'avait dragué. Tout ça pour quoi ? POUR OUVRIR CETTE PUTAIN DE FENÊTRE ET SE BARRER ! Les larmes jaillirent seules de mes yeux, et je me laissais tomber au sol. J'étais en colère, mais aussi blessée, triste, je me sentais abandonnée. Pourtant, je lui avais fait part de mes sentiments, et voilà comment il me remerciait.

Alors oui, j'avais toutes les raisons de lui en vouloir. Me faire miroiter une belle relation, quelque chose de merveilleux, pour s'enfuir comme un lâche dans la nuit. Mes ongles déchirèrent alors en lambeaux mon pyjama, tandis que je laissais ma tristesse exploser autour de moi. Les larmes étaient silencieuses, mais bien réelles. J'entendais déjà les premiers vampires qui se demandaient ce qui m'arrivaient, mais je n'y prêtais pas attention. Le temps qu'ils arrivent à ma porte, je serais déjà partie bien loin. J'allais alors enfiler une robe. Courte, noire, elle était celle qui représentait le mieux mon état d'esprit. J'allais mal, j'étais morte à l'intérieur de moi-même. Comme un zombie prisonnière de son propre corps, qui devait faire face à la pire des trahisons. J'entendis alors leurs pas, qui se rapprochaient avec rapidité de ma porte de chambre. Avec un peu de chance, ils seraient assez lents pour que je parte avant leur arrivée. Mais, alors que je m'approchais de la fenêtre grande ouverte pour en sauter, j'entendis une voix de l'autre côté de la porte :

Himaya ?

Je me tournais avec encore plus de désespoir dans le regard, et tous mes sentiments mélangés étaient trahis par ma réponse :

NON !

J'avais hurlé, je ne voulais voir personne. Les larmes avaient cessé de couler, j'avais toujours les restes de ma tristesse sur le visage. Je ne voulais pas qu'ils me voient comme ça, je n'avais rien voulu de tout ça. Se sentir abandonnée, lâchée, trahie. Finalement, je profitais de leur moment d'hésitation pour sauter par la fenêtre. Je savais que j'aurais une explication avec Kaname, mais je m'en tapais. Pour le moment, je me devais de tirer les choses au clair. Alors je courrais, je bondissais, je suivais la piste de Killian. C'était facile, je m'étais tellement imprégnée de son odeur que je n'avais même pas à me concentrer pour savoir par où il était allé. Rien qu'une effluve, même si elle datait de plusieurs minutes, me suffisait pour confirmer que j'étais dans la bonne voie. Et quand je remarquais que l'odeur était plus forte, plus récente, alors je ralentissais le rythme. Je crus percevoir une autre odeur, plus ténue, mais je n'en étais même pas sûre. Mon esprit devait sans doute me jouer de nouveaux tours. J'étais alors en train de marcher, ma petite robe noire se fondant totalement dans le décor. Tout en mettant en valeur mon corps, d'une blancheur similaire à celle de la lune. Alors je le vis, prêt à s'enfoncer son arme dans le coeur. Mais avant que je n'ai eu le temps de réagir, une forme sombre apparut de je-ne-sais-où, pour l'en empêcher. J'entendis :

Crois-tu réellement pouvoir céder à la facilité, Killian Celas ? Ta mère aurait honte. Tu es comme ton père, un lâche qui craint les ténèbres. J’ai attendu près de deux siècles. Tu rempliras ton rôle, tu deviendras le plus grand démon des Celas.

Celas ? Ce nom ne m'étais pas inconnu, mais alors pourquoi est-ce-qu'il appelait Killian ainsi ? J'étais perdue. M'aurait-il menti ? Je ne savais même plus quoi penser de lui. Le nom qu'il m'avait donné n'était même pas le vrai, alors qui sait s'il ne m'avait pas menti sur toute la ligne ? Était-il seulement réellement amoureux de moi ? Je commençais à en douter fortement. Quelqu'un qui est capable de mentir sur son nom est sans aucun doute capable de falsifier ses sentiments, de les créer de toute pièce, et de faire mine que ce soit vrai. Je serrais les poings, j'en avais tellement assez de tous ces mensonges. Je ne comprenais pas pourquoi il ne m'avait pas dit, directement, qu'il était un Celas. Parce qu'il ne voulait pas tacher son nom ? Alors dans ce cas, pourquoi ce vampire, qui faisait d'ailleurs froid dans le dos, semblait autant en colère contre lui ? S'il était des leurs, alors comment était-ce possible qu'il s'agisse d'une famille déchirée ? Je ne parvenais plus à comprendre un traître mot de ce qui se tramait dans cette famille de vampires barjos. Et pourtant, je ne demandais que ça, comprendre. Apprendre leur façon de vivre, savoir comment ils voyaient la vie, découvrir une autre façon de mener sa vie. Je n'avais connu, pour ma part, que règles enfreintes, et fuites à la suite. Alors pourquoi je ne pouvais pas comprendre autre chose ?

Alors un mouvement attira mon attention. Les branches d'un arbre. Elles s'étaient mises à bouger, comme si elles possédaient elles-mêmes leur propre forme de vie. Je tentais de voir d'où cela pouvait provenir, et je compris bien rapidement qu'il s'agissait de ce sang pur qui les faisait se mouvoir à sa guise. De là où j'étais, je n'avais pas un bon point de vue. Je ne voyais d'abord pas ce qu'elles foutaient, mais quand l'odeur du sang de Killian arriva à mes narines, je compris. Il était en train de transpercer le corps de mon bien-aimé, de le blesser sans aucun scrupule ! J'aurais voulu agir, mais contre un sang pur, je ne pouvais rien faire. Alors je devais me contenter de regarder la scène de loin, impuissante face à le douleur de celui que j'aimais. Je m'en voulais de ne pas avoir réussi à le retenir, à comprendre qu'il n'allait pas bien. Si j'avais été plus maligne, plus intelligente, j'aurais pu éviter tout ça. Du moins, j'essayais de m'en convaincre. Les blessures qu'il infligeait à Killian, je le voyais bien, n'étaient pas mortelles. Mais alors qu'essayait-il de faire en le blessant ainsi ? Lui faire comprendre que sortir avec une vampire, ce n'était pas bien ? J'en doutais fort. Alors j'attendais, patiemment, que quelque chose change. Et justement, quelques minutes après le début de la torture physique, l'autre vampire arrêta sa violence gratuite.

Il s'agenouilla auprès de MON hybride, et lui présenta son poignet. Étais-je en train de rêver ? Non. Il avait bel et bien retiré sa manche jusqu'au coude, dévoilant sa peau. Dans la lumière de la lune, j'arrivais alors à distinguer un sourire. Celui d'un fauve, d'un malade, quelqu'un qui aimait voir souffrir ses victimes. Comment un tel être pouvait exister ? Et surtout, pourquoi avait-il tant blessé mon Killian ? Le poignet près du visage de ce-dernier, et ses lèvres bougèrent. Mais malgré mon ouïe vampirique, je n'arrivais pas à entendre ses mots. Cependant, quand je vis que Killian avait alors des crocs, et qu'il allait les planter dans la peau du sang pur, je sentis une immense colère monter. Je ne pouvais rien faire contre ça, et je voyais le corps de mon cher et tendre se réparer, au fur et à mesure qu'il buvait le sang de l'inconnu. Et, au fur et à mesure que ses plaies se rebouchaient, je vis qu'il commençait à s'assoupir. Comme si le sang agissait sur lui de la même façon qu'un somnifère sur un faible petit humain. Le corps de Killian s'approcha du sol, lentement, tandis que le mystérieux sang pur disparaissait dans un long rire que j'aurais pu qualifier de diabolique. J'attendis encore quelques minutes, pour être sûre qu'il était parti. Et, une fois que je fus rassurée, je me précipitais auprès du hunter. Il était inconscient, mais il respirait.

Je restais alors avec lui. J'avais oublié la fenêtre ouverte, les autres qui s'étaient inquiétés. Je ne voulais pas y penser, alors que j'étais en train de veiller sur Killian. C'était sans doute stupide, mais je me contentais de caresser ses cheveux, après avoir posé sa tête sur mes genoux. Je savais que je devrais repartir avant l'aube, mais cela m'était égal. Je craignais qu'il ne se réveille dans la nuit, seul. Je voulais être là s'il en avait besoin. Et moi, j'avais besoin de veiller à ce qu'il aille bien, à ce que personne ne vienne lui faire du mal. Il avait suffisamment souffert pour cette nuit, à mon avis. Pourtant, les premières lueurs qui m'indiquaient que le soleil allait faire son apparition furent bien rapides à se montrer. Je devais regagner mon dortoir, et abandonner mon doux ici. Ce que je fis, le coeur lourd. Je n'en avais aucune envie, mais c'était nécessaire. Je retournais donc au Pavillon de la Lune, le coeur plus meurtri que jamais. Cette nuit avait été la pire de toute ma vie. Je rentrais dans ma chambre par la fenêtre, et m'enfonçais dans la couette pour un repos bien mérité. Cependant, même dans mes songes, j'étais hantée par ce qui s'était passé la nuit. Je n'arrivait pas à me faire à ces visions, qui me firent passer un mauvais repos. Je n'avais pas beaucoup dormi, et j'attendais que le soleil décline de nouveau pour sortir. Ce qui arriva bien vite.

J'avais tenté de me faire une raison, mais non. L'envie de le revoir avait été plus forte que le reste. Enfilant une robe sobre, de couleur bleue pâle, j'avais réfléchis. Il sortirait des cours bientôt, et j'étais quasiment certaine qu'il repasserait poser ses affaires dans sa chambre, avant de venir dans la mienne. En supposant qu'il veuille encore me voir. Mais quoi qu'il en soit, j'avais gagné sa chambre avant lui, et je m'étais assise sur une chaise, dans un coin. Quand la porte s'ouvrit, et qu'il entra, je fondis alors sur lui, tel un rapace sur un rongeur. Je le serrais contre moi, soulagée. Puis je murmurais :

Je pense qu'on doit parler.

Reculant de deux pas, je n'exprimais dans le regard rien de plus que de l'incompréhension. Je repris la parole :

J'ai tout vu. Depuis ta tentative de suicide, jusqu'à ta chute, et je suis restée près de toi toute la nuit. Qui était-ce ? Pourquoi t'a-t-il appelé "Celas" ? Ne me ment pas. Je suis restée après tout ce que j'ai vu. N'est-ce-pas une preuve de mon amour et de ma fidélité ?

J'étais calme, même si je ne comprenais toujours rien. J'avais l'espoir, même le plus petit, qu'il m'apporterait les explications que je lui demandais. Car oui, j'avais besoin de savoir, de comprendre ce qui se tramait autour de lui. Il avait bu le sang d'un vampire du plus haut rang, celui d'un sang pur. Même si cela l'avait soigné, je voulais en connaître davantage sur tout ce que j'avais vu. J'arrivais à mettre de côté ma colère et ma tristesse de la veille, car il n'avait pas besoin de ça. Ne serait-ce pas une mauvaise chose que de l'accabler de tous ces torts, alors qu'il avait sans doute vécu bien pire que moi cette nuit ? L'amour fait faire des choses incroyables, dont on ne se pensait pas capable. Si on m'avait dit que je tomberais sous le charme d'un hunter, à la fois humain et vampire je vous aurait rit au nez. C'est vrai quoi, je ne pouvais même pas imaginer en rencontrer un. Et pourtant, en seulement l'espace d'une journée, j'avais vécu tellement de choses, ressenti tellement de sensations. C'était inimaginable, personne ne pouvait savoir à quel point c'était déroutant de passer ainsi d'une émotion à une autre, en à peine un millième de seconde. J'avais été en colère contre lui, j'avais eu de la tristesse à cause de lui, j'avais eu peur de lui, j'avais ressenti de l'amour pour lui. Et aujourd'hui, j'attendais des explications de sa part, peu m'importait le prix à payer.

J'étais patiente, j'étais prête à attendre le temps nécessaire pour avoir des réponses à mes questions. Ne lui avais-je pas montré, plusieurs fois, que je tenais à ce qu'on soit sincères ? N'avais pas, cette nuit, prouvé que j'étais fidèle et présente pour lui ? Et même si je n'avais rien fait contre ce sang pur, j'avais tout vu, je l'avais presque vécu en direct. Et malgré le fait que ce soit une chose traumatisante, je ne l'avais pas abandonné à son sort, comme on abandonne un vieux chien sur le point de mourir. Non, j'étais restée à ses côtés, j'avais caressé ses cheveux sans relâche toute la nuit, j'avais veillé à ce qu'il ne lui arrive rien. Mon regard exprimait ma détermination à rester là, quitte à camper, droite comme un "i", dans sa piaule. La fatigue, la soif ou la faim ne me faisaient pas peur. Tant que je n'aurais pas eu ce que je voulais, je resterais à la même place où j'étais. Têtue, oui, je le sais, mais aussi amoureuse de cet espèce d'hybride qui avait une drôle de famille. Et, il l'avait dit lui-même la soirée précédente, l'amour fait parfois faire des choses stupides, voire carrément inconsidérées. Comme se pointer dans sa chambre, au beau milieu du Pavillon du Soleil. L'endroit où n'importe qui pourrait me voir, et avoir l'espoir de m'approcher de plus près. J'avais envie de savoir, et quitte à me mettre en danger, je finirais par obtenir ce que je voulais.

Mes pupilles parcouraient sa chambre, décorée assez... Sobrement. Tout était parfaitement normal, comme s'il n'était, comme il me l'avait crié dans ce bar, qu'un simple humain. Moi je savais que non, mais un quelconque humai qui pénétrerait ici n'y verrait que du feu. Mais bon, là n'était pas la question. En réalité, je ne faisais qu'observer. Je n'étais jamais entrée dans une chambre de garçon, s'était intéressant. Alors que moi, j'adorais afficher des choses luxueuses partout dans mon endroit privé, lui, restait mystérieux. Cela rendait ce beau jeune homme - dont j'étais éperdument tombée amoureuse - encore plus attirant. Ne dit-on pas que le mystère attire les demoiselles ? Eh bien, en voici la preuve vivante. Finalement, je reposais mon doux regard rouge-violacé sur lui. Et, comme à chaque fois que je le regardais, mon coeur loupa un battement.

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Killian Norowa

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Mar 10 Avr - 20:00

Lorsqu’il était revenu à lui, Killian était seul. Il ne l’avait pas encore réalisé, il ne ressentait rien si ce n’est un grand froid. Sans doute était-ce parce qu’il avait passé plusieurs heures dehors, affalé sur le sol, que la rosée s’était déposée sur lui, perles d’humidité brillante et puis il était reparti sans sa chemise. Mais ce froid pouvait avoir une autre origine, une autre signification à ses yeux : il avait bu du sang, il était un vampire ; l’humain était mort, cédant la place à un monstre. Il avait l’impression que ses sentiments si forts quelques heures plus tôt étaient morts, assassinés dans l’œuf. Il n’avait qu’une idée en tête pour l’heure : retrouver et détruire ce sang pur qui l’avait manipulé, qui avait joué avec lui, qui l’avait obligé à boire de son sang abjectement délicieux. Il savait qu’il ne pourrait l’emporter sans retrouver son passé, sans s’exercer de nouveau à ces choses qu’il avait cru si bien maîtriser dans son orgueil, dans sa folie. Car ce rôle qu’il avait si longtemps tenu n’était qu’une psychose. Il préférerait ne pas reconstituer le puzzle de sa mémoire, mais il le devait pour se libérer du passé, espérer ne plus mettre en danger quiconque, spécialement Himaya. L’hybride l’avait blessé en fuyant lâchement, brisant une promesse encore fraiche ; il ignorait comment s’excuser, d’autant qu’il ne pourrait lui raconter ces instants passés dans la forêt. Killian aurait mieux fait de mourir, cela aurait été plus simple. Ainsi pas d’excuses, pas de regrets, pas de honte. Elle l’aurait haï, peut-être pleurée mais il ne l’aurait pas vu, il ne l’aurait jamais su.

Telle une machine il avait arraché d’une main, sans la moindre émotion, son épée du sol, levait vers le ciel, défiant les nuages, murmurant « Détruisons ce foutu sang pur, ma vieille amie. » avant de remettre la lame dans son fourreau. Il était ensuite resté immobile de longues minutes, observant les étoiles pâlir, le ciel se peindre de rouge, sinistre prédiction d’un futur encore incertain. Il avait les jambes engourdies lorsqu’il s’en retourna vers l’Académie, réfléchissant à comment se faire pardonner auprès de la douce tortionnaire de son cœur. Il essayait également de se remémorer la nuit passée, des mots tenus par le sang pur. Il l’avait appelé Killian Celas. Pourtant il s’appelait Norowa, il était censé s’appeler ainsi… Mais il avait bien oublié être pour partie vampire, ne retenant que son sang de hunter alors peut-être son nom n’était-il qu’un mensonge de plus. Cela faisait sens. Mais si son nom n’était pas Norowa, s’il était un Celas, qui était ses parents ? Qui de sa mère ou de son père était le vampire ? Lequel était le hunter ? Quels noms étaient les leurs ? Au cours de sa marche son regard se porta naturellement sur son arme ; elle lui venait de sa famille, de ses ancêtres. Elle pourrait lui donner une réponse, une piste. Et il y avait ce rêve où il tuait une jeune femme ; comment disait-elle s’appeler dans son rêve ? Archer ? Non, c’était le nom de son père adoptif se reprit Killian en plissant le front, faisant un effort pour se souvenir du cauchemar qui martelait ces nuits ces derniers temps. Lorna Crow, fille de Yuri Crow. Elle ne lui avait pas clairement dit qu’elle était sa sœur, seul son rêve le lui murmurait. Etait-ce vrai ? Si c’était le cas il devrait obtenir des informations sur les Crow, savoir ce qui était vrai. Peut-être devrait-il interroger Sorel, lui demander ce qu’il savait ? Non, il ne pouvait pas lui faire confiance. L’homme était bien trop paranoïaque, trop attaché à la couverture qu’il devait espérer épaisse. Peut-être même profiterait-il de sa faiblesse passagère pour le manipuler, pour l’utiliser à quelque dessein. Himaya il pouvait lui parler, lui faire confiance ; elle ne cherchait pas à lui mentir, elle le lui avait bien prouvé pendant ces trop courtes heures de bonheur, avant que l’innocence ne prenne fin. Elle n’avait pas eu peur de le blesser en lui disant être un hybride mais elle lui avait fait comprendre que fuir la vérité était inutile, que le jour où il devait y faire face était venu, que cela ne changeait rien à ses sentiments, à leurs sentiments. Malgré sa nature honteuse aux yeux de tous, elle l’acceptait, elle voulait être avec lui. Mais pouvait-il l’impliquer là-dedans ? Fuirait-elle si elle savait la vérité ? Que, sans le savoir, il lui avait menti ? Non sur ses sentiments mais sur son identité ? Il lui faudrait la tenir à l’écart, agir de lui-même, cela paraissait tellement mieux. Le jeune Celas pensait, sur l’instant, que c’était la meilleure chose à faire, même s’il était évident qu’elle serait furieuse de le voir se taire, garder le silence.

Alors qu’il voyait les grilles se dresser, obstacle d’acier qu’il franchirait d’un simple bond, il eut idée d’un mensonge. Il était mauvais : il avait pris peur, il ne voulait pas précipiter les choses. A peine imaginé qu’il le rejeta ; elle ne le croirait pas. Il lui fallait trouver mieux. Devait-il lui dire qu’il avait manqué de la tuer ? Cela aurait le mérite d’être vrai et sa fuite serait une belle preuve qu’il l’aimait assez pour ne pas vouloir la blesser. Mais là encore, elle serait furieuse, ne l’écouterait pas, voudrait passer sa colère sur lui et se serait bien normal. Rien dire serait toutefois pire, il détruirait alors tout ce qu’il avait vu miroiter.

De retour dans sa chambre, il posa son épée sur le lit et partit se laver, laissant l’eau chaude se déverser longuement sur son corps avant de la couper et s’habiller. Ses cours approchaient, il lui faudrait y aller et pour cela il devait paraître présentable ; l’on ne va pas au cours dans une tenue crottée, pleine de terre. Sa tenue n’était pourtant pas différente de celle qu’il portait depuis qu’il était arrivé à l’Académie à l’occasion de chaque cours : l’uniforme de la Day Class. Sa seule fantaisie, sa seule rébellion contre l’autorité était de porter son manteau de coton huilé noir et ce jour-là, motivée par la rencontre qu’il avait fait la veille, passa son épée à sa ceinture. Il effraierait les élèves, s’attireraient les foudres des enseignants, encore plus des deux ou trois hunters présents, possiblement du directeur quoi que, de ce qu’il avait vu, Kaien Cross avait tout du zigue inconscient ; du moins tel était le cas en apparence car un idiot ne pouvait décemment pas être le chasseur légendaire. C’est donc armé qu’il quitta la pièce, l’esprit torturé par mille questions, inquiet de ce qu’il découvrirait, de ce qu’il adviendrait, de comment réagirait sa belle. Sa seule consolation était qu’à cette heure, il ne risquait guère de croiser un vampire. Un professeur lui demanda pourquoi il portait un manteau, il se contenta de sourire et continuer sa route, rejoignant sa salle de classe où il se défit discrètement de son épée, la posant au sol, dissimulé par son manteau. Personne ne l’avait encore remarqué, cela pourrait arriver ; il dirait qu’il compte s’exercer un peu après les cours ; à un hunter, il lui demanderait si lui aussi ne se sentait pas plus à son aise avec son arme que sans ; à un vampire, s’il ne se sentirait pas sans défense sans ses crocs. Si on essayait de la lui prendre, il riposterait ; au pire il se verrait envoyé en retenu ou mis dehors. Celas restait un nom assez effrayant pour que, même s’il n’aimait guère l’idée d’être liée à un sang pur dont la cruauté n’avait d’égale que ses réactions démentes et disproportionnées, il envisage de l’utiliser en dernier recours ; cela en refroidirait toujours certain, assez pour qu’il puisse s’échapper, disparaître, accomplir la seule chose qu’il comprenait, qui lui était familière : la vengeance.

A mesure que les heures passaient, Killian se languissait du moment où le soleil déclinerait vers l’horizon, où il pourrait s’échapper de cette pièce ennuyante, où il pourrait retrouver Himaya, essayer de s’excuser, la laisser passer sa rage sur lui. Elle lui manquait. C’était comme si on lui avait arraché son cœur, comme s’il avait une plaie béante déversant des rivières de sang. Il s’était amusé en sortant de la salle de bain de cette blessure, nombre des anciennes marques qui balafraient son corps ayant disparu depuis qu’il s’était abreuvé pour la première fois depuis bien des années. Lorsque midi sonna, il ne le remarqua pas immédiatement, continuant de regarder par la fenêtre, le regard dans le vague, se remémorant la douceur de la peau de la jeune vampire, la forme de ses hanches sous ses mains, le goût de ses lèvres, la bonté dans son regard, le sentiment de paix qu’il avait ressenti, le son de sa voix, la douleur qu’il avait ressenti en la repoussant, en fuyant, en essayant de se suicider de sa propre arme. Il voulait la revoir, l’attente était insupportable. Ce n’est que parce qu’un des élèves lui demanda s’il ne mangeait pas, qu’il réalisa qu’il pouvait sortir, qu’il avait faim, d’autant qu’il avait sauté le petit-déjeuner. Alors il ramassa son manteau et son épée, repassant son arme à sa ceinture et le manteau sur ses épaules plus vite que ce que l’œil humain ne pouvait percevoir dès qu’il se fut assuré que personne ne pourrait remarquer l’arme et il se rendit à la cafétéria, prenant le plat du jour, mangeant sans appétit ; la nourriture ne semblait pas le rassasier. Voulait-il du sang ? C’était possible alors il prit un Blood Tablet mais cela n’arrangeait pas les choses. Sa faim n’était pas physique, elle était spirituelle. Son appétit ne venait pas de son estomac, il venait de son cœur. Himaya était comme la plus addictive des drogues, une seule fois, une seule journée suffisait pour vous emprisonner pour une éternité de joyeuses terribles souffrances. Puis vinrent les cours de l’après-midi. Ils paraissaient plus long que ce du matin ; ce n’était qu’une illusion, Killian en avait bien conscience mais il ne pouvait rien y faire. La dernière heure était la pire, elle semblait ne pas devoir prendre fin, les dernières minutes s’égrenaient à la pendule avec si peu de complaisance envers l’ardent désir de l’hybride, qu’elle paraissait chacune durée mille ans et pourtant la cloche finit par sonner et c’est aussi vif qu’une bourrasque, sans pour autant aller plus vite que ce qui était humainement possible car il prenait soin de ne pas attirer l’attention, qu’il se dirigea vers les dortoirs de la Night Class, dépassant tous les autres élèves qui se précipitaient pour voir le second groupe d’élèves, adulaient par les fils et filles du jour, parvenant à la grille avant même que les chargés de disciplines n’aient le temps de l’attendre, passant de l’autre côté, se moquant de se confronter à Kaname, qui ne serait rien d’autre qu’un entraînement pour sa guerre, sa vendetta personnelle. Il la trouverait, il lui parlerait, il lui mentirait. Pourtant lorsqu’il se retrouva sous ses fenêtres, il ne vit nul signe qu’elle était présente. Sans doute se morfondait-elle sur son lit ? Noyant un oreiller malheureux de ses larmes ? Alors Killian sauta, plus haut qu’il ne se souvenait l’avoir jamais fait, s’agrippant au rebord de la fenêtre, plissant les yeux pour voir au travers des carreaux mais il ne la voyait nulle part. Il donna deux coups légers mais il n’eut d’autres réponses que le silence alors il ferma les yeux, cherchant son pouvoir, l’appelant, tentant de le plier à sa volonté, y parvenant avec une aisance surprenante, et rouvrit les yeux, rouges une fois de plus. Il imagina une main et les ombres à l’intérieur réagirent à son ordre. Il porta son attention sur la poignée et la main d’ombres se posa dessus, fit tourner la poignée et il n’eut qu’à pousser la fenêtre vers l’intérieur et s’y glisser. Il était désormais pleinement en territoire ennemi et les vampires ne tarderaient plus à se réveiller si ce n’était déjà fait. Pourtant il s’en moquait. Il avait déjà vu la chambre la veille, elle ne lui avait pas paru triste mais chaleureuse. Là elle semblait reflétait détresse et peine ; la sienne, celle d’Himaya, les deux en même temps ? Il ne pouvait le dire. Il s’approcha de la robe couverte d’une pellicule de poussière, souvenir de sa fuite et il ne put s’empêcher de l’épousseter. C’était une façon de lui dire qu’il acceptait de regarder le passé, en son ensemble, l’acceptait et le laissait simplement là où il était : derrière lui mais pas terni, oublié. Mais c’était surtout qu’il avait en horreur la poussière, ce qui était assez étrange puisque -il ne le savait pas encore- il avait vécu près de quatre-vingt-dix ans dans une ruine poussiéreuse au milieu de la vermine et des toiles d’araignées. Une fois qu’il eut fini, il admira la robe, l’imagina sur elle et se dit qu’elle devait être divinement belle dedans mais il ne lui dirait pas de la portée ; c’était évidemment une chose qu’elle ne voudrait faire. Killian regarda ensuite à travers la pièce, trouva la tenue qu’elle portait la veille, déchirait ; elle n’était plus que lambeau. Alors il réalisa à quel point elle avait dû se sentir dévastée, trahie, abandonnée, bafouée. Ce fut pour lui comme mourir, comme un coup de poignard en plein cœur et alors qu’il portait les lambeaux de tissu à son visage, respirant l’odeur de sa vampire, ses yeux se portèrent sur la chemise qu’il avait oubliée la veille. Quelque part, il n’était pas totalement partie se dit-il avec une ironie amère avant de l’attraper, la rouler en boule et quitter la chambre, refermant la fenêtre comme il l’avait ouverte. Il n’avait guère d’autre option pour partir de l’aile de la nuit que de franchir le mur là où personne ne le verrait, ce qui se montrerait difficile puisqu’il percevait au moins deux vampires après lui. Ce n’était pas une menace bien sérieuse mais se faire prendre ne ferait que le ralentir alors il s’élança dans une course effrénée, se dissimulant derrière chaque pilier, chaque arbuste jusqu’à atteindre le premier mur, l’escalader, passer de l’autre côté et reprendre sa course bondissant dans un arbre qui dominait l’allée pour observer les membres de la Night Class rejoindre leur salle de cours. Il scruta chaque visage, dissimulant autant qu’il pouvait son aura, remerciant l’esprit du vent qui avait fait que la brise souffle contre lui, éloignant son odeur des vampires plutôt que de la leur jeter en plein visage et leur permettre d’identifier celui qui s’était infiltré dans leur dortoir la veille. Pourtant, il ne vit Himaya nulle part. Elle avait simplement disparut. D’abord il pensa qu’elle était partie, définitivement mais elle avait laissé toutes ses affaires. Avait-elle était punie ? S’interrogea-t-il, mordillant l’intérieur de sa joue, se retenant de sauter sur un vampire et le forcer à parler. Mais là encore c’était impossible ; il aurait senti l’odeur de son sang, sa présence alors qu’il était dans la chambre de la jeune fille. Alors où était-elle ? Dans les jardins ? C’était possible, cela méritait au moins d’y faire un détour. Alors il quitta son perchoir, parcourut une dizaine de minutes les jardins, sans même un regard pour les fleurs ou la fontaine ; il n’était pas là pour cela et ils étaient bien fades, manquant d’une touche, de quelque chose qu’il eut dû mal à discerner. La réponse était pourtant évidente : Himaya. Encore une fois il était obligé de constater qu’en une journée il était passé de coquille vide à idiot amoureux incapable de se passer de sa dame. Il s’approcha de la maison du directeur, cherchant son odeur mais elle n’était pas là non plus. Il en fut de même dans les couloirs, du côté de l’infirmerie, de la cafétéria, de la salle de bal…

« Mais où es-tu passée ? » lâcha tout haut Killian alors qu’un groupe d’élèves de sa classe passer à côté de lui, lui jetant un bref regard surpris avant de reprendre leur route ; l’on entendait quasiment jamais Killian en classe, certains avaient même pensé qu’il était muet. L’un des élèves s’apprêtait à lui demander qui il cherchait mais elle avait à peine ouvert la bouche qu’il avait disparu à l’autre bout du couloir, reniflant l’air comme l’aurait fait un chien, se dirigeant vers le dernier lieu qui lui venait à l’esprit : la bibliothèque. Il y entra comme une bombe, la parcourut de fond en comble mais elle n’y était pas non plus alors il repartit. Soit elle le fuyait, soit elle avait disparu soit il avait oublié un endroit mais alors où ? Il n’y avait pas un recoin qu’il pensait avoir oublié alors, dépité, il retourna à sa chambre, marchant lentement, les épaules affaissées.

Killian n’avait pas encore atteint le dortoir qu’il perçut l’odeur d’Himaya, vieille de peut-être une heure, plus forte à mesure qu’il se rapprochait du bâtiment. Pouvait-elle vraiment être venue à son dortoir pendant qu’il allait au sien ? La coïncidence était presque drôle mais ce n’est pas un rire d’amusement qu’il poussa mais un cri de joie ; elle était là, à quelques mètres, il en était sûr ! Alors il se remit à avancer joyeusement, pressé mais sans courir ; ce devait déjà être assez bizarre de le voir passer avec un sourire qu’il devinait béat. Il allait sans doute passer pour l’idiot du village mais cela n’avait aucune importance. La proie de son cœur l’attendait dans son dortoir, possiblement dans sa chambre si elle l’avait trouvé.

Il atteignit finalement la porte de sa chambre, le cœur battant la chamade, sentant son odeur partout, savourant le frisson le long de sa nuque qui lui annonçait la présence d’un vampire, sa vampire. Il pouvait entendre derrière la cloison de bois qui les séparaient, les battements de son cœur. Killian prit une longue inspiration, posa la main sur la poignée de la porte, hésita un instant à ce qu’il devait dire, ne se sentant plus le cœur à mentir, désireux de lui dire ce qu’il savait, si elle le lui demandait. Le mensonge ne pourrait que l’éloigner, la lui faire perdre une fois pour toute ; il le réalisait à présent. Pour autant la vérité n’était guère belle, elle était pleine de trous, pleine d’horreurs. Mais s’il devait accepter son passé pour être avec elle, s’il devait lui décrire deux siècles de crimes, tous plus odieux les uns que les autres, il le ferait, même si cela devrait attendre qu’il ait recouvré son entière mémoire. En attendant, il avait toujours quelques fragments, c’était déjà ça. Lentement, il baissa la clenche, poussa la porte, apeuré à l’idée d’avoir rêvé de sa présence, qu’elle ne soit pas là, qu’elle lui en veuille au point de ne jamais lui donner une nouvelle chance, si tant est qu’il en méritait une. Elle était pourtant là, assise sur une chaise puis lui fondant dessus, donnant l’impression d’être un rapace et lui un pauvre mulot sur lequel elle avait jeté son dévolu, et il n’eut que le temps de franchir le seuil, envoyer d’une main claquer la porte et la prendre dans ses bras, la laissant se serrer contre lui, l’enlaçant doucement, trop heureux de la voir, de pouvoir la toucher. Elle ne lui en voulait pas, ou pas assez du moins pour oublier toute la merveilleuse irréaliste et pourtant bien réel journée qu’ils avaient passée ensemble. Il pouvait la sentir soulagée mais elle avait des questions, c’était évident car elle finit par murmurer « Je pense qu'on doit parler. » avant de reculer deux pas, l’obligeant à la lâcher, ce qu’il fit même s’il n’en voulait rien pour reprendre la parole, les yeux plein d’incompréhension.

« J'ai tout vu. Depuis ta tentative de suicide, jusqu'à ta chute, et je suis restée près de toi toute la nuit. Qui était-ce ? Pourquoi t'a-t-il appelé Celas ? Ne me ment pas. Je suis restée après tout ce que j'ai vu. N'est-ce-pas une preuve de mon amour et de ma fidélité ? »
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Elle était calme, elle espérait des explications qu’il n’avait lui-même pas. Elle voulait savoir, presque autant que lui. Elle disait avoir tout vu, dès lors tous les mensonges qu’il avait pu trouver au cours de la journée n’avait plus aucune utilité. Au moins, il ne les abandonnait pas parce qu’il était au pied du mur mais parce qu’il l’avait choisi avant d’entrer, avant même de savoir qu’elle l’avait vu sous un jour bien détestable. Killian hésita plusieurs fois à prendre la parole, lui répondre quelque chose, à faire un geste, pour s’avancer vers elle, ou même retirer son manteau puis il finit par se décider. Si pour l’heure elle était calme, sa colère et son chagrin n’étaient sans doute pas loin, à deux pas d’éclater, comme elle était à deux pas de lui, à la fois proche et lointaine.

« J’aurais pu te tuer hier. » commença-t-il d’une voix brisée, serrant les poings en repensant au danger qu’il lui avait fait courir, puis il prit le temps d’expirer et inspirer, et faire un premier pas, espérant ne pas la voir reculer. C’était autant un test qu’une façon de lui dire qu’il ne voulait plus la fuir.

« J’ai pris la fuite pour cela… Si je ne l’avais fait… Tu serais morte. » c’était du moins le plus probable. « Je t’aurais tout de même blessée. Je ne te demanderai pas pardon, tu peux me haïr pour cela. Je comprendrai. ». Oui, il comprendrait. Dans les faits, malgré son intention, il avait été lâche, il avait pris peur et avait même cherché à s’ôter la vie. Il n’en était pas fier mais c’était ainsi, il ne pouvait qu’assumer avoir été un parfait crétin. Alors enfin il aborda la partie de la question à laquelle il n’avait pas ou peu de réponse.

« Pour ce que tu as vu, je n’ai presque pas de réponses. Il est… Mon maître… Ou du moins je le croyais. Je ne sais plus vraiment. Je croyais qu’il était Vlad Archer, un hunter. Mais je pense qu’à une époque j’ai su la vérité… Il est Alexander Vladimir Celas, le démon écarlate. Un sang pur. Si ce que je pense est exact… ». Killian s’arrêta une seconde pour porter le regard sur l’anneau passait à son doigt et le lever de manière à ce que Himaya puisse en voir le blason avant de reprendre « Et ce serait logique vu cette anneau, il serait l’un de mes ancêtres. ». L’hybride marqua alors une pause, lui adressant un timide sourire puis s’avança vers elle, effleurant sa joue du bout des doigts avant de lui montrer le lit, plus confortable que la chaise sur laquelle elle l’avait attendu « Asseyons-nous, l’on ne risque pas d’être dérangés par un vampire ici. ».

La laissant se décider, il posa ses affaires de cours sur le bureau, retira son manteau qu’il déposa simplement sur la chaise, défit son ceinturon, reposant l’épée à l’angle du mur. Il n’avait pas besoin de se l’entendre dire pour savoir que maintenant qu’il avait commencé, il devait lui en dire autant que possible. Alors il se dirigea vers la fenêtre, observa la cour puis l’horizon, retardant le moment où il se mettrait à déverser ses bribes de souvenirs en quelques mots. C’était une vaine tentative de nier encore un instant l’inéluctable vérité.

« Je suis vieux. Si je peux croire ce sang pur et je sais que, quelque part, je le dois. Il a dit avoir attendu près de deux siècles… »
une blague lui vint alors mais il n’avait pas l’envie de la dire, pas maintenant alors il reprit « Il veut que je sois le plus grand démon des Celas, une arme sans doute. L’on raconte qu’il toujours aimé la puissance, alors avoir un hybride sous la main… Cela expliquerait certaines choses. A partir de là, je n’ai pu faire que des suppositions, parfois à partir de choses aussi trompeuses que des rêves… ».

Il marqua une nouvelle pause, le temps de venir s’asseoir sur le lit, posant les yeux sur Himaya, hésitant à l’embrasser, la serrer contre lui, mais non. Il devait, pour elle comme pour lui, poursuivre alors il poursuivit :

« Depuis quelques temps, je fais toujours le même rêve. Je ne m’en souviens jamais assez pour dire quand il prend place ni où mais… Si c’est vrai, et j’en ai l’intime conviction, tu comprendras pourquoi il m’a paru bon de me transpercer de ma propre lame. Je crois que c’est une école. Il fait nuit. Je ne sais pas pourquoi je suis ici, ou si dans le rêve je le sais, je l’oublie à mon réveil. Là j’y trouve une jeune femme. Elle a l’air jeune, je ne l’ai jamais vu. Pourtant, elle, elle sait qui je suis. Elle me dit être la fille de Yuri Crow, et la fille adoptive de Vlad Archer. Au début c’était étrange, Vlad étant censé être mon maître. L’on combat, elle utilise des armes anti-vampires, je me sers de mon épée au début. Mais à un moment elle domine et là les ombres se font lances et la transpercent. La suite je ne la connais pas, je n’ai jamais dormi assez longtemps pour la voir. J’ai revu la même scène avant de m’échapper hier… En plus de celle de la mort de ma mère et… D’Archer. Pour conclure, parce que je n’en sais pas plus, j’ai l’impression que Crow était le nom de mon père ; c’est vague mais bon… Il suffirait que j’arrive à remonter l’histoire de mon épée, vu qu’elle vient de ma famille. J’ai toujours eu cette certitude. Comme je suis un hybride, je ne figure sans doute pas dans les registres de la Guilde. Mais mes ancêtres sans doute. Je trouverai bien. Te voilà aussi avancé que moi maintenant. Si tu te demandes ce que je compte faire face à ce sang pur, pour le moment rien. Mais un jour il verra sa tête tomber. La seule à pouvoir s’amuser de moi, c’est bien toi. »
termina-t-il en la regardant, la bouche sèche d’avoir trop parlé.

Il ne chercha pas à l’embrasser, pas plus qu’à l’attirer vers lui. Il voulait lui laisser le temps d’assimiler ce qu’il venait de dire alors il laissa son regard parcourir la pièce, décidément bien vide. Il n’y avait pas un cadre, pas un poster, pas le moindre petit bazar qui traînait, comme si personne ne l’utilisait jamais. Etait-ce encore une chambre ? C’était trop propre. Les autres garçons du dortoir se montraient-ils aussi austère dans la décoration ? Ou était-ce lui ? La seconde réponse était sans doute la bonne, il était resté coincé dans le passé et n’avait guère fait attention aux évolutions du monde ; déjà qu’il était passé pour un bon gros débile en croyant que les ordinateurs étaient toujours lourds et pesants. Il avait essayé d’en faire fonctionner dans la salle informatique mais après avoir trouvé le bouton d’allumage, il n’avait rien compris. Alors il était parti, se disant qu’il réessaierait plus tard, ce qu’il n’avait jamais fait. La décoration n’était pas une priorité mais il se disait qu’un peu de fantaisie ne ferait pas de mal ; l’on aurait cru la cellule d’un moine. Finalement il revint la regarder, posant ses yeux bruns sur elle, lui souriant, attendant qu’elle ne décide de fuir à son tour ou de se rapprocher de lui.

« Quoi qu’il en soit, je t’aime. Je ne fuirai plus, ni le passé, ni toi. Je finirais par dominer totalement ce pouvoir, ce n’est pas pire qu’apprendre à écrire. Alors ne pense pas que je me montrais aussi couard ! Je t’aime et si je dois aller taper sur la tête du directeur avec un canard en caoutchouc pour te le prouver, alors je le ferai ! » dit Killian, sincère, serrant les dents en attendant sa réponse. L’avait-il perdu ou non ? Il en laissait le choix à son amour, son Himaya. Il se demandait simplement s’il devait lui courir après dans le cas où elle partirait à son tour. Il le ferait, de bien entendu, refusant de la voir s’éloigner mais n’en serait-elle pas plus furieuse ? Il n’en avait pas la réponse et préférait ne pas avoir à la connaître.
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Himaya Kyran

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Sam 14 Avr - 0:03

Je lui en avais voulu. Oui, il m'avait blessée, tellement blessée... Mais même après une telle douleur, une telle trahison, je continuais de l'aimer. Parmi tous ces sentiments, celui qui ressortait en tête, celui qui était plus fort que tous les autres, c'était bel et bien cet amour inconditionnel que j'avais pour lui. J'étais sans doute une faible, une pauvre imbécile, de croire qu'il m'aimait. après tout, il avait fuit la nuit dernière, non ? Alors qu'est-ce-qui me poussait encore à croire en lui ? Après tout ce que ce sang pur avait dit, à propos de mon cher et tendre hunter, il l'avait même appelé par un autre nom. Mais qu'est-ce-que tout cela signifiait ? Je ressassais tout ça dans ma tête, cherchant parmi tous mes souvenirs depuis que je l'avais rencontré, le moindre indice, même infime, qui expliquerait les paroles du sang pur. Mais rien. Non, bordel de merde, y avait absolument rien dans ses mots qui pouvait m'aider ! Je serrais les poings, en proie à la colère. J'avais beau essayer de me faire une raison, s'il m'avait menti, mais je n'arrivais même pas à y croire. Je ne pouvais pas me persuader qu'il ne m'avait pas dit la vérité, qu'il s'était joué de moi. Pourtant, il devait y avoir une explication à tout ce qu'il s'était passé depuis quelques heures, non ? Une raison, même incroyable, qui expliquait pour Killian avait fuit, me laissant seule dans ma chambre.

J’aurais pu te tuer hier.

Je sursautais alors. J'étais tellement perdue dans mes pensées et mes questionnements que je n'avais même pas fait attention à ce qui m'entourait. Je posais mon regard sur lui. Était-ce une menace ? Ou bien un constat ? Ou encore une explication ? En réalité, je ne savais pas tellement. Mes prunelles cherchaient les siennes, je tentais de me raccrocher à quelque chose de réel, et non pas mes pensées futiles. Bien sûr qu'il me disait la vérité. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ses poings se serrèrent aussi, comme si il s'en voulait. Il était donc sincère ? Il respira un bon coup, comme s'il craignait quelque chose, avant de faire un pas vers moi. Instinctivement, je bougeais moi aussi. Mais je ne reculais pas, non, j'avais avancé d'un pas vers lui. Il était blessé, à l'intérieur, détruit par cet espèce de sale enfoiré de sang pur. J'étais encore trop loin pour le toucher, et je ne voulais pas m'avancer plus. Certes, j'avais envie de le réconforter, lui dire que je ne lui en voulais plus, que tout ça, c'était du passé, c'était derrière nous. Mais je ne pouvais pas, parce que moi-même je n'y croyais pas. Oui, j'avais encore un trou béant dans la poitrine, à cause de sa fuite. Et, même si je le croyais, je n'arrivais pas à le refermer. Mes yeux étaient toujours dans les siens, et j'écoutais alors l'homme que je chérissais continuer son explication :

J’ai pris la fuite pour cela… Si je ne l’avais fait… Tu serais morte. Je t’aurais tout de même blessée. Je ne te demanderai pas pardon, tu peux me haïr pour cela. Je comprendrai.

Je frissonnais. Il avait donc prit la fuite pour me protéger de lui-même ? Ce que j'avais pris pour un geste de lâcheté, une trahison, était en réalité une... Preuve d'amour ? Jje commençais alors à refermer peu à peu le trou de douleur dans mon coeur, car je comprenais alors qu'il tentait réellement à moi. J'esquissais même un sourire, du vrai bonheur. J'étais heureuse de comprendre pourquoi il était parti, m'abandonnant telle une bête blessée, dans ma chambre. Et je ne regrettais pas de l'avoir suivi, d'avoir tout vu, et d'avoir veillé sur lui toute la nuit. J'avais écouté mon coeur, je n'avais pas pensé avec ma raison, et je ne m'étais pas trompée. J'avais fait confiance à mon instinct, pas celui de la vampire que j'étais, mais de la femme qui aimait Killian. Je passais alors mes doigts dans mes longs cheveux blancs, redevenant alors tout à fait calme et lucide sur la situation. Je comprenais peu à peu les pièces du puzzle qui s'assemblaient, et j'avais envie qu'on réussisse à le reconstituer, en entier. Finalement, mon hunter reprit la parole :

Pour ce que tu as vu, je n’ai presque pas de réponses. Il est… Mon maître… Ou du moins je le croyais. Je ne sais plus vraiment. Je croyais qu’il était Vlad Archer, un hunter. Mais je pense qu’à une époque j’ai su la vérité… Il est Alexander Vladimir Celas, le démon écarlate. Un sang pur. Si ce que je pense est exact…

il posa son regard sur une bague, que dis-je, un anneau, qu'il portait. Je l'avais déjà remarqué, mais sans faire plus attention. Il le leva, de façon à ce que je le vois bien; Mes prunelles rouges s'étaient posées dessus, alors qu'il reprenait :

Et ce serait logique vu cette anneau, il serait l’un de mes ancêtres.

Le sourire auquel j'eus droit était plein de timidité. Cela me surprit, car il n'était pas timide. Du moins, ce n'est pas l'impression qu'il m'avait donné. Mais, soit, s'il voulait devenir timide avec moi, qu'il le soit. Je l'aimerais de la même façon, c'était certain. Car c'était lui, mon hybride, que j'avais choisi d'aimer. Que dis-je ? Choisi... Non, je ne l'avais pas vraiment choisi, mon coeur l'avait fait à ma place. Et sans regret. Ses doigts glissèrent sur ma joue, tendres, doux, mais je me devais de rester de marbre. Puis il me pointa le lit du doigt :

Asseyons-nous, l’on ne risque pas d’être dérangés par un vampire ici.

Était-il en train d'essayer de faire de l'ironie ? Mon regard indiquait clairement que je n'étais pas d'humeur à plaisanter. Certes, ici c'était plus facile de passer inaperçu que dans mon Dortoir, mais si je me faisais griller par un humain, alors là... Kaname me passerait un savon, et pas des moindres. Alors oui, on ne risquait pas de se faire tomber dessus par une sangsue, mais si un humain nous tombait dessus, ça risquait d'être bien pire. Pour moi, surtout. Bref, alors qu'il déposait ses affaires de cours sur son bureau, je décidais de déposer mon fessier sur son lit. Calme, discrète, on aurait presque dit un fantôme. Je ne voulais pas qu'on me remarque, comme si j'essayais même de faire oublier ma présence ici. Mais je savais que c'était impossible, qu'il ne pouvait pas oublier qu'une vampire, notamment la vampire qu'il aimait, était dans sa chambre. Il se débarrassa de son manteau, qu'il abandonna sur sa chaise, et de son épée, rangée dans un coin. Il n'en avait pas besoin, c'est ce que cela voulait dire. Il me faisait confiance pour ne pas le vider de son sang, apparemment. Parfait, parce que je n'en avais pas vraiment l'intention. Mes yeux suivaient ses gestes, j'étais aussi silencieuse qu'un mur. Même ma respiration semblait inexistante, mais le léger mouvement de mes épaules montrait que je n'étais pas en train de faire de l'apnée.

Je le vis alors se mettre face à sa fenêtre. Rien que ce geste, cette façon de se diriger vers un possible échappatoire me fit serrer la mâchoire. Il s'était déjà enfuit une fois, allait-il recommencer ? Si c'était le cas, alors je ne comptais pas lui courir après. N'était-ce pas vain de se précipiter à sa suite, comme une de ces gonzesses qui ne cherchent que de l'attention ? Oui, je voulais qu'il prenne soin de moi, qu'il fasse attention à moi. Mais pas en lui courant après, pas en venant quémander comme un animal blessé. Non, je voulais des gestes qui viennent du coeur, que ce soit fait avec plaisir, avec amour, et non pas par je-ne-sais-quel-devoir. Après tout, l'amour, le couple, c'était ça, non ? Faire attention à l'autre parce qu'il était important pour nous, parce qu'on tient à lui, parce qu'on ferait tout pour lui. Et, bien entendu, c'était ce que j'avais fait. Je l'avais suivi, alors qu'il m'avait brisée, j'avais assisté à toute la scène avec ce mystérieux sang pur, dont je connaissais désormais l'identité, et j'avais veillé sur lui toute la nuit. Et, en prime, j'étais revenue le voir, dans sa chambre, en prenant le risque de me faire voir par les mortels. Et je lui avais sauté au cou en le voyant. Mais ce dernier point, je ne l'avais pas vraiment voulu. Mon corps était tellement soulagé de voir qu'il n'était pas parti, il avait agit tout seul, sans ma permission. Traître.

Je suis vieux. Si je peux croire ce sang pur et je sais que, quelque part, je le dois. Il a dit avoir attendu près de deux siècles… Il veut que je sois le plus grand démon des Celas, une arme sans doute. L’on raconte qu’il toujours aimé la puissance, alors avoir un hybride sous la main… Cela expliquerait certaines choses. A partir de là, je n’ai pu faire que des suppositions, parfois à partir de choses aussi trompeuses que des rêves…

Sa voix se stoppa, mais mon regard posé sur lui ne trahit rien. Pas les sentiments qui me traversaient. Le calme, la colère envers ce fameux sang pur, l'envie d'aller le réconforter. Non, je devais rester neutre, lucide, et garder un recul total sur la situation. Impossible, me direz-vous, puisque désormais, j'y étais étroitement mêlée. Mais pourtant, non, je devais prendre sur moi, garder la tête froide et les idées claires. Son corps se rapprocha du mien, pour simplement me rejoindre sur le lit. Je continuais de le regarder, d'une façon presque déroutante, pour moi comme pour lui. Je n'exprimais rien, du moins j'essayais de ne rien exprimer de plus qu'une concentration à toutes épreuves. Quand il reprit son récit, je l'écoutais avec autant d'attention qu'avant :

Depuis quelques temps, je fais toujours le même rêve. Je ne m’en souviens jamais assez pour dire quand il prend place ni où mais… Si c’est vrai, et j’en ai l’intime conviction, tu comprendras pourquoi il m’a paru bon de me transpercer de ma propre lame. Je crois que c’est une école. Il fait nuit. Je ne sais pas pourquoi je suis ici, ou si dans le rêve je le sais, je l’oublie à mon réveil. Là j’y trouve une jeune femme. Elle a l’air jeune, je ne l’ai jamais vu. Pourtant, elle, elle sait qui je suis. Elle me dit être la fille de Yuri Crow, et la fille adoptive de Vlad Archer. Au début c’était étrange, Vlad étant censé être mon maître. L’on combat, elle utilise des armes anti-vampires, je me sers de mon épée au début. Mais à un moment elle domine et là les ombres se font lances et la transpercent. La suite je ne la connais pas, je n’ai jamais dormi assez longtemps pour la voir. J’ai revu la même scène avant de m’échapper hier… En plus de celle de la mort de ma mère et… D’Archer. Pour conclure, parce que je n’en sais pas plus, j’ai l’impression que Crow était le nom de mon père ; c’est vague mais bon… Il suffirait que j’arrive à remonter l’histoire de mon épée, vu qu’elle vient de ma famille. J’ai toujours eu cette certitude. Comme je suis un hybride, je ne figure sans doute pas dans les registres de la Guilde. Mais mes ancêtres sans doute. Je trouverai bien. Te voilà aussi avancé que moi maintenant. Si tu te demandes ce que je compte faire face à ce sang pur, pour le moment rien. Mais un jour il verra sa tête tomber. La seule à pouvoir s’amuser de moi, c’est bien toi.

Ses mots me touchaient, je ne puis le cacher, mais je ne devais pas céder à l'appel de ces sentiments qui voulaient être mis à nus. Non, je devais aussi montrer que j'étais capable de lui en vouloir, parce qu'il m'avait fuit, parce que je n'étais pas une chose qu'on abandonnait d'un seul coup. Même s'il avait ses raisons de partir, même si je comprenais, et même si je lui avais pardonné, je devais continuer d'être sévère. C'était une obligation, que je m'imposais à moi-même : ne pas craquer, montrer que j'avais un sale caractère capable de lui tenir tête. Et lui non plus, il ne fit pas un seul mouvement pour venir vers moi. Nous étions comme ça, comme deux inconnus qui se rencontraient pour la première fois. Il m'avait ouvert son coeur, il avait raconté tout ce qu'il savait sur cette famille, sur sa famille. Et moi, je l'avais écouté, j'avais aspiré ses paroles, les acceptant, les comprenant, sans pour autant réussir à élucider le mystère qui planait sur son passé. Un passé qu'il voulait fuir, avant, qu'il tentait d'oublier, d'enfermer au plus profond de sa mémoire, et de ne jamais le ressortir. Sauf que, manque de pot, j'étais entrée dans sa vie, j'avais décidé de foutre le bordel le plus total, et voilà où on en était. Il avait bu le sang de ce vampire, il m'avait fuie, il ne savait toujours rien. Et tout ça, c'était la faute à qui ? Bah oui, c'était de ma faute.

Ses yeux se détachèrent des miens, et j'en profitais pour réfléchir. Comment j'étais sensée agir, maintenant ? Qu'est-ce-que je devais faire ? Mon coeur et ma raison n'étaient pas en accord, et les deux avaient des arguments de choc. D'un côté, mon coeur me disait de ne pas le laisser souffrir seul, d'aller lui apporter du réconfort, car c'est ce que devait faire une femme qui aimait un homme. Mais de l'autre, ma raison me déconseillait de l'écouter, et plutôt de fuir. Après tout, il pouvait me tuer, il m'avait fait du mal, alors pourquoi le pardonner ? Pourquoi retourner auprès d'un homme qui me faisait souffrir ? La réponse était évidente, et bien stupide. Je l'aimais, voilà tout. Alors je prenais le parti de mon coeur, apparemment. Mes yeux croisèrent de nouveau les siens, et les traits de mon visage s'apaisèrent. Il avait beaucoup souffert, lui aussi, cette nuit. Alors je n'avais pas à le faire souffrir davantage, il avait besoin de mon soutien et de mon amour. Pas que je lui en mette plein les dents, et que je lui dise des choses méchantes, que je regretterais rapidement. Oui, alors je savais ce que j'étais sensée faire. Mais, alors que j'ouvrais la bouche pour répliquer avec une intense gentillesse à mon cher hunter, celui-ci fut plus rapide pour prendre la parole :

Quoi qu’il en soit, je t’aime. Je ne fuirai plus, ni le passé, ni toi. Je finirais par dominer totalement ce pouvoir, ce n’est pas pire qu’apprendre à écrire. Alors ne pense pas que je me montrais aussi couard ! Je t’aime et si je dois aller taper sur la tête du directeur avec un canard en caoutchouc pour te le prouver, alors je le ferai !

J'imaginais la scène sans difficulté. Ce cher Killian, armé d'un seul canard en plastique. Vous savez, les jaunes, qui font du bruit quand on les presse, et qui font éclater de rire les bambins en bas âge ? Eh bien voilà comment j'imaginais l'arme de l'hybride. Et puis j'imaginais aussi la tête du directeur, se faisant taper sur le crâne par un élève, avec un canard en caoutchouc. Et en plus de ça, le "coin coin" que produisait le jouet quand il heurtait la tête de l'homme... Je ne pus me retenir d'éclater de rire. Je riais, chose que je n'avais pas faite depuis bien longtemps. Mais j'avoue que là, la scène me paraissait tellement cocasse et improbable, je ne parvenais pas à garder ma neutralité. Non, c'était vraiment trop, j'en pleurais de rire. Pliée en deux sur son lit, me tenant les côtes tellement mon fou rire était devenu incontrôlable. Et le pire dans tout ça, c'est que dès que je tentais de me reprendre, et que je reposais mes yeux sur lui, ça me reprenait. Je le revoyais, armé de son joujou bruyant, et je ne pouvais m'empêcher de laisser mon rire fuser à travers la pièce. Combien de temps cela dura ? Je n'en savais rien, peut-être cinq minutes, peut-être sept. Mais, peu à peu, j'arrivais à revenir à moi, je me redressais et je posais mon regard sur lui. Je pris une grande inspiration, pour ne pas succomber de nouveau, et je parlais :

Eh bien... Je ne sais quoi te dire. Je ferais ce que je peux pour t'aider, mais je ne peux pas faire grand chose. Ce serait plus simple si j'avais encore contact avec le salaud qui me sert de père, mais comme tu t'en doute, je ne veux plus en entendre parler.

Cependant, je me décidais alors. Je me levais, lentement, avant de me positionner face à lui. Mon regard, empli de détermination, se posa dans le sien. Je savais exactement ce que je voulais, et je n'en démordrais pas. Mes genoux se plièrent, et je me mis à sa hauteur. Mes doigts saisirent les siens, et mon regard alors laissa passer tous les sentiments que je m'évertuais à cacher depuis que j'étais arrivée. Enfin, depuis que j'avais sauté à son cou. Mais vous avez compris l'idée. Amour, passion, trahison, tristesse, confusion, douleur, calme, tendresse. Tout y passa, il n'échappa à rien. Je ne voulais pas cacher ce que je ressentais, je devais lui en faire part pour qu'enfin il comprenne ce que j'avais ressenti, exactement, quand il m'avait salement abandonnée à mon triste sort. Je n'arrivais pas à trouver les mots pour exprimer ce que je voulais lui dire, je les cherchais quelques minutes. Il fallait que je les choisisse à la perfection, parce qu'il serait compliqué pour moi de lui faire comprendre avec une exactitude parfaite ce que j'avais ressenti. Finalement, je me relevais, avant de montrer du doigt son épée anti-vampires. Autrement dit, anti-moi. Puis, avec douceur mais fermeté, je pris la parole :

Imagine que quelqu'un te l'enlève, la brise devant tes yeux. Qu'on t'empêche de t'en servir de nouveau, et qu'on fasse le mal avec. Imagine qu'on me l'enfoncerait dans le corps.

Je savais que ces images seraient assez parlantes pour lui, et je ne me trompais sûrement pas. Je repris :

C'est ça que j'ai ressenti quand tu es parti. Tu as certainement dû passer au Dortoir nocturne, vu le temps que tu as mis à venir à ta chambre. Tu as vu comment j'ai laissé mon espace après ta fuite. J'ai déchiré mon pyjama en une splendide guenille. J'avais l'espoir que je pourrais ainsi me débarrasser de ma douleur. Comme tu t'en doute, ça n'a pas marché.

Je fis une légère pause dans mes paroles, pour me redresser et aller me placer dos à la fenêtre. Mes yeux, perdus dans le vague, trahissaient de nouveau mes sentiments de la veille, tandis que je reprenais avec un soupçon de douleur dans mon ton :

Si j'avais pu, j'aurais tué ce sang pur. Mais je savais que je n'avais aucune chance, alors j'ai dû te regarder te faire transpercer par des branches d'arbres, j'ai dû regarder ton sang couler, et ce vampire rigoler. J'ai dû supporter de te voir souffrir ainsi, sans pouvoir rien faire pour toi.

Mes yeux se remplirent alors de larmes. Je n'arrivais pas à chasser ces images de ma tête. Je revoyais, sans cesse, son corps troué de partout, et je ressentais alors sa douleur. Une première larme coula, imperceptible, avant que je ne la chasse. J'essuyais doucement mes yeux, reposant mon regard sur le corps - intact - de Killian.

J'ai beaucoup lu, tu sais... Je sais ce que provoque la soif de sang chez les vampires. Et... Et si la seule chose que je peux faire pour t'aider, c'est te laisser boire un peu de mon sang, alors je le ferais. Pour toi.

Je m'approchais alors de lui. Mes doigts attrapèrent les siens, encore une fois, et je m'incrustais, sans lui demander la permission, sur ses genoux. Mes bras s'enroulèrent autour de sa nuque, je déposais ma tête dans le creux de son cou. Un baiser vint s'y déposer, simple, mais bel et bien présent. Je plongeais mon regard dans le sien, avant de murmurer :

Pensons à autre chose, s'il-te-plaît... Ce qu'il s'est passé la nuit dernière a été fort en émotions, et pas forcément de bonnes émotions...

Je souris doucement, avant de m'approcher de ses lèvres. Mais, avant de l'embrasser, je terminais :

Et si on profitait simplement du fait qu'on soit tous les deux, seuls, dans cette petite chambre à l'abri des regards ?

Mes lèvres se posèrent sur les siennes. Je voulais simplement changer de sujet.

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Killian Norowa

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MessageSujet: Re: Le froid n'empêche pas une rencontre.   Sam 14 Avr - 2:26

Tout le temps qu’il avait parlé, essayé de lui expliquer ce qui s’était passé, ce qu’il savait, Killian avait souffert de la voir si triste, furieuse mais plus encore qu’elle n’essaie de le lui cacher. Cela aurait été tellement plus simple qu’elle lui hurle dessus, qu’elle le traite de tous les noms d’oiseaux qu’elle pourrait trouver. Parfois, il avait eu le sentiment qu’elle ne le croyait pas ; c’était normal vu son attitude, sa trahison de la veille. Il lui avait brisé le cœur ; il n’était même pas sûr de mériter ni même de vouloir son pardon. Il la regarda frissonner lorsqu’il lui annonça que s’il n’avait fui, elle serait morte. Ce n’était pas un mensonge, il avait seulement l’horrible impression de changer sa lâcheté en un acte d’amour ; certes s’en était un, certes il avait fui pour ne pas la blesser physiquement mais ce n’avait été rien d’autres que de la lâcheté, la peur de ne pas contrôler cette force alors qu’il avait réussi à l’employer si aisément quelques heures plus tard. Toutefois il n’était pas certain que s’il était resté, il y serait parvenu. Entre temps il avait bu le sang d’Alexander et son état d’esprit avait quelque peu évolué, ce qui jouait sans doute. Peut-être avait-il bien fait de fuir, il n’en savait rien et ne le saurait jamais.

Killian avait dû mal à deviner ce qu’elle cachait sous son masque froid, distant, donnant une illusion de lucidité. Pourtant elle était venue dans sa chambre, dans l’antre d’un monstre qui l’avait abandonné, ce qui n’avait rien de logique, ce qui était même dangereux si l’on prenait le temps d’y réfléchir. Elle se montrait calme, elle ne lui semblait pas moins en proie à toutes sortes de pensées, de sentiments. Elle n’avait même pas réagi lorsqu’il lui avait caresser la joue avant de l’inviter à s’asseoir, tentant une petite pique plus légère, ne cherchant même pas à faire dans l’humour.

« Asseyons-nous, l’on ne risque pas d’être dérangés par un vampire ici. »

Elle n’avait pas aimé la plaisanterie ou du moins elle n’était pas d’humeur à plaisanter. Et puis maintenant qu’il y réfléchissait, il devait admettre que, même infime, il était toujours possible que quelqu’un ne la découvre, que la chose parvienne aux oreilles de Kaname, qu’un hunter ne débarque. Il n’avait pas assez réfléchi mais le mal était fait. Mais de toute façon il n’y pensait déjà plus alors qu’il posait ses affaires, se diriger vers la fenêtre, non pour fuir mais pour trouver la force nécessaire pour parler. A la respiration de la jeune femme, presque imperceptible, il l’imaginait sans mal essayer de se faire discrète même s’il ne pouvait ignorer sa présence ; son odeur, cette sensation qu’il éprouvait en sa présence, elles étaient toujours là, intactes.

« Je suis vieux. Si je peux croire ce sang pur et je sais que, quelque part, je le dois. Il a dit avoir attendu près de deux siècles… Il veut que je sois le plus grand démon des Celas, une arme sans doute. L’on raconte qu’il toujours aimé la puissance, alors avoir un hybride sous la main… Cela expliquerait certaines choses. A partir de là, je n’ai pu faire que des suppositions, parfois à partir de choses aussi trompeuses que des rêves… »

Il s’était interrompu, l’avait rejoint sur le lit, faisant abstraction de son regard déroutant, appréciant qu’elle se concentre autant tout autant qu’il aurait aimé la voir réagir, d’une manière ou d’une autre. Ils avaient l’air si froid, l’un comme l’autre. Comme s’ils étaient des étrangers, comme s’ils n’éprouvaient pas la même douleur pour la même raison, pour la même faute, celle de Killian.

« Depuis quelques temps, je fais toujours le même rêve. Je ne m’en souviens jamais assez pour dire quand il prend place ni où mais… Si c’est vrai, et j’en ai l’intime conviction, tu comprendras pourquoi il m’a paru bon de me transpercer de ma propre lame. Je crois que c’est une école. Il fait nuit. Je ne sais pas pourquoi je suis ici, ou si dans le rêve je le sais, je l’oublie à mon réveil. Là j’y trouve une jeune femme. Elle a l’air jeune, je ne l’ai jamais vu. Pourtant, elle, elle sait qui je suis. Elle me dit être la fille de Yuri Crow, et la fille adoptive de Vlad Archer. Au début c’était étrange, Vlad étant censé être mon maître. L’on combat, elle utilise des armes anti-vampires, je me sers de mon épée au début. Mais à un moment elle domine et là les ombres se font lances et la transpercent. La suite je ne la connais pas, je n’ai jamais dormi assez longtemps pour la voir. J’ai revu la même scène avant de m’échapper hier… En plus de celle de la mort de ma mère et… D’Archer. Pour conclure, parce que je n’en sais pas plus, j’ai l’impression que Crow était le nom de mon père ; c’est vague mais bon… Il suffirait que j’arrive à remonter l’histoire de mon épée, vu qu’elle vient de ma famille. J’ai toujours eu cette certitude. Comme je suis un hybride, je ne figure sans doute pas dans les registres de la Guilde. Mais mes ancêtres sans doute. Je trouverai bien. Te voilà aussi avancé que moi maintenant. Si tu te demandes ce que je compte faire face à ce sang pur, pour le moment rien. Mais un jour il verra sa tête tomber. La seule à pouvoir s’amuser de moi, c’est bien toi. »


L’hybride devinait que ces mots l’avaient touché, c’était facile à voir mais elle essayait de lui prouver qu’elle n’était pas un objet que l’on abandonne sur sa route, un jouet qui nous amuse puis que l’on délaisse. Elle voulait lui prouver qu’elle pouvait se montrer sévère. C’était pourtant inutile, il le savait déjà. Elle avait son caractère et c’était en partie pour cela qu’il l’appréciait tant. Il lui avait laissé un peu de temps pour réfléchir, ce qu’elle avait fait et elle s’apprêter à répliquer, possiblement sur un ton gentil quand il avait repris la parole :

« Quoi qu’il en soit, je t’aime. Je ne fuirai plus, ni le passé, ni toi. Je finirais par dominer totalement ce pouvoir, ce n’est pas pire qu’apprendre à écrire. Alors ne pense pas que je me montrais aussi couard ! Je t’aime et si je dois aller taper sur la tête du directeur avec un canard en caoutchouc pour te le prouver, alors je le ferai ! »
.

Cette fois soit la plaisanterie était meilleure soit Himaya se montrait plus disposer car elle se mit à rire, recommençant chaque fois qu’elle le regardait et ce pendant cinq bonnes minutes. Il fallait admettre que l’image de Killian martyrisant le directeur avec un canard en caoutchouc avait quelque chose de cocasse. Finalement, après une grande inspiration, Himaya parvint à se reprendre et put enfin répondre.

« Eh bien... Je ne sais quoi te dire. Je ferais ce que je peux pour t'aider, mais je ne peux pas faire grand-chose. Ce serait plus simple si j'avais encore contact avec le salaud qui me sert de père, mais comme tu t'en doute, je ne veux plus en entendre parler. »


Puis elle s’était levée, s’était baissée de manière à ce que leurs yeux soient au même niveau, lui laissant entrevoir ce qu’elle ressentait depuis le début sans user du moindre mot. Amour, passion, trahison, tristesse, confusion, douleur, calme, tendresse, colère… Tout ce qu’il avait déjà perçu, et bien plus encore. Cette fois Killian se sentait parfaitement minable pour l’avoir abandonnée ; il n’avait rien à répondre à cela. Il ne pouvait que la laisser chercher ses mots sans détourner le regard. Lorsqu’elle lui désigna son épée, il y jeta un bref regard avant de reporter son attention sur elle, l’écoutant parler, douce et ferme :

« Imagine que quelqu'un te l'enlève, la brise devant tes yeux. Qu'on t'empêche de t'en servir de nouveau, et qu'on fasse le mal avec. Imagine qu'on me l'enfoncerait dans le corps. C'est ça que j'ai ressenti quand tu es parti. Tu as certainement dû passer au Dortoir nocturne, vu le temps que tu as mis à venir à ta chambre. Tu as vu comment j'ai laissé mon espace après ta fuite. J'ai déchiré mon pyjama en une splendide guenille. J'avais l'espoir que je pourrais ainsi me débarrasser de ma douleur. Comme tu t'en doute, ça n'a pas marché. »
.

Elle avait raison sur toute la ligne, il était seulement trop fier pour admettre que l’on puisse lui prendre son arme et la retourner contre celle qu’il aimait mais il n’en aurait pas moins été furieux si cela avait été le cas.  Il la suivit du regard lorsqu’elle alla se placer dos à la fenêtre, les yeux perdus dans le vague et il eut envie de se lever, de la prendre dans ses bras, la bercer doucement tant elle lui semblait malheureuse. La douleur dans sa voix le faisait souffrir, il ne pouvait même pas lui dire qu’elle ne souffrirait plus à cause de lui, c’était même quelque chose d’inéluctable puisque viendrait le temps où il partirait affronter son grand-père, maudit sang pur qui l’avait manipulé.

« Si j'avais pu, j'aurais tué ce sang pur. Mais je savais que je n'avais aucune chance, alors j'ai dû te regarder te faire transpercer par des branches d'arbres, j'ai dû regarder ton sang couler, et ce vampire rigoler. J'ai dû supporter de te voir souffrir ainsi, sans pouvoir rien faire pour toi. »

Les larmes dans les yeux d’Himaya le déchirait ; elle avait vu quelque chose de bien terrifiant, de bien traumatisant pour quelqu’un qui, somme toute, n’avait pas l’habitude de tels atrocités. Il pouvait imaginer que ce qu’elle avait vu la hantait, cela ne disparaîtrait pas immédiatement et c’était normal. Cela prouvait qu’elle était plus innocente que lui, que son âme n’était pas aussi sombre.

« J'ai beaucoup lu, tu sais... Je sais ce que provoque la soif de sang chez les vampires. Et... Et si la seule chose que je peux faire pour t'aider, c'est te laisser boire un peu de mon sang, alors je le ferais. Pour toi. »

Killian ne répondit pas, il avait compris que sa soif, son désir ne trouverait satisfaction qu’avec elle mais il ne voulait pas y céder si aisément. Il ne s’imaginait pas boire son sang sans qu’elle ne le veuille vraiment ; là il avait simplement l’impression, peut-être à tords, qu’elle le lui disait en pensant qu’il en avait un réel besoin. Et puis, sa part humaine avait encore un peu de mal avec l’idée du sang. Himaya s’approcha de lui, prit ses doigts entre les siens, s’emparant de ses genoux comme d’un fauteuil, enroula ses bras autour de sa nuque et déposa sa tête dans le creux de son cou, y déposant un baiser qui le fit frissonner alors qu’il déposait ses bras dans le dos de la jeune femme, souriant lorsqu’elle lui murmura :

« Pensons à autre chose, s'il-te-plaît... Ce qu'il s'est passé la nuit dernière a été fort en émotions, et pas forcément de bonnes émotions... »


Elle avait raison ; ils avaient manqué de se perdre à cause d’une idiotie mais il y avait tant de choses à aborder, à faire ensembles.

« Et si on profitait simplement du fait qu'on soit tous les deux, seuls, dans cette petite chambre à l'abri des regards ? ».

Killian la laissa l’embrasser, remontant une main sur ses épaules, descendant l’autre vers ses hanches, prolongeant autant qu’il le pouvait le contact de leurs lèvres avant de prendre juste assez de recul pour pouvoir la regarder, trop proche pour bien discerner son visage mais ce n’était pas grave. Il voulait juste lui dire une chose.

« Que voudrais-tu faire alors ? Voudrais-tu… Que nous nous aimions ? Physiquement, je veux dire. Ou simplement parler, ne rien faire, juste être là ? Tout me va tant que je suis avec toi. »

L’hybride avait beau le lui demander, lui laisser le choix, il n’avait guère envie de parler. Il était fatigué par la trop longue journée qu’il avait passé à attendre ce moment et le sous-entendu, peut-être involontaire, dans la demande de la vampire avait ranimé son désir de la sentir contre lui. Il se moquait que ce n’était que le deuxième jour de leur histoire commune, ils avaient tous deux repoussés la raison et reconnus leurs sentiments et puis qu’est-ce que cela changerait qu’ils finissent dans les draps ? Rien à leurs sentiments. Alors, sans attendre sa réponse, il se leva en la portant, lui souriant doucement, tourna sur lui-même pour faire face au lit, monta dessus et l’y déposa délicatement, la tête sur l’oreiller, posant un baiser sur ses lèvres, un autre sur son menton, un troisième dans son cou puis un nouveau sur ses lèvres, l’embrassant plus longuement avant de relever un peu la tête, la couvent du regard avec l’évidente envie de la voir rester cette nuit, même s’ils ne feraient rien. Il attendait sa réponse, ne voulant simplement pas entendre qu’elle voulait partir.
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Le froid n'empêche pas une rencontre.
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